D'une histoire... l'autre ( Pour adultes )

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mercredi 18 mai 2016

en finale (4)

– Mais c’est qu’ils bandent ! Mais c’est que vous bandez, les garçons ! Tous. Et pas qu’un peu certains…

– Le moyen de faire autrement avec une fille comme toi !

– Oh, mais ce n’est pas un reproche, hein ! Au contraire…

Et son regard s’est délibérément emparé de nos bites dressées, gorgées d’elle, a couru de l’une à l’autre, s’est attardé ici, est revenu là.

– Il y en a des belles… Ça donne envie…

– Sers-toi ! Fais-toi plaisir !

– Faudrait pas me le dire deux fois.

– Sers-toi ! Fais-toi plaisir !

Theo, à mes côtés, a brusquement émis une sorte de grondement sourd, dansé d’un pied sur l’autre et déchargé. À longues saccades.

Elle a décidé.

– Éliminé, lui ! Hors-jeu. Carton rouge. Allez, file !

Et elle a pris sa place sous la douche. Trempé, le soutien-gorge a, très vite, épousé ses seins, de tout près. Les a offerts, par transparence, pointes dressées. La culotte a moulé ses adorables petites fesses, modelé son fendu qu’elle a révélé, tout lisse, à nos yeux émerveillés.

Rémi s’est extasié.

– Qu’elle est bien foutue, putain ! Non, mais ce qu’elle est bien foutue…

Nos regards se sont rivés à elle. Nos queues se sont dressées vers elle. Des mains se sont refermées, élancées à rythme effréné, dans un irrépressible va-et-vient. Les souffles se sont faits courts. Il y a eu des soupirs.

Et ça a giclé. Ça a éclaté. À droite. À gauche. De tous les côtés. À qui mieux mieux.

Chaque fois, le verdict tombait.

– Rémi, éliminé…

– Martial, éliminé…

– Julien, éliminé…

Et moi aussi… Éliminé, hélas !

Il n’est plus resté que Kevin. Le dernier, le seul survivant.

Elle l’a appelé, enlacé, lui a tendu les lèvres. Il est descendu, lui a piqueté le cou de petits baisers. Descendu encore. Il a libéré un sein. L’autre. A enfoui sa tête entre eux, glissé une main dans la culotte mouillée, à l’intérieur de laquelle il a fourragé. Ça a longuement moutonné. Elle s’est dressée sur la pointe des pieds, a renversé la tête en arrière, doucement gémi.

– Quel pot il a ce salaud !

On s’est approchés. Tout près. On a fait cercle autour d’eux. De plus en plus près.

Il a descendu la culotte. Jusqu’à mi-cuisses. Jusqu’en bas. Sa chatte à nu. Sa chatte à nous. Il l’a lissée. Parcourue et reparcourue. S’est approprié le petit bouton. Qu’il a pressé. Fait rouler.

– Oh, c’est bon, Kevin… Que c’est bon !

Ses yeux. Sur nous. Dans les nôtres. Sur nos bites durcies. Ses yeux de l’un à l’autre. De l’une à l’autre. Sur nos mains qui s’étaient remises frénétiquement en mouvement.

– Maintenant ! S’il te plaît, viens ! Oh, s’il te plaît !

Il s’est engouffré en elle. Ils se sont élancés l’un vers l’autre. L’un contre l’autre. Furieusement. Bassin contre bassin.

Et tout s’est emmêlé. Nos plaintes. Nos soupirs. Nos halètements. Son plaisir à elle qu’elle a proclamé à pleins poumons. Le nôtre, répandu au hasard çà et là. Et jusque sur les fesses de Julien le long desquelles il a lentement coulé.

Tout est retombé. Tout s’est arrêté. On a lentement regagné les bancs, ouvert nos sacs de sport. Amandine a brandi, à bout de bras, en riant, ses sous-vêtements dégoulinants.

– Vous ne voulez quand même pas que je renfile ça ?

On ne voulait rien du tout, nous !

Et même… on préférait qu’elle reste à poil. Et de loin.

– Ben, tiens !

Mais elle a quand même renfilé sa robe.

– Déjà ! C’est pas juste ! Il n’y en a eu que pour Kevin.

– Oh, mais patience ! Votre tour viendra.

– Sûr ?

– Sûr ! Mais d’abord faudra que vous me fassiez des trucs entre vous. J’ai trop envie de voir ça !

dimanche 1 mai 2016

En finale (3)

Ça a très mal démarré. Sur le coup d’envoi, Tom, fébrile, a cafouillé le ballon, qui est allé rouler dans l’en-but. Un joueur rouge s’est précipité, a pris tout le monde de vitesse, aplati.
– On reste concentrés. On fait bloc. On serre les dents ;
Et on est repartis à l’assaut. Sérieux. Appliqués. Deux fois. Trois fois. Dix fois. Une interception malencontreuse. L’ailier adverse qui file à l’essai. Quatorze points de retard à la mi-temps. Ça commençait à faire beaucoup.
– Amandine est là, les gars. Elle vous regarde. Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire.
On s’est arc-boutés. On a donné tout ce qu’on avait. On a marqué. Et pris le dessus. En mêlée. À la touche. Encore marqué. Plus que deux points, deux petits points à rattraper. Après lesquels on a désespérément couru. Jusqu’à la toute dernière minute. Une pénalité. Facile. En notre faveur. S’il la passait Martial, c’était gagné. Il a posé le ballon, levé la tête vers Amandine dans les tribunes, puis vers les perches. Il s’est élancé. Le ballon est passé à côté…

On est longuement restés prostrés sur les bancs du vestiaire. Effondrés. Sans rien dire. Jusqu’à ce que Martial explose.
– Dites-le, les mecs ! Dites-le que je suis nul. Ça me fera du bien. Non, mais comment j’ai pu rater ça ? Comment ?
– Ça peut arriver à tout le monde.
– Mais pas un jour comme ça ! Pas une finale ! Pas quand Amandine…
– Surtout que si tu l’avais passé ce coup de pied, c’est sûrement toi qu’elle aurait…
– Ferme-la ! Je t’en supplie, ferme-la !
Il s’est levé comme un furieux, a claqué la porte derrière lui…

Il a fait sa réapparition, une dizaine de minutes plus tard, en compagnie d’Amandine.
– Ben alors ! C’est quoi ces têtes d’enterrement ? Vous avez perdu. Bon, ben voilà. Et après ? Il y en aura d’autres des matchs. Il y en aura d’autres des victoires. Il y en aura d’autres des finales. Allez, on se secoue ! À la douche ! Ça vous fera le plus grand bien. Ça vous détendra, tiens ! Et puis, il y aura peut-être un petit lot de consolation, qui sait ?

Un lot de consolation ? Ah, comment ils ont volé nos shorts et nos maillots maculés de boue ! Comment on s’y est précipités sous la douche ! Tous. Comme un seul homme. Ça l’a fait rire Amandine. De bon cœur.
– Ah, dès qu’il y a quelque chose à gagner, hein !
Oh, ben oui. Oui. Mais c’était quoi ?
– Vous verrez bien. Tout à l’heure je vous dirai. Le moment venu. Mais d’abord, ce qui serait bien, moi, je trouve, c’est qu’on fasse un peu connaissance. Au moins un minimum. Non, parce que ça va faire quasiment un an que je vous suis partout, là, toute l’équipe, mais de vous, de chacun individuellement, je ne sais pas grand-chose. Pour ne pas dire rien du tout. C’est l’occasion ou jamais.
Et elle a commencé par la douche du bout. Tout au bout. Par Victor. Avec qui elle a échangé quelques mots en souriant. Et en l’examinant tranquillement sous toutes les coutures. Au tour de Tom après. Qu’elle a délibérément fixé en bas. À qui elle a dit, en même temps, quelque chose qui a semblé beaucoup les amuser tous les deux. Et puis les autres. Dans l’ordre. Fred. Martial. Domi. Elle s’approchait. Elle s’approchait de plus en plus. Rémi, juste à côté de moi, elle a voulu qu’il se retourne…
– Que je te voie les fesses ! Parce que pour se rendre vraiment compte sous le short…
Elle les a longuement contemplées.
– C’est bien ce que je pensais : elles sont à croquer.
Elle les a abandonnées à regret. S’est tournée vers moi. M’a détaillé. De la tête au pied. Des pieds à la tête. A recommencé.
– Je ne te le pensais pas comme ça le morceau… Pas du tout… Comment on peut se faire des idées des fois ;
Elle a approché la main. Comme si elle allait me la toucher la queue. Tout près. S’est ravisée.
– Non. Ce serait de la triche. N’empêche que rien que ça tu commences à bander. Qu’est-ce que ce serait si je te le faisais vraiment !
Elle est passée à Theo, mon voisin de droite, à qui elle a demandé tout à trac s’il avait une copine.
– Oui ? Et tu t’amuses quand même tout seul des fois, je parie ! Ah, tu vois ! En pensant à moi ?
Il a bredouillé quelque chose.
– Hein ? Quoi ?
Elle a tendu la tête dans sa direction, sous la douche, pour entendre la réponse. Ce qui lui a mouillé la nuque et le haut des épaules.
Baptiste a suggéré…
– Tu devrais la quitter ta robe. Sinon, quand tu vas arriver au bout de la rangée, t’auras plus un poil de sec.
– T’as de bonnes idées, toi, quand tu veux.
Elle nous a tourné le dos, s’est dirigée vers les bancs. Elle l’a déboutonnée sa robe, retirée, soigneusement étalée. Et puis elle est tranquillement revenue vers nous, en petite culotte et soutien-gorge blancs ajourés, brodés en relief. Elle a relevé la tête, s’est brusquement immobilisée.
– Mais c’est qu’ils bandent ! Mais c’est que vous bandez, les garçons ! Tous. Et pas qu’un peu certains…
– Le moyen de faire autrement avec une fille comme toi !
– Oh, mais ce n’est pas un reproche, hein ! Au contraire…

jeudi 21 avril 2016

En finale (2)

Donc… on était en finale. Et on arrosait ça.
– Reste plus qu’à gagner.
Facile à dire. Il y avait du lourd en face.
– Tout va se jouer sur la motivation.
Et, de ce côté-là, on ne craignait rien. Ni personne. On avait Amandine.
On a levé nos verres.
– À Amandine ! À notre mascotte !
– Qui nous devra bien une petite récompense si on gagne, non ?
Il était quelque peu éméché Martial. Il a insisté.
– Et ce que je verrais bien, moi, c’est une bonne pipe sous la douche, tiens ! Après l’effort, le réconfort…
Il y a eu quelques rires gênés. Un long silence qu’Amandine a finalement brisé.
– Et pourquoi pas ?
On l’a regardée, stupéfaits. Abasourdis.
– Vous ne m’en croyez pas capable ?
Non. Si. Peut-être. On n’en savait rien en fait.
– Et tu nous le ferais à tous ?
Il a demandé ça la lippe gourmande Baptiste. Les yeux exorbités. Ce qui a déclenché l’hilarité générale.
– Quand même pas, non… N’exagérons rien… Un seul, ça suffira…
Julien a saisi la balle au bond.
– Le capitaine… Forcément…
Elle a souri.
– Pas forcément, non.
– Qui alors ?
– Celui qui se sera donné le plus à fond sur le terrain.
On s’est tous vus dans le rôle.
– Ce sera moi, c’est couru.
– T’as le droit de rêver. Ce sera moi, oui. Alors là vous pouvez vous accrocher, les gars.

Elle a quand même tenu à préciser, tout à la fin, juste avant qu’on se sépare.
– Mais motus et bouche cousue, hein ! Pas question que ça s’ébruite… Sinon vous ferez tintin…
Oh, pour ça, oui. Elle pouvait compter sur nous. D’autant que ça nous arrangeait plutôt…
– Non, parce que j’imagine, moi, si ma légitime apprenait qu’il se fait des pipes dans les vestiaires !
– Peut-être qu’elle voudrait participer,
– T’as qu’à y croire. Elle m’arrache tout le bazar, oui, plutôt…

Entre nous, on ne parlait plus que de ça.
Il y avait ceux qui n’y croyaient pas vraiment.
– C’est le genre de truc qu’une nana elle peut dire comme ça, sur le coup, prise dans l’ambiance. Mais dès qu’il s’agit de concrétiser, il y a plus personne.
– C’est trop beau pour être vrai n’importe comment.
– Et puis elle vit avec une fille. Alors qu’est-ce tu veux qu’elle vienne sucer une bite ?
Et ceux qui y croyaient. Ou qui voulaient y croire.
– C’est le style de nana sans complexes. Alors tu parles que ça va la déranger.
– Et puis elle a tellement envie qu’on gagne… Au moins autant que nous maintenant… Et elle sait que la perspective d’une bonne pipe, il y a rien de tel pour motiver des mecs.
– Vous en faites pas que, de son côté, elle y trouvera aussi son compte, va ! En plus !

Le dernier entraînement, l’avant-veille du grand jour, elle l’a suivi jusqu’au bout. Du bord du terrain. Avant de nous raccompagner jusqu’à la porte des vestiaires.
– Allez, allez ! Vous nous la gagnez cette finale !
Ah, sûr qu’on allait la gagner. Sûr ! D’autant que…
– Ça tient toujours, hein ?
– Quoi donc ? La petite gâterie d’après-match ? Évidemment que ça tient toujours. Plus que jamais…
Et elle s’est éloignée avec un baiser, du bout des doigts, dans notre direction…

samedi 9 avril 2016

En finale! (1)

– On est en finale ! On est en finale !
On était en finale, oui. Et, ce soir-là, on fêtait ça. À la buvette du club. Les joueurs. Les dirigeants. Et puis Amandine. On avait absolument tenu à ce qu’elle soit là. C’était notre mascotte, Amandine. Notre talisman.

Tout avait commencé au début de la saison précédente. Parce qu’il avait remarqué quelque chose de bizarre Kevin.
– Il y a une fille, dans les tribunes, chaque fois qu’elle est là, on gagne. Seulement quand elle est là. Sinon on perd…
Il nous l’avait discrètement fait voir.
– Celle tout au bout à gauche, au troisième rang ;
Non, mais comment elle était mignonne en plus ! C’était qui cette fille ? Elle sortait d’où ? Quelqu’un la connaissait ?
Oui. Benjamin.
– C’est Amandine. Le même bled que moi elle habite. Avec une copine. En février elle est arrivée. Ou en mars. Quelque chose comme ça. C’est tout récent en tout cas.
On n’était pas superstitieux, non, mais n’empêche… il avait bien fallu finir par se rendre à l’évidence : sa présence dans les gradins nous portait manifestement chance.

Fin août, juste avant la reprise des compétitions, Julien, notre capitaine, était allé la trouver. Tout seul. Sans prévenir personne.
– Vous vous seriez fichus de moi.
– Et alors ?
– Et alors… On a discuté. Elle adore le rugby. Depuis toute petite. Et elle a remarqué, elle aussi, que quand elle est là… Je lui ai demandé du coup…
– Tu lui as demandé. Mais tu lui as demandé quoi ?
– De venir au stade tous les dimanches. Si elle pouvait, bien sûr. Ça l’a beaucoup fait rire. Mais elle a finalement accepté : « Je serai votre porte-bonheur officiel en somme… »

Et elle avait été là. Systématiquement là. À domicile comme à l’extérieur. Sa présence nous tranquillisait. Elle était là. Tout était dans l’ordre : on allait gagner. Et on gagnait. On ne cessait pas de gagner.
Elle s’était d’abord montrée extrêmement discrète : au coup de sifflet final elle s’éclipsait et on ne la revoyait pas avant la semaine suivante. Et puis, il y avait eu ce dimanche de décembre où l’arbitre nous avait refusé un essai parfaitement valable, où on avait été à deux doigts de renouer avec la défaite. Outrée, elle nous avait attendus, à la porte des vestiaires, pour nous dire, sans mâcher ses mots, tout le mal qu’elle pensait de la prestation de cet incompétent. Elle était revenue, quinze jours plus tard, pour prendre des nouvelles de Martial qui, blessé, avait dû quitter le terrain en catastrophe. Et c’était, au fil des semaines, devenu une véritable habitude. On la trouvait infailliblement là, en sortant, accoudée aux barrières, à deux pas des vestiaires. Alors ? Elle en avait pensé quoi du match ? Elle le décortiquait. Nos performances respectives étaient passées au crible sans la moindre complaisance. Elle s’animait, se passionnait. On allait poursuivre la discussion ailleurs. Au café. Ça se prolongeait. Parfois très tard. Ceux qui se levaient tôt le lendemain matin nous quittaient à regret.
– Si j’arrive la tête dans le cul, il va me dire le reste mon patron.
Ceux que leur femme attendait aussi.
– Elle est cool la mienne… Mais bon, il y a des limites.

On ne perdait plus. Jamais. On enchaînait insolemment les victoires. Forcément : c’était pour elle qu’on jouait.
De son côté, elle était, de plus en plus partie prenante de notre parcours. Elle s’inquiétait de la méforme de celui-ci, de la pubalgie de celui-là. Arborait fièrement des tenues à nos couleur – le jaune et le vert – dans les tribunes. Conservait précieusement, dans une grande chemise, également jaune et verte, toutes les coupures de journaux qui nous étaient consacrées.

jeudi 4 février 2016

Manon (51)

Dimanche 29 juillet 2012

« J’ai pas dormi de la nuit… » Elle m’a annoncé ça la mine ravie Laëtitia… « Si, c’est vrai, hein ! Jusqu’à deux heures du matin je les ai regardés les deux autres… Et puis après, tout le reste du temps, j’ai pas arrêté d’y repenser… Non, parce que j’en avais jamais vu en vrai, moi ! Enfin, si ! Dans des films… Mais c’est pas pareil… C’est des acteurs… Tandis que là ! Et à tout j’ai eu droit en plus ! La totale… Jamais j’aurais cru… » « Jamais t’aurais cru quoi ? » « Que ça me ferait autant d’effet… » « Oui, ben t’as bien fait d’en profiter… » « Pourquoi tu dis ça ? » « Parce qu’aux dernières nouvelles, ils sont sur le départ… » « Oh, non ! Ils vont pas me faire ça ! » « T’auras d’autres occasions… » « Je vois pas où… Ni comment… » « Moi, si ! Je te trouverai ça quand on sera rentrées… Et à foison… » « Finalement il y en a beaucoup plus qu’on ne croit, hein, des types qui font ça entre eux… » « Il y en a pas mal, oui… » « D’ailleurs… » « D’ailleurs ? » « Non… Rien… Rien… Vas-y ! Ils vont t’attendre dans les autres chambres sinon… »

Christa s’est littéralement jetée sur moi… « Alors ? Ça y est cette fois ? Elle les a vus ? Eh, ben raconte, quoi ! » « Ça y est, oui… Elle a adoré… » « Ils les ont utilisés les moulages ? Tu sais ? » « Elle est pas entrée dans les détails… » « Oui, oh, mais si ! Forcément qu’ils s’en sont servis… Je les connais tous les deux… Je sais comment ils fonctionnent… C’est trop, ça, qu’ils aient baisé avec son mari devant elle… Parce que c’est ce qui s’est passé finalement… Sauf qu’elle savait pas que c’était lui… J’adore… J’adore vraiment… Et puis alors tu sais pas ce que j’ai pensé qu’on pourrait ? C’est que, comme ils s’en vont aujourd’hui, je récupère leur chambre… À mon tour de m’y amuser devant elle avec son mari… » « Elle regardera peut-être pas… Une fois qu’ils seront partis… » « T’as qu’à y croire ! Ne serait-ce que par curiosité… Une opportunité, personne crache jamais dessus… Quoi que ce soit… Tu regarderais pas, toi, à sa place ? Eh bien alors ! »

Solange m’a accueillie les yeux brillants… S’est pendue à mon cou… « C’est aujourd’hui, hein… T’as promis… » J’avais promis, oui, mais… « Mais quoi ? » « Pas tout de suite… Pas maintenant… Pas à la va-vite… Déjà que j’ai eu droit à des réflexions… Paraît que je traîne avec mes petits déjeuners… » « Quand alors ? » « Cet après-midi… Quand j’aurai fini mon service… » « Promis ? » « Juré… » Et je me suis dirigée vers la porte… « Attends ! Attends ! Juste un peu… Que j’aie ton goût… Que je le garde jusque là avec moi… » Elle s’est agenouillée… A posé ses lèvres sur mon genou… Est remontée… Remontée encore… Est passée sous la culotte… M’a toute parcourue… Du bout de la langue… S’est faite plus intrusive… « Allez, chuuut… Là… C’est tout… » « Tu me rends folle… »

Elle n’était pas mécontente du tout Alexandra… « J’en ris encore, tiens ! Non, parce que vous savez pas ce qu’est arrivé ? Eh bien, quand je le lui ai ramené à sa patronne l’autre soir Eymeric, elle a absolument voulu qu’il reste après la fermeture… Histoire de reprendre la main… Un petit coup de téléphone au mari à qui elle a servi une salade comme quoi elle avait tout un tas de factures à vérifier de toute urgence… Elle a bouclé le magasin… Et elle te me l’a entraîné dans la réserve… Ben, tiens ! La réserve… Comme par hasard… Sauf que là… Ben, il y a rien eu à faire… Pas le plus petit début de commencement de bandaison le Eymeric… Elle a eu beau le solliciter tant qu’elle a pu… S’acharner… Avec les doigts… Avec la bouche… Se frotter dessus… Lui susurrer toute une ribambelle de mots cochons à l’oreille… Il restait imperturbablement inerte son machin… Forcément ! Après l’après-midi que je lui avais fait passer… Ça a fini par la mettre dans une rage folle… “Elle va voir ce qu’elle va voir l’autre traînée… Alors là, elle va voir ce qu’elle va voir…” Et j’enrage, moi… J’enrage… Parce que juste au moment où ça commençait à devenir intéressant… Où j’allais pouvoir m’amuser un peu… Faut que je m’en aille… » « Ah, vous aussi… » « Ben oui… Oui… Je dois impérativement être à Paris ce soir… Parce que demain matin boulot… Oh, mais elle perd rien pour attendre… Parce que l’an prochain on reprendra les choses où on les aura laissées… Et alors là, c’est elle qui va voir ce qu’elle va voir… »

J’avais un petit moment à lui accorder à Laëtitia ? Oh, ben oui… Oui… J’avais fini mon service… Qu’est-ce qui lui arrivait ? « Oh, non, rien… Rien d’important… C’est juste à cause de ce que t’as dit ce matin… Pour les mecs entre eux… Que tu m’emmènerais en voir… C’est vrai ou bien c’était juste en l’air comme ça ? » « C’est de toi que ça dépend… Si t’as envie ou pas… » « Un peu que j’ai envie ! Parce que ça, c’est vraiment le genre de truc… Tu peux pas savoir ce que ça me fait ! Surtout maintenant… » « Comment ça “surtout maintenant” ? » Elle a hésité… « T’en parles pas, hein ? À personne… Tu me promets ? » « Ben oui… Oui… » « C’est à cause de Valentin… Mon mari… Je me demande si… Enfin, non… C’est pas que je me demande, c’est que je suis sûre… Avec des types il va… » « Et, du coup, quand t’en regardes en douce, c’est un peu comme si c’était lui que tu voyais… » « Voilà, oui… Il y a un peu de ça… » « Peut-être qu’un jour ce sera vraiment lui… » « Oui, ben alors là, faut pas rêver… » « Tu pourrais peut-être bien avoir des surprises… » « Pourquoi tu dis ça ? » « Non… Pour rien… Comme ça… »

Solange m’a prise contre elle… Serrée dans ses bras… « Toi ! Toi, enfin ! Je suis heureuse… Tellement ! » Elle a enfoui sa tête dans mon cou… L’a piqueté de tout un tas de petits baisers… M’a doucement dénudé un sein… L’autre… « Qu’ils sont beaux ! » J’ai délivré les siens… Pointes contre pointes… Elles se sont dressées… Élancées l’une vers l’autre… Nos lèvres se sont jointes… Nos langues enlacées… Ses mains sur mes fesses… Par-dessus ma jupe… Par-dessous… Sous ma culotte… « Tu es trempée… » On a roulé sur le lit… Tête-bêche… « J’aime ton goût… » Mon plaisir doucement arpégé… Le sien… Débridé… On s’est blotties l’une contre l’autre… « Tu as aimé comme je t’ai fait ? » J’avais aimé, oui… « T’as bien vu… » « C’était la première fois… avec une femme, je veux dire… » « Qui peut mieux connaître une femme qu’une autre femme ? » On est restées enlacées… Longtemps…

« Vous avez pas l’air vraiment content de me voir, dites donc ! » « Oh, si ! Si ! Au contraire… C’est pas ça… » « Ben, c’est quoi alors ? » « C’est vrai, vous savez… » « Qu’est-ce qu’est vrai ? » « Ce que j’ai dit à Anne… Qu’il est remonté contre vous le patron… Qu’il envisage de pas vous reprendre l’année prochaine… C’était pas une invention juste pour que vous reveniez ici le soir avec moi… » « Oh, la la ! Mais je sais bien… Vous êtes un pur, Armand… Jamais vous seriez allé imaginer quelque chose d’aussi tordu… Non… Et puis je dois bien reconnaître… C’est vrai que j’abuse… Que je me laisse complètement griser par moments… J’ai tendance à oublier que je bosse… À me croire en vacances… »

jeudi 14 janvier 2016

Mise au point

Quand on tape, sur Google, par exemple, "Histoires pour adultes" on trouve "D'une histoire…l'autre" référencé, selon les jours, en 2ème ou 3ème page de ce moteur de recherche… C'est grâce à vous, lecteurs, et à votre fréquentation assidue de ce blog qu'il se trouve en aussi bonne position… Depuis le premier janvier, vous avez en effet été, quotidiennement, entre 2000 et 4000 visiteurs uniques à me rendre visite ici…  Soyez en remerciés…


Toutefois, revers de la médaille, je suis inondé de commentaires toxiques… C'est par pelletées que je dois, chaque matin, supprimer, au bas de tel ou tel article des commentaires, souvent en anglais, vantant les mérites de tel ou tel produit miracle… Quand il ne s'agit pas de propagande politique ou de propos aux marges de la xénophobie… J'ai donc décidé, à regret de ne plus accepter, pour le moment, de commentaires et j'ai paramétré le blog en ce sens…

Ceux qui souhaiteraient entrer en contact avec moi peuvent le faire par mail (mon adresse se trouve sur le blog… rubrique contact…)

Depuis les Fêtes "Manon" est quelque peu en sommeil… Elle n'en est pas pour autant abandonnée… Vous allez très rapidement la retrouver…

Bonne journée à tous et à bientôt…

lundi 21 décembre 2015

Manon (50)

Samedi 28 juillet 2012

Alors ? Elle en avait bien profité Laetitia ? Oui… Non… Enfin si ! Quand même… Ils étaient agréables à regarder… Surtout comme ça… Tout nus… Ça, elle pouvait pas dire le contraire… Mais pour ce qui était de faire des trucs tous les deux, ben elle avait été de la revue… « Parce que deux heures ils ont bouquiné… Chacun de son côté… Et puis après dodo… » « Ce n’est que partie remise… » « Oh, sûrement, oui… Mais… Ton copain, là, le tatoueur, tu devais l’avoir au téléphone, t’avais dit… » « Je l’ai eu, oui… » « Et alors ? » « Ben alors c’est pas que tu lui plaises pas, non… Ce serait même plutôt le contraire, j’ai l’impression… Seulement t’es mariée… » « Il a bien des principes… » « C’est pas qu’il ait des principes… C’est qu’il a été échaudé… Deux fois… » « Parce que ? » « Parce qu’il a eu de gros gros problèmes avec les maris… » « Oui, oh, mais ça, moi, ça n’arrivera pas… D’abord, parce que je suis pas idiote… Je fais attention… Et ensuite, parce que quand bien même Valentin finirait par s’apercevoir de quelque chose, lui, ce serait plutôt le genre à faire semblant de rien… À pas vouloir regarder la réalité en face… » « Ben oui, mais ça, Barnabé, lui, il le sait pas… » « En fait, j’ai aucune chance, quoi ! » « J’ai pas dit ça… Mais d’abord va falloir le mettre en confiance… Et ça risque de prendre pas mal de temps… »

Solange s’est précipitée à ma rencontre… « C’est ce soir que tu reviendras le mouler Rémi ? » « Sauf imprévu, oui… » « Et… elle sera avec toi ta copine ? » « Oh, ben oui… Oui… Elle voudrait rater ça pour rien au monde… » « Vaudrait mieux qu’elle le touche pas alors… Parce qu’elle te me l’excite d’une force ! Et les mêmes causes produisant les mêmes effets… » « Il va nous refaire le coup d’hier soir… » « Il y a toutes les chances, oui… » « Ben, ça fait rien… On recommencera…On n’est pas à trois jours près… » « Mais moi, si ! J’ai envie de toi, Manon… Tellement… » « Ben, t’attendras… Tu sais ce qu’on a dit… » « Oui, mais… » « Il y a pas de mais qui tienne… À toi de te débrouiller pour qu’il soit opérationnel ton Rémi… Au moment où on en a besoin… Tant que ce sera pas le cas… »

Ah, ben ça, ça l’étonnait pas Christa… Pas du tout… « Parce qu’ils passent les trois quarts de leur temps à lire ces deux-là… C’est d’un agaçant… » « Ils font pas que ça non plus… » « Je sais bien, oui… Même que quand ils en sont, ça fait pas semblant… Bon, mais en attendant, là, ils l’ont pas utilisé Valentin alors du coup… » « Apparemment, non… » « Eh ben moi, si ! Et pas qu’un peu ! Comment c’était excitant de me dire que peut-être ils étaient en train de faire la même chose… Et qu’elle, elle regardait… Elle regardait la queue de son mari s’activer dans le cul d’un mec… Sans la reconnaître… Sans savoir que c’était lui… Oh, mais ça va venir… Je sais être patiente quand il faut… » « Oui, ben faudrait pas qu’ils tardent trop non plus… Parce qu’ils vont partir… » « Partir ? Comment ça “partir” ? » « Jusqu’à la fin du mois ils ont retenu… On y est presque… » « Hein ? Mais ils vont pas me faire ça ! Ils ont pas le droit… » « Tout a une fin… Pour eux aussi… » « Mais c’est dégueulasse ! Les salauds ! Non, mais quels salauds ! »

Alexandra m’attendait… « Ah, enfin ! Qu’est-ce vous fabriquiez ? J’ai cru que vous m’aviez oubliée… » « Ça se passe pas toujours comme je voudrais les petits déjeuners… » « Oui, ben ça, j’me doute… Non, parce qu’il faut que je vous raconte… Vous auriez vu ça hier… Je me suis pointée là-bas, tranquille, sur le coup de onze heures… La patronne classait des papiers derrière son comptoir… Pas un bonjour… Rien… Elle n’a même pas relevé la tête… “Eymeric !” Il a surgi du fin fond du magasin… “C’est cette cliente dont je t’ai parlé…” “Ah ! Si Madame veut bien me suivre…” Et on s’est engouffrés tous les deux dans la réserve… Où on a d’abord éclaté d’un grand fou rire silencieux… Il a chuchoté… “Je peux te dire qu’elle le prend sacrément mal…” “C’était bien un peu le but…” “Tu es démoniaque… Mais j’aime…” Et j’ai été dans ses bras… Où j’ai pris un pied pas possible… L’idée qu’elle était là, à côté… Qu’elle écoutait… Qu’elle pouvait pas s’empêcher d’écouter… Qu’elle s’était même sûrement approchée… Avait collé son oreille à la porte… Plus d’une heure on est restés là-dedans… À remettre ça encore et encore… Je suis sortie la première… “C’est un bon coup, dites donc, ce garçon… Et charmant en plus… Difficile de pas craquer… Je reviendrai vous l’emprunter… Si, si ! Bientôt… Très bientôt… Mais cette fois on ira à l’hôtel… On sera quand même plus tranquilles…” Et je l’ai gratifiée, en sortant, de mon plus beau sourire… »

Qu’est-ce qu’elle aurait fait, Anne, elle, à ma place ? « À propos de quoi ? » « Ben, d’un côté, j’ai Laëtitia qui me tarabuste pour que je lui prépare le terrain avec Barnabé… Sans savoir qu’il couche avec son mari… Et, de l’autre, j’ai Christa qu’est amoureuse folle de ce même mari… Et qui, du coup, déteste cordialement Laëtitia… Faut que je navigue à vue, moi, au milieu de tout ça… » « Et c’est le genre de situation où tout finit forcément par te retomber dessus… » « Je te le fais pas dire… » « D’autant que des problèmes il risque de t’en tomber d’autres sur le coin de la figure par ailleurs… » « Comment ça ? » « J’ai discuté avec Armand hier soir… » « Oh, la la, lui ! Je l’ai complètement laissé tomber le pauvre vieux… Il doit m’en vouloir… » « Il est pas comme ça… Un peu déçu… Un peu triste… Mais il t’en veut pas, non… Par contre, il y a quelque chose qu’il tient absolument à ce que tu saches… Seulement comme il te voit plus… Ou alors, très vite, entre deux portes, pendant le service… » « C’est quoi ? Vas-y ! Dis ! » « C’est que le patron t’a dans le collimateur… Il parle de pas te reprendre l’année prochaine… » « Hein ? Mais pourquoi ? Je fais correctement mon boulot, non ? » « C’est pas ça qu’il te reproche… C’est de t’éterniser le matin dans les chambres… » « Ben oui, mais… » « De ralentir le service, à midi, en t’attardant à discuter avec les uns et les autres… » « Oh, pas tant que ça quand même… Et puis, quand tu les connais les gens, que tu les vois tous les jours, forcément… » « Ça va être le mois d’août… Le coup de feu… Et si tu changes pas ton fusil d’épaule… » « Oui… Bon… Ça va, okay, j’ai compris… Le boulot… Et rien que le boulot… » « C’est pas ce qu’on te demande non plus… Faut juste que “le reste” n’interfère pas – ou pas trop – avec ton travail… »

« Tu vas tenir le choc aujourd’hui, hein, mon petit Rémi… » « Il va essayer… » « Et sur la durée… Parce que deux il nous en faut… Chacune la sienne… » Solange a suggéré… « Vous pourriez peut-être ? » « Quoi donc ? Se servir de la première qu’on aura faite pour en mouler une deuxième ? Ah, non ! Non ! Quelque chose de personnalisé on veut… Qu’elles soient pas exactement pareilles… Qu’il y ait une différence… Aussi minime soit-elle… T’imagines, toi ? Deux petites nanas en train de s’amuser, côte à côte, avec ton matériel ? Tiens, regarde s’il imagine… Parfait ! Parfait ! Bouge pas surtout ! Reste comme ça… »

lundi 14 décembre 2015

Manon (49)

Vendredi 27 juillet 2012

Elle faisait la gueule Christa… « Ben oui, attends ! T’as passé la soirée avec les deux autres, là… Je compte plus, moi, depuis qu’elles sont arrivées… » « Fallait venir avec nous… » « Oui, ben alors ça sûrement pas ! Je te l’ai dit : cette bonne femme je veux rien avoir à faire avec… Rien que l’idée qu’elle couche avec Valentin tu peux pas savoir ce que ça me fait… Vous en avez parlé de lui, hein ? » « Pas une seule fois… Par contre il y en a deux… comment les oreilles ont dû leur siffler ! » « Ah, oui ? Qui ça ? » « Tes charmants voisins de chambre… Il a été presque exclusivement question d’eux… Ça la passionne Laëtitia les homos… » « Elle sait pour son mari ? » « D’après Anne, au fond d’elle-même, oui… Il y a aucun doute là-dessus, mais elle se bat tant qu’elle peut contre l’évidence… » « Et c’est pour ça qu’ils la fascinent tant Léonce et Manuel… Oui, ben tu sais quoi ? J’ai une idée… Et si tu lui donnais ma chambre ? » « Ta chambre ? Pour quoi faire ? » « Ma chambre, oui… En t’arrangeant pour qu’elle le découvre le trou… Qu’elle puisse se faire plaisir puisque ça l’intéresse tant que ça les mecs entre eux… Non… Et puis, en plus, t’imagines ? Elle va les regarder s’enfiler le moulage de la queue de son mari sans se douter une seule seconde que c’est lui… Rien que d’y penser, je jubile, moi… Oh, non… Non… Faut le faire… Faut absolument qu’on le fasse… » « Rien de plus simple ! Tu libères la chambre et, ce soir, elle est là… »

Ça a beaucoup fait rire Anne… « Elle a de ces idées ta copine, mais c’est excellent… D’autant qu’ils ont pas que la queue de Valentin… Ils ont aussi celle de Barnabé… » « Elle fera sa connaissance comme ça ! » « C’est quand même fou comme situation, avoue ! Aller tomber amoureuse de l’amant de son mari… » « Il y a une logique là-dessous si ça tombe… » « Qu’est-ce tu veux dire ? » « Que peut-être qu’inconsciemment il y a que les mecs bi qui l’attirent… Qu’il y a que d’eux qu’elle peut tomber amoureuse… » « Ça se tient… N’empêche je me demande comment ça va finir tout ça… » « Alors ça ! Par moments, j’avoue que je suis tentée de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière… De déclencher quelque chose… Histoire qu’ils regardent enfin leur réalité en face tous… Et puis, à d’autres, je me dis qu’il vaut mieux ne rien brusquer… Laisser tout ça arriver à son heure… »

« Tu les as pas ? » « J’ai pas quoi ? » « Ben, les trucs, là, pour le mouler Rémi… » « Ah, non… Je les ai pas, non… » « Ce sera quand alors ? » « Quand on voudra… Ce soir si on veut… » « Oh, oui… Oui… » « J’amènerai Christa… Ça l’intéressera… » « C’est qui Christa ? Ah, oui, je vois… La fille un peu rousse, là… Qu’étais sans arrêt avec ses parents au début… Oh, tu peux, hein ! Il sera aux anges Rémi… Elle lui plaît bien celle-là aussi…Elles lui plaisent toutes n’importe comment… Pour peu qu’elles soient pas trop mal fichues et qu’elles aient pas dépassé la trentaine… J’ai cru, un moment, que j’allais pouvoir gérer tout ça… Le laisser profiter un peu, sous surveillance… T’as qu’à y croire… Je me fourrais le doigt dans l’œil, oui… Jusqu’au coude… Non… Un homme, dès qu’il y en a une d’à peu près bien gaulée qui se pointe à l’horizon, faut qu’il aille y tremper sa queue… Ça a toujours été comme ça et, on aura beau faire, ce sera toujours comme ça… Bon, mais je m’en fiche… Ça a pas toujours été le cas, mais maintenant je m’en fiche… Complètement… Parce qu’il y a toi maintenant… » Et elle m’a effleuré les lèvres…

Elle avait passé un bon moment l’Alexandra… Ah, pour ça, oui ! Parce que, bon, pour la forme elle avait bien un peu renâclé la patronne d’Eymeric, mais, au final, il avait bien fallu qu’elle se montre très compréhensive… « Elle avait pas le choix n’importe comment… J’avais toutes les cartes en mains… Du coup, dans la foulée, je me suis offert un petit plaisir… : j’ai exigé d’elle qu’elle convainque Eymeric de coucher avec moi… » « Ah, ça, c’est tordu par contre… » « Oui, hein ! Ça l’amuse beaucoup, lui… Je l’ai eu au téléphone… Il va entrer à fond dans le jeu… Se faire prier… Finir par accepter… Comme à contre-cœur… » « Vous avez pas peur que ça finisse par lui retomber sur le coin de la figure ? » « Non… Non… Pourquoi ça lui retomberait dessus ? » « Je sais pas… Par exemple, qu’elle finisse par se douter que les infos sur leur liaison, c’est de lui que vous les tenez… » « Elle est à cent mille lieues d’aller s’imaginer un truc pareil… » « Ou bien qu’après, une fois que vous serez partie, elle le lui fasse payer… D’une façon ou d’une autre… » « Il est en mesure de se défendre, Eymeric… Et puis, de toute façon, il a pas l’intention de faire de vieux os ici… »

Léonce et Manuel se sont éloignés vers le petit bois, derrière… Laëtitia les a longuement suivis des yeux… Anne a souri… « Ah, ils te plaisent bien, ces deux-là, hein ! » « Je lorgne juste… » « Oui, oh, ben de toute façon tu pourrais pas en tirer grand’chose d’autre… » « C’est pas dans mes intentions non plus… » J’ai saisi la balle au bond… « Il y a lorgner et lorgner… » « C’est-à-dire ? » « Ben, il y a les regarder passer, comme là… Et il y aurait les regarder en pleine action… » « Oui, mais ça ! Faut pas rêver… » « Qui sait ? » « Comment ça ? » « Je peux compter sur ta discrétion ? » « Évidemment que tu peux ! Évidemment ! Ça va de soi… » « Eh bien alors disons que, de la chambre qui jouxte celle qu’ils occupent, on peut voir tout ce qui se passe dans la leur… » « Ah, oui ! » « Et que je peux m’arranger pour qu’elle soit libre… » « Oui, mais… » Anne a haussé les épaules… « Oui, mais quoi ? T’en crèves d’envie… Tu vas pas te faire prier quand même… » Et on est montées l’installer…

C’est pas qu’elle voulait pas y assister au moulage de Rémi Christa… « Non… Au contraire… Mais quand même ça craint, non ? » « Oh, tu parles ! Lui, il sera ravi… Et elle, la seule chose qui l’intéresse, c’est de s’occuper de mon cas… Au plus vite… Le reste… » C’est Solange qui nous a ouvert… « Il est là… Il vous attend… » Il nous attendait, oui, l’air emprunté, devant la porte de la salle de bains… « Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? » « Ben, d’abord que tu te désapes… Ça s’impose… Là… Voilà… Bon… Et maintenant tu t’allonges… Ah, ben oui, si ! Parce que si les poils se prennent dans le gel, je te dis pas comment tu vas morfler… Tu lui fais, toi, Christa ? » Elle a à peine eu le temps d’approcher la main… Ça t’a fait un de ces bonds… On a éclaté de rire… « Eh ben, dis donc ! Il t’en faut pas beaucoup… Qu’est-ce ça va être tout-à-l’heure… » C’est resté en l’air… Elle a encrémé… Soulevé… Repoussé sur le côté… Rasé… « Les couilles aussi je les lui fais ? » « C’est pas une obligation… Mais si le cœur t’en dit… Et tant que tu y es… » Elle se l’est pas fait répéter deux fois… Les couilles aussi, allez ! C’est venu d’un coup… Ça lui a jailli sur les doigts à Christa… Sur le poignet… Et jusque sur l’avant-bras… « Ah, c’est malin ! Parce que c’est fichu… Il faut qu’elle soit bien gorgée pour le machin… Qu’il bande bien à fond… Il va jamais pouvoir maintenant… » Solange est intervenue… « Oh, mais si, il va pouvoir, si ! » « Oui , mais dans combien de temps ? Faut que j’aille reprendre mon service, moi… Non, le mieux, c’est de remettre à demain… »

lundi 30 novembre 2015

Manon (48)

Jeudi 26 juillet 2012

Ça la démangeait Laëtitia parce que tout de suite – j’avais seulement pas fini de poser mon plateau – elle a embrayé sur Barnabé… Je le connaissais bien ce tatoueur, hein ? « Plutôt, oui… C’est un vieux copain à moi… » « C’est bien ce qu’il me semblait… Vu comment vous discutiez tous les deux le jour où il m’a piquée… Et… vous l’avez revu depuis ? » « Deux ou trois fois, comme ça, en coup de vent… Pourquoi ? » « Non… Je sais pas… On est entre filles… Il m’avait semblé… Enfin je me disais que, peut-être, il m’avait trouvée à son goût… Bon, mais si ça tombe je me fais  complètement des idées… » « En fait, ce que vous voudriez, c’est que je voie ce qu’il a dans le ventre, quoi ! » « Oh, mais à l’occasion, hein ! Si ça se présente… Il y a rien qui presse… » « Je l’appellerai… Ce soir ou demain… Et je lancerai des ballons d’essai… Mine de rien… » « Oui, mais alors… » « Je la jouerai fine… Vous inquiétez pas… » « Et… » « Et ça restera entre nous… Ça va sans dire… » « Merci… »

Christa était comblée… Comblée et épuisée… « Non, parce que je te dis pas la nuit que j’ai passée… Comment ils en étaient les deux autres là, à côté… De la folie ! Jamais je les avais vus dans un état pareil, moi ! » « L’effet Valentin-Barnabé… Ça les a remis en appétit… » « Peut-être, oui… Sûrement même… N’empêche… Tu peux pas savoir comment tu prends ton pied à faire la même chose qu’eux en même temps qu’eux… Sans qu’ils le sachent en plus… Sans qu’ils s’en doutent… C’était Léonce qu’était dedans ? Je l’avais dedans aussi… C’était Manuel ? Allez, hop, Manuel ! Il y en avait un qui se servait du moulage de Barnabé ? Je m’en servais aussi… De celui de Valentin ? Au tour de Valentin… » « T’arrivais à faire la différence de si loin ? » « Oh, ben quand même ! Elles se ressemblent pas du tout toutes les deux… Et puis celle de Valentin je la reconnaîtrais entre mille… Tu crois que… » « Que quoi ? » « Que Valentin… Parce que c’est sans arrêt que je pense à lui… Surtout maintenant que j’ai vu sa bonne femme en plus… Non, mais qu’est-ce qu’un type comme lui fabrique avec ça ? Tu peux me dire ? Et tu sais ce que je me demande du coup ? C’est si j’aurais pas intérêt à profiter de ce qu’elle est ici pour monter le retrouver là-haut Valentin… Et avancer mes pions… » « Tu fais ce que tu veux, mais je ne suis pas certaine que ce soit une très bonne idée… » « Ben, pourquoi ? » « Tu le connais depuis trois jours à peine… Ça fait celle qui se jette à sa tête… Et ils ont horreur de ça les mecs… » « Peut-être pas lui ? » « T’as qu’à y croire ! »

Angèle avait mal dormi… « J’ai cauchemardé toute la nuit… T’avais changé d’avis… Tu voulais plus… C’était horrible… » « Eh, ben non, tu vois… Non… J’ai pas changé d’avis… » Et je me suis déhabillée… Elle m’a regardée faire… Jusqu’au bout… Avec ravissement… M’installer, jambes ouvertes, sur « mon » fauteuil… « Bon, ben voilà… Il est où Rémi ? » « À côté, dans la salle de bains… Je vais l’appeler… Seulement tu te laisseras faire alors après, hein, tu me promets… » « Dès que j’aurai eu son moulage… » « Ça dépend que de toi, ça, c’est quand tu veux… » Et Rémi a surgi, tout dressé, tout raide… « Toi, Manon ! Toi ! Enfin ! Comme je l’ai attendu ce moment ! Comme je l’ai espéré… Si tu savais ! » Et il m’a déshabillée… Il m’a arraché tous mes vêtements… Un à un… Avec une fougue ! Une impatience ! Et il s’est serré contre moi… Sa queue contre mes reins… Son souffle dans mon cou… Il m’a mordillé la nuque… Sur toute sa longueur… Sur toute sa hauteur… Ses mains sur mes seins… Sur mon ventre… Ses doigts sur ma chatte… Dedans… « Tu mouilles ! Non, mais comment tu mouilles ! » Il m’a fait pencher en avant… Prendre appui avec les avant-bras sur le lit… Et il s’est enfoncé… D’un coup… S’est aussitôt éperdument élancé à la conquête de son plaisir… Une douzaine de va-et-vient et il a éclaté… Je l’ai retenu… De toutes mes forces… J’ai doucement gémi…

« Oh, vous ! Vous avez la tête de quelqu’un qui vient de s’envoyer joyeusement en l’air… » Elle croyait pas si bien dire Alexandra… « C’était bien au moins ? » « Rapide, mais efficace… Très rapide et très efficace… » « Oui… Le truc à la mode, aujourd’hui, c’est de prendre son temps… On les bassine avec ça les mecs… S’ils font pas durer tant et plus les préliminaires, ils passent pour de gros nuls… C’est vrai que, dans la plupart des cas, ça vaut mieux : faut se mettre en train… Mais c’est vrai aussi qu’un mec qu’a tellement envie de toi qu’il peut pas se retenir, qu’il faut que ce soit tout de suite, c’est pas mal non plus… Des fois, moi, ça m’excite mille fois plus que celui qui va mettre une demi-heure à me chauffer… Mais enfin ça, ça dépend de plein de trucs : du type… Du moment… Des circonstances… De mon état d’esprit… On est compliquées souvent, nous les femmes… Et on arrive à avoir de ces idées ! Non, parce que là avec sa patronne à Eymeric par exemple… » « Eh bien ? » « Eh bien, hier elle était toute seule au magasin… J’en ai profité, du coup, pour aller lui faire un peu la causette… J’ai attaqué direct… Le mieux, c’était de jouer franc jeu toutes les deux, non, elle croyait pas ? Franc jeu ? Mais par rapport à quoi ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire ?  “Vous avez un employé charmant…” “Oui… Et alors?” “Et alors vous n’êtes pas insensible à son charme…” “Si vous êtes venue ici pour colporter des ragots… » Des ragots ? Ah, non… Non… C’était pas des ragots… J’avais vu… De mes propres yeux… Il était charmant ce petit hôtel, hein? Mais pas très bien insonorisé… “Vous avez sacrément du vocabulaire, vous, quand vous baisez, ça, on peut pas dire…” “Alors comme ça vous m’espionnez…” “Tout de suite les grands mots! Non… Disons que je suis d’un naturel curieux…” “Vous jouez à quoi au juste?” “À rien de particulier… Mais quand même… Vous imaginez si votre mari apprenait une chose pareille? Vous seriez mal… Très très mal…” “Qu’est-ce que vous voulez ? De l’argent ? Combien ?” De l’argent ? Non, mais elle était pas bien ? Pour qui elle me prenait ? Non… Il était vraiment très séduisant cet Eymeric… Et il devait savoir y faire… Parce que vu comment elle meuglait quand il la prenait… “Et quand il y en a pour une, il y en a pour deux… Non ? Vous croyez pas ?” “Oui, ben alors ça sûrement pas ! Il en est pas question…” “La nuit porte conseil… Je repasserai… Demain… Vous serez dans de bien meilleures dispositions, vous verrez… Beaucoup plus partageuse…” Et je suis repartie comme j’étais venue… »

lundi 23 novembre 2015

Manon (47)

Mercredi 25 juillet 2012

Christa m’a regardée me préparer, assise sur le rebord de la baignoire… « Tu sais quoi ? Eh ben je crois que je suis en train de tomber amoureuse dingue de Valentin… Enfin, non… C’est pas que je suis en train, c’est que c’est fait… Et lui aussi, je crois… Non ? T’as pas cette impression, toi ? » « Comment veux-tu que je sache ? Il s’est bien éclaté avec toi hier soir, oui, ça, ça crevait les yeux… Est-ce que ça signifie pour autant qu’il est amoureux ? Là, par contre… » « Oh, si, il l’est ! Si ! Parce qu’il y a pas que ça… Il y a tout ce qu’il m’a dit après… » « Et c’est quoi ? On peut savoir ? » « Qu’il voulait qu’on se revoie… Qu’il me montrerait plein de trucs là-haut… Des trucs que j’avais même pas idée que ça existait… Qu’il m’emmènerait regarder… Des hommes… Autant que je voudrais… Que ça le rendait fou la façon dont je les contemplais… Et puis qu’il avait beaucoup de chance de m’avoir rencontrée… Que c’était fou l’imagination que j’avais… Qu’il pouvait parler de tout avec moi… Mais alors là vraiment de tout… » « T’emballe pas quand même ! » « Mais je m’emballe pas ! » « Non, parce que jusqu’à maintenant presque tout  ce que tu as vécu ça a été dans ta tête… Et puis là d’un seul coup… Barnabé d’abord… Et puis, aussitôt derrière, Valentin… Alors forcément t’es sur un petit nuage… » « Oui… Non… Mais il y a tout ce qu’il m’a dit… Que j’ai quand même pas inventé… La seule chose… Il est vraiment marié ? » « Ah, pour ça, oui… » « Et il est amoureux d’elle ? » « D’elle… je sais pas… Peut-être… Mais de Barnabé, oui… Alors là il y a aucun doute… »

Elle était dans la salle de bains Solange… « C’est vous, Manon ? Déjà ? Attendez-moi ! J’arrive… J’en ai pour deux minutes… Vous m’attendez, hein ? » Je n’ai pas répondu… Je me suis déshabillée… Complètement… Installée dans le fauteuil… « Là… Voilà… Vous voyez que ça a pas été bien long… » Elle a levé les yeux… S’est figée… « Tu l’as fait… Tu… Oh, merci… Merci… » Et elle est venue se jeter à mes pieds… « Tu m’as ensorcelée… Tout le temps je pense à toi… Tout le temps j’ai envie de toi… J’en peux plus… Tu me rends folle… » Elle a posé ses mains sur mes genoux… Glissé sa tête entre mes cuisses… « Je voudrais… Tellement… Je peux ? » Je n’ai pas répondu… Elle s’en est approchée… Plus près… Tout près… Je l’ai doucement repoussée… « Tu veux pas ? » « Plus tard… » « Quand ? » « Quand j’aurai eu la queue de ton mari… En moulage…Et en vrai… Les deux… » « Tu les auras… Oh, oui que tu les auras… »

Alors ? Elle avait avancé Alexandra ? « Un peu que j’ai avancé… Parce que ni patron ni patronne  il y avait hier… Il était tout seul pour tenir le magasin Eymeric… Ce qui n’était guère propice aux galipettes… Des clients pouvaient surgir à tout moment… Qu’il ne pouvait quand même pas aller accueillir en se reculottant précipitamment… On a discuté du coup… Et j’en ai profité pour lui tirer les vers du nez… Il la voyait où la patronne ? Quand ? Et ça se passait comment tous les deux ? Il ne s’est pas fait prier pour raconter… Et pour entrer dans les détails… Je n’ignore plus rien de la façon dont ils s’envoient en l’air et des chapelets de mots cochons qu’elle débite quand elle jouit… Je sais aussi qu’elle prend mille précautions pour que leur liaison ne soit pas découverte… Et pour cause : c’est à lui que le magasin appartient… En propre… Alors en cas de divorce… » « En v’là une qu’aime jouer avec le feu… » « Qu’a d’énormes besoins sexuels, moi, je crois plutôt… Et un mari pas très opérationnel de ce côté-là… » « Et vous comptez faire quoi de tous ces renseignements si c’est pas indiscret ? » « En tirer parti… À ma façon à moi… Je vais me faire plaisir… Très très plaisir… »

Christa avait pleuré… « Oui… Si… Un peu quand même… Parce que ça y est… Ils sont partis… Il a eu un appel Barnabé… Ça avait l’air urgent… Fallait qu’ils passent récupérer la voiture en plus avant… Ils ont pas voulu te déranger… Ils te feront signe n’importe comment… » « Et les moulages de tes charmants voisins ? » « Ça y est… Ils sont faits… Je les ai… Faut pas encore s’en servir par contre… Faut le temps qu’ils sèchent… » « Oui, ça, je suis au courant… J’ai un peu l’habitude, tu sais… » « C’est vrai… Je suis bête… N’empêche dommage que t’aies pas été là à midi… » « Oui, mais alors ça, pour moi, le midi, c’est complètement exclu… » « Quand je dis que c’était dommage… Dans un sens, oui… Mais pas dans l’autre… J’ai pu les avoir tous les deux pour moi toute seule comme ça… Et tu sais quoi ? Ben, ça y est… Pour de vrai… Il me l’a fait Valentin… Il m’a coulé dedans derrière… Ça a été lui… Le premier… Le tout premier… Tu peux pas savoir comme je suis contente… »

« Anne ! Mais qu’est-ce tu fais là ? » « Je viens voir comment ça se passe… Comment tu  te débrouilles… Bien, on dirait… » « Oh, ça va, oui… Bien… Plus que bien même… Mais comment c’est con ! Parce qu’ils viennent de partir Barnabé et Valentin… Il y a à peine deux heures… » « Je sais, oui… C’est moi qui leur ai dit de filer… » « Hein ! Mais pourquoi ? » « Parce qu’il y a Laëtitia avec moi… Qu’est là-haut, dans la chambre, en train de s’installer… Et que je ne suis pas certaine qu’elle aurait vraiment apprécié de trouver son mari ici avec un amant en titre… Qui est, de surcroît, le tatoueur dont elle s’est entichée… » « Hola, oui ! Belle embrouille en perspective… » « Valait effectivement mieux éviter de tenter le diable… Même si les tendances de son mari – on en a beaucoup parlé toutes les deux ces derniers jours – ne me semblent plus lui poser vraiment problème… Admettre – intellectuellement – qu’il est attiré par les hommes, c’est une chose, mais avoir carrément le nez dessus, c’en est une autre… Et c’est, je crois, prématuré… Surtout s’agissant de Barnabé… » « Oui… Alors si je comprends bien elle fait toujours une fixation sur lui, quoi ! » « Elle parle très souvent de lui en tout cas… Et dans des termes très louangeurs… »

Elle avait pas envie de faire sa connaissance Christa à Laëtitia… « Mais alors là vraiment pas… Je veux pas lui parler ni rien… Je la déteste trop… »

lundi 16 novembre 2015

Manon (46)

Mardi 24 juillet 2012

« Mais qu’est-ce que je fous là ? » Dans la chambre de Christa… Dans son lit… « Tu te rappelles pas ? C’est vrai ? » Si ! Bien sûr que si que je me rappelais… Fallait juste le temps que j’émerge…  Je me rappelais très bien… Que ça l’avait fait les quatre autres en bas… Qu’on aurait dit des vieux copains qui se retrouvaient après des années… Ça allait se finir au lit… Forcément… Et nous, on allait être aux premières loges… « Sauf que tu t’es endormie… Comme une masse t’es tombée… » « Je suis crevée… Le boulot… Plus le reste… Et alors ? Il s’est passé quoi ? » « On avait vu juste…Ils sont montés… » « Fallait me réveiller ! » « C’est bien ce que j’ai essayé de faire… » « T’as insisté ? » « Et comment je me suis fait recevoir ! » « Ce qui t’a bien arrangée… T’as eu le trou dans le mur pour toi toute seule… Bon, ben allez ! Raconte ! » « Oh, ben à tout j’ai eu droit… La totale… Valentin dans Philibert… Barnabé dans Manuel… Et puis après ils ont inversé… Manuel dans Valentin et Philibert dans Barnabé… » « Et comme ça ? D’entrée de jeu ? » « Ah, ben non… Non… Tout leur temps ils ont pris… D’abord pour se mettre tout nus… Et puis après… Avec des baisers… Des caresses… Tout ça… » « T’as dû te régaler… » « Tu parles que oui… Quatre d’un coup comme ça… Je savais plus trop où regarder il y avait des moments… J’avais peur de louper le plus intéressant… N’empêche… Ce que je me demande, c’est qu’est-ce qu’ils ressentent les mecs quand ils en ont un dedans comme ça… » « La même chose que nous, tiens ! Le reste, on peut pas savoir… Mais de ce côté-là, au moins, c’est sûr… On est exactement dans la même situation… » « Ben oui, mais… » « Mais t’as encore jamais sauté le pas… Oui, ben c’est l’occasion ou jamais… T’as tout ce qu’il faut sous la main… »

À la 404, elle avait quelque chose à me demander Solange… « Oui… Non… Je me gêne pas avec vous… Je sais que je peux… Que vous avez l’esprit ouvert… » Oui, bon, allez ! C’était quoi tous ces préliminaires ? « Je voudrais lui faire une surprise à Étienne… Quand il va remonter, là, d’un instant à l’autre… Qu’il vous trouve toute nue sur le fauteuil… Ouverte… Comme l’autre fois avec Remi, vous savez ? » Je savais, oui… Et s’il y avait que ça pour lui faire plaisir à Étienne, c’était pas bien compliqué… Et j’ai tout enlevé… Allez, hop ! Le fauteuil… Une jambe passée, de chaque côté, par-dessus les accoudoirs… Et v’là l’affaire ! Bon, mais il allait pas trop tarder au moins son Étienne ? Parce que j’avais le service des petits déjeuners à assurer, moi ! Oh, non… Non… Il allait arriver… Cinq minutes… Grand maximum… Elle s’est approchée… « Qu’est-ce t’es bien fichue n’empêche ! » Son regard a chaviré… Plus près… Encore plus près… Agenouillée entre mes cuisses… « Que tu es belle ! Laisse-moi te regarder… S’il te plaît ! Oh, s’il te plaît ! » Je l’ai laissée… Longtemps… Et puis doucement repoussée… « Faut que j’y aille ! » Elle s’est relevée… « Oui… Oui… Bien sûr… Excuse-moi ! » « C’était un prétexte, hein, Étienne ? Il va pas remonter… » En me rhabillant… « Non… Enfin si ! Oui… Je me reconnais plus depuis trois jours… Si j’avais imaginé… Mais on recommencera, hein ? Demain… » « Peut-être… On verra… »

Il risquait pas d’être à la 404 Étienne… Vu qu’il était à la 401 avec les deux autres… « Oui… Elle m’a viré… “Va faire un tour… Et prends ton temps… J’ai besoin d’être seule…” Et je suis venu là du coup… » Ça l’inquiétait ça Remi… « Quand vous lui avez porté le plateau, elle l’était vraiment toute seule ? » « Tout ce qu’il y a de plus seule… » « Peut-être qu’il a attendu que vous soyez passée ? Que maintenant il va s’y précipiter le type… » « Quel type ? » « Je sais pas… Quelqu’un de l’hôtel… » « Je suis bien tranquille que non… Mais allez voir… Ça vous tranquillisera… » Damia a soupiré, excédée… « Mais qu’est-ce que tu te prends le chou ? Quand bien même elle serait en train de baiser avec Pierre, Paul, Jacques ou André… Et alors ? La belle affaire… C’est pas ce qu’on a fait toute la nuit, nous ? Et ce qu’elle a fait, elle, avec Étienne… Alors il est où le problème ? » « C’est pas ça… Tu comprends pas… C’est pas qu’elle baise… J’en ai rien à foutre de ça… C’est qu’elle est plus la même… C’est qu’il y a quelque chose… Ou quelqu’un… Et tant que je saurai pas quoi… »

Elle m’attendait Alexandra… « J’aime trop ça vous raconter… » « Et moi, vous écouter… Alors ? » « Ben alors, par celui du magasin de vêtements j’ai commencé… C’est le patron qui m’a accueillie… Avec un grand sourire… “Vous venez pour Eymeric, hein ? Ben, il est pas là… Mais je peux avantageusement le remplacer… Si le cœur vous en dit, bien entendu…” Désolée, mais ça me disait pas, non… Mais alors là vraiment pas… Il a pas insisté… “Je m’y attendais… Mais qui n’essaie rien n’a rien, non, vous croyez pas ?” Oui, bon, mais Eymeric ? Il était parti aux approvisionnements avec la patronne Eymeric… Et ils en avaient pour un petit moment… De toute façon inutile que je perde mon temps à les attendre… Parce qu’autant, en ce qui le concernait, il ne voyait absolument aucun inconvénient à ce que je m’isole avec Eymeric dans la réserve… » « Tu parles qu’il a rien contre ! Il peut se rincer l’œil… » « Autant avec sa femme j’avais pas intérêt à venir m’y frotter… C’était le genre de choses avec lesquelles elle plaisantait pas… Pas question de mélanger boulot et bagatelle… Je savais, oui ! Eymeric m’avait dit… » « Vous croyez qu’il se doute qu’il est cocu ? » « Je donnerais ma main à couper que non… » « Qu’est-ce que vous allez faire ? Lui dire ? » « Oh, ben non… Non… Ce serait dégueulasse… Non… J’ai une bien meilleure idée que ça… » « C’est quoi ? » « Je vous dirai… Au fur à mesure… Je vous raconterai… »

« Ben alors, les garçons ! Ils sont pas avec vous vos amoureux ? Qu’est-ce vous en avez fait ? » « Ils ont pas voulu venir… Il y a rien eu à faire… Apparemment ils ont une dent contre vous… » « Pas spécialement contre nous, non… C’est contre toutes les filles qu’il en a une de dent Manuel… Parce que sa grande terreur, c’est qu’il y en ait une qui le lui pique son Philibert… Et, du coup, il établit un cordon sanitaire autour… Ce qui va pas lui servir à grand’chose… Parce que les filles l’attirent autant que les garçons Philibert… Ça se voit, ça… Ça se sent… Alors forcément, un jour ou l’autre… Un jour qu’il aura le dos tourné Manuel ça arrivera… Sauf que c’est pas nous qu’on en profitera… Ce qui est frustrant… Parce qu’on en ferait bien un tour… Mimi comme il est… Alors vous savez ce qu’on a pensé ? C’est que peut-être vous pourriez nous la lui mouler… On aurait toujours ça à défaut d’autre chose… Et celle de Manu aussi tant qu’à faire… Il coucherait avec des filles sans le savoir comme ça… Ça lui apprendrait à faire son emmerdeur… » « Ce serait pas de refus… Seulement… » « Seulement quoi ? » Ben, ils allaient pas pouvoir s’éterniser… Il avait son salon de tatouage Barnabé… Il pouvait pas se permettre de fermer trop longtemps… Surtout au début comme ça… Quant à Valentin, sa femme risquait de se poser des questions à force… Et le temps de trouver le matériel… En plus ! Oh, mais si c’était que ça, j’avais ce qu’il fallait, moi ! « Parce qu’on n’est jamais trop prévoyant… » « Dans ces conditions… » « Vous croyez que vous arriverez à les convaincre ? » « Ça devrait pas être trop compliqué… Je vois bien sur quelle corde appuyer… » « Eh ben voilà ! Super ! » C’était super, oui, mais elle faisait la gueule quand même Christa… Qu’est-ce qu’elle avait ? « Rien… » « Mais si ! Dis ! » « Non, mais c’est qu’ils sont à peine arrivés et ils repartent déjà… » « Oh, mais on les reverra… Et si c’est pas ici, ce sera là-haut… » « Sûr ? » C’est Barnabé qui lui a répondu… « Une fille comme toi, on ferait des pieds et des mains pour la revoir… » Elle s’est jetée à son cou… « C’est trop gentil, ça ! »

lundi 9 novembre 2015

Manon (45)

Lundi 23 juillet 2012

« Tu dors ? » Je dormais pas, non… « Tu te rends compte ? Valentin… Je le connaissais pas… Je l’avais jamais vu… Eh ben, ça m’a pas empêchée de lui tailler une pipe… Comme ça… D’entrée de jeu… Et je t’y ai pris un de ces pieds… » « Oui, ben ça, ça s’est vu… Et entendu… T’as pas arrêté de gémir tout le temps que tu l’as eu dans la bouche… » « C’était trop le top, attends ! Il en a une de ces paires en plus ! J’adore quand elles sont comme ça les couilles… À part… Bien détachées du reste… Que tu peux les avoir tout entières dans la main… Les faire rouler… Ça se confirme n’empêche… » « Quoi donc ? » « Ce que je te disais l’autre jour à propos de Barnabé… Qu’avec lui j’avais envie que ce soit en vrai… Pas seulement en imagination… Eh ben là avec Valentin, c’est pareil… Peut-être qu’il faut que je les connaisse pas les mecs… Que ce soit la première fois que je les voie… » « Ou peut-être que tout simplement t’es en train de changer…

Elle était aux anges la Solange de la 404… « Quelle bonne idée il a eue de se taper Damia à la piscine Remi n’empêche… Jamais j’aurais connu Étienne, moi, sinon ! Et j’aurais perdu gros… Il est absolument adorable… » Elle s’est blottie contre lui… « Même pour le cul t’y trouves sacrément ton compte… À condition de le mettre en confiance… D’y aller tout en douceur… Elle le prenait complètement à rebrousse-poil Damia… Alors forcément… Non… Pour peu que tu le rassures, que tu le laisses donner sa pleine mesure, avec lui t’es comblée : il sait parfaitement comment on fonctionne, nous, les femmes… Parce qu’il en est une en fait… Ou plutôt : il est les deux… Homme et femme… À proportions égales… C’est hyper rare, ça… Et ça n’a pas de prix… »

Rémi était tout seul… Et tout nu sur le lit… « Qu’est-ce vous avez fait de Damia? » Il s’est levé… « Elle a pensé que, peut-être, on aimerait être tous les deux ce matin… Sans personne par les pieds… » « Ah, tiens ! Voyez-vous ça ! Et pourquoi donc ? » « Parce que je lui ai raconté pour l’autre jour… Que vous vous étiez mise toute nue… Que vous m’aviez pris dans la bouche… Tout ça… Et elle s’est dit que, sûrement, on aurait envie de continuer… » « C’est-à-dire ? » « Ben… » « Ouais… Qu’est-ce qu’elle pouvait être agaçante votre femme à vous mettre comme ça le pot de miel sous le nez… À vous laisser le regarder tout votre saoul… Le flairer tant et plus… Et à vous’empêcher d’y tremper le doigt… Et quand je dis le doigt… Résultat… » « Résultat… Je ne pense qu’à ça… Je ne pense qu’à vous… Vous m’obsédez… » « Et vous voulez qu’on couche… Oh, mais ça finira bien par arriver… » « Quand ? » « Quand les conditions seront réunies… » « Les conditions ? Quelles conditions ? » « Je vous dirai… Le moment venu… » « Bientôt, hein ? Oh, s’il vous plaît ! S’il te plaît… » J’ai ri… Donné une petite pichenette à sa queue orgueilleusement dressée… « On verra… Mais, en attendant, je vais quand même faire quelque chose pour vous… Parce que je peux pas vous laisser dans un état pareil… Ce serait inhumain… » Et je m’en suis délibérément emparée… Cinq ou six va-et-vient… Il a fermé les yeux… Il a giclé…

Elle avait réfléchi Alexandra… « Non, c’est vrai, moi, j’aime bien comprendre… Et là, je crois que ça y est… Ben oui, attends ! Parce que, dans un commerce, en général, s’il faut embaucher du personnel, c’est la femme qui s’en occupe… Forcément… Vu que si elle le laissait faire son bonhomme, lui, c’est sur la petite minette bien bandante qu’il irait jeter son dévolu… Avec tout un tas d’idées derrière la tête… Et ça, pas question… Alors elle prend les choses en mains… Ce qui veut dire qu’elle lui balance le bon gros laideron de base par les pieds… Ou bien – encore mieux – qu’elle recrute un mec… Qu’elle choisit de préférence jeune et beau… Tant qu’à faire ! C’est quand même plus agréable à regarder… Et, de fil en aiguille, pour peu que son mari la saute que tous les tournants de lune, elle va lui faire comprendre au type que c’est bien beau de servir les clients et de déballer des cartons en réserve, mais que ce serait dommage de se contenter de ça… Et tu penses bien que lui, il demande pas mieux… Il saute sur l’occasion… Surtout s’agissant de la patronne… Dont il peut tirer, en plus, tout un tas d’avantages substantiels… Si bien qu’au final elle a tous les atouts en main… » « Vous vous en fichez… Ce que vous voulez, vous, c’est juste tirer un coup… » « Jusque là c’était ce que je voulais, oui… Mais dès l’instant où il y a un défi à relever… » « Vous pouvez pas vous empêcher de le relever… » « Voilà, oui… Et je sens qu’on va bien s’amuser… »

Ils avaient récupéré les garçons… « Tu parles ! On a dormi toute la journée… » « Et donc vous êtes en pleine forme… Chouette ! On va pouvoir en profiter… » « Tant que vous voudrez… Et comme vous voudrez… Vous choisissez… » « Oh, ben alors ! C’est tout vu… Le truc dont elle rêve Christa, c’est de vous regarder vous occuper amoureusement tous les deux l’un de l’autre… » « Et pas toi ? » « Bien sûr que si ! Mais moi, je vous ai déjà vus le faire des dizaines de fois… Pour elle, ce serait une première… » « Elle a jamais vu d’hommes entre eux ? » « Si ! On vous expliquera… Mais elle vous a jamais vus, vous… » « Bon, ben allez, alors ! Ouvrez tout grands vos yeux, les filles… »

« Eh, ben dis donc, elle en a pas perdu une miette la jeune fille… » « Tu peux parler, Valentin ! Tu l’as pas quittée des yeux… » « J’adore ça regarder les nanas regarder… » « Oui, ben ça on sait depuis le temps… » « Mais alors elle, elle a une de ces façons de faire… Je sais pas comment expliquer… C’est à la fois goulu et tout intimidé… Un peu comme si elle pensait que c’est mal, mais qu’elle pouvait pas s’empêcher de le faire quand même… Ça te fait un de ces contrastes… Ça te remue d’une force… » « Oui… Non… Mais ce qu’il y a aussi, c’est que d’habitude, c’est en cachette qu’elle regarde Christa… Alors forcément… » « D’habitude… En cachette… Oh, mais il faut absolument que vous nous racontiez ça… » « Oh, c’est tout simple… Dans la chambre à côté de la sienne, il y a un couple de mecs… Et l’occupant précédent avait percé des trous dans la cloison… C’est très habilement fait… Faut vraiment le savoir… Elle en profite du coup pour jeter un œil… Quelquefois les deux… » « Ben, voyons ! Et alors ? » « Et alors… Ben, dis, Christa, toi ! » « Des fois c’est pas mal, oui… Mais c’est toujours un peu pareil… Ils font vieux couple confit dans ses habitudes en fait… » « C’est pour ça, vous connaissant comme je vous connais, je me suis dit que, peut-être, vous pourriez leur redonner un peu de cœur à l’ouvrage… » « Ben, tiens ! » « Ils vous plairont, je suis sûre… C’est tout-à-fait votre genre… J’ai mis votre table à côté de la leur… Comme ça vous pourrez causer, ce soir… » « Tu penses décidément à tout, toi… »

lundi 2 novembre 2015

Manon (44)

Dimanche 22 juillet 2012

C’était pas Rémi, sous les draps, avec la femme de la 404… Non… C’était le coincé de la 401… Elle a éclaté de rire… « Vous en faites une tête ! » « C’est que… si je m’étais attendue ! » « Ben, oui, vous voyez ! Elle me l’a confié… Donnant donnant… Non… Parce qu’on a beaucoup parlé avec Damia… Et, au bout du compte, on est arrivées à la conclusion qu’on faisait fausse route toutes les deux… Moi avec Rémi… En voulant gérer sa sexualité de A à Z… Avoir la mainmise sur tout… Je l’étouffe… Et c’était obligé qu’un jour ou l’autre il finisse par aller voir ailleurs… Avec le risque qu’il y en ait une qui lui mette le grappin dessus pour de bon… Quant à elle, à vouloir le décoincer à toute force comme ça son Étienne, elle obtient le résultat exactement inverse… Il se crispe… Il s’enferre… Et c’est la catastrophe… On a décidé de collaborer, toutes les deux, du coup… Dans un premier temps, Rémi va s’offrir un bon bol d’oxygène avec elle et moi, son Julien je vais le laisser aborder les choses à sa façon à lui… Après, on verra… » « Eh ben dis donc ! » « Oui, hein ! »

À la 401 ils étaient en pleine action… Forcément… Rémi m’a jeté un coup d’œil par-dessus son épaule… Il ne s’est pas interrompu… « Tu vas jouir, ma petite cochonne, je te jure que tu vas jouir… » À grands coups de reins… Rapides… Profonds… Et elle a joui… Presque aussitôt… En secouant la tête dans tous les sens sur l’oreiller… « Oh, c’est bon… C’est bon… Que c’est bon… » Ils ont repris haleine… Et leurs esprits… « Et pour toi, Rémi, c’était bon ? » « Tu parles si c’était bon ! » « Mieux qu’avec ta Solange ? » « Ça n’a rien à voir… » Ils se sont effleuré les lèvres… « Il y en a une en tout cas qu’en a pas perdu une miette… Ah, elle était pas pressée de le poser son plateau… » Moi ? Ben, tiens ! Quand il y avait quelque chose à voir, j’étais pas du genre à fermer les yeux… Surtout que Rémi j’avais déjà eu l’occasion d’observer tout à loisir comment il était fait… Je savais que ça valait le coup d’y laisser traîner un œil… « Ah, oui ? Tu m’avais caché ça, mon petit Rémi… « Mais si, j’t’ai dit ! Enfin pas en détail… Pas pour elle en particulier, mais j’t’ai que ce qu’elle adore Solange, c’est que je m’excite avec d’autres nanas… À condition que ça aille pas au bout… Qu’à l’arrivée ce soit elle qu’en profite… » « C’est quand même sacrément tordu, ça, avoue ! » « C’est… spécial… À la fois hyper excitant et hyper frustrant… » « Et alors… avec Manon ? » « Je te raconterai… Quand elle sera partie… » Je lui ai tiré la langue… « Ah, c’est malin ! » Il me paiera ça…

Avec Alexandra, à la 109, c’est carrément le feuilleton… Tous les jours elle a quelque chose à raconter… « Non, parce que c’était le marché de pays hier, dans un bled, par là-bas derrière… Et je t’y suis tombée sur un de ces petits canons… Vous auriez vu ça ! Vingt ans… Une carrure d’athlète… Un sourire d’ange… Des yeux à faire chavirer n’importe quelle nana… Ah, non, une occasion comme ça, ça se laisse pas passer… Un stand de miel il tenait… Alors, évidemment, la première chose, j’ai commencé par aller lui en acheter un pot… Un deuxième, une vingtaine de minutes plus tard, sous prétexte que ma sœur l’avait goûté et qu’elle l’avait trouvé excellent… Et puis un troisième, un peu plus tard, soi-disant pour ma cousine cette fois… C’était cousu de fil blanc… Il s’y est pas trompé… On savait de quoi on avait envie… L’un comme l’autre… On se l’est dit… Et ça a pas boîté du coup… “Il y a pas foule… Je vais remballer… Alors le mieux, si vous voulez, c’est que vous alliez m’attendre sur le parking derrière l’église… Parce que si les collègues nous voient partir ensemble, j’ai pas fini d’en entendre…” Il m’y a récupérée une petite demi-heure plus tard… Il m’a emmenée… Quelques dizaines de mètres sur un chemin de terre défoncé… “On sera tranquilles ici…” Et on est passés à l’arrière de la camionnette… Il a repoussé les cageots de pots de miel dans un coin… Déroulé un petit matelas de mousse… “Ça me sert à faire la sieste quand je vais un peu loin des fois…” Oui, ben nous, je peux vous dire que c’est pas à faire la sieste qu’il nous a servi… Non, mais comment il sait y faire ce salaud… Tu sais plus où t’es… Tu sais plus ce qui t’arrive… T’as qu’une envie, c’est que ça continue… Encore et encore… Que ça s’arrête jamais… Ouais, ben ça s’est arrêté… Et il a été plutôt brutal l’atterrissage… Parce que la porte s’est brusquement ouverte et une espèce de furie nous est tombée dessus… J’ai d’abord cru que c’était sa mère vu qu’elle s’est jetée sur lui en lui flanquant des claques… Tout un tas de claques… “J’en étais sûre ! Espèce de salopard… Comme le lait sur le feu faut te surveiller… Oh, mais tu vas me payer ça… Je te jure que tu vas me payer ça…” C’était sa patronne en fait… » « Décidément… » « Oui, hein ! À croire que tous les mecs de vingt ans couchent avec leur patronne… Ou qu’il y a que ceux-là qui m’attirent… » « Oh, ça en fait que deux… Les autres avant… » « Je sais, oui… Mais dorénavant je vais quand même éviter les mecs à patronnes… Ça pue l’embrouille à plein nez… » « Et alors ? Ça s’est fini comment dans la camionnette ? » « Oh, alors ça, j’en sais rien du tout… Je les ai laissés régler leurs comptes… Je me suis pas attardée… »

« Je peux vous parler deux secondes ? » Il avait l’air tout malheureux Armand… Ben, bien sûr qu’il pouvait… Évidemment qu’il pouvait… « Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui vous arrive ? » « Non, mais c’est parce que… vous restez dormir ici maintenant le soir… Vous venez plus là-bas… J’ai dit quelque chose ? J’ai fait quelque chose ? » « Hein ? Ah, mais non… Non… Pas du tout… Non, ce qu’il y a, c’est que j’ai sympathisé avec une nana… Une fille qu’est en vacances ici… » « La petite avec ses parents ? » « Christa… Voilà, oui… » «  Des heures et des heures on reste à discuter toutes les deux… Et alors du coup le soir… C’est plus pratique que de ressortir… » « Oh, mais ça fait rien… C’est juste que je me disais… Que je me demandais… Vous n’avez pas de comptes à me rendre n’importe comment… » « Oui, mais quand même… J’aurais pu vous prévenir… C’était la moindre des choses… Je suis désolée… » « Vous reviendrez ? » « Bien sûr… » « Quand ? » « Alors ça, c’est difficile à dire, mais je reviendrai… Promis… »

« Eh, ben dites donc, les filles, quelle épopée pour arriver chez vous ! Non, parce que, figurez-vous, le garage il pouvait pas nous la prendre tout de suite la voiture… Par contre il pouvait nous en prêter une en attendant… Eh, ben voilà ! En route ! Sauf qu’on n’avait pas fait cinquante kilomètres avec qu’elle s’est mise à tousser, à cracher et que tout s’est arrêté… Re-dépanneuse… Re-garage… Qui trouvait pas la panne… Qui nous a amusés pendant des heures… Qui s’est engueulé au téléphone avec le premier… Lequel a fini, au bout du compte, par nous prêter une nouvelle voiture… Dont il a fallu attendre qu’elle arrive… Bref… On est là… Enfin ! » « Et tout ça pour nous… Oh, mais vous allez pas le regretter, vous allez voir… Et d’abord, pour commencer, on va s’occuper un peu de vous… Vous l’avez amplement mérité… » J’ai poussé Barnabé vers le lit… « Là ! Laisse-toi faire… » Ah, ça, il demandait pas mieux… Je lui ai déboutonné le pantalon… Je la lui ai sortie… Et j’ai fait signe à Christa… « Eh, ben, vas-y ! Il y a Valentin qui te tend les bras, regarde ! Et quand je dis les bras… » On les a titillées leurs queues… On les a agacées… Décalottées… Et finalement prises en bouche… Elles s’y sont répandues… Valentin d’abord, les mains enfouies dans la chevelure de Christa… Et puis Barnabé, en me caressant doucement la joue… « Là, les garçons ! C’est tout pour aujourd’hui… On vous laisse dormir… Et reprendre des forces… Vous allez en avoir besoin… »

lundi 26 octobre 2015

Manon (43)

Samedi 21 juillet 2012

Christa m’a rejointe dans la salle de bains… « Il dort… » « Faut bien qu’il récupère… Après la nuit qu’on lui a fait passer… » « Surtout toi ! Ce que t’en étais, dis donc ! » « Je suis désolée, mais il me manquait depuis le temps mon petit Barnabé… J’avais trop besoin… J’avais trop envie… » « Oh, mais ça fait rien, hein ! J’en ai bien profité aussi… À ma façon à moi… Je croyais pas que j’en serais capable n’empêche… » « De ? »« Ben tout ça… D’offrir mes seins à reluquer tant et plus à un mec que j’avais jamais vu avant… De m’enfiler, devant lui, le duplicata de sa queue et de jouir dessus… » « Il a bien apprécié en tout cas… » « Et moi aussi… Comment ça me remuait de voir ce que ça lui faisait de me voir… » « Bon, ben tu m’excuses, mais faut que j’y aille, moi ! Le devoir m’appelle… » « Moi aussi, je vais y aller… Je vais retourner dans ma chambre… » « Oh, tu peux rester si tu veux, hein ! » « Oui, mais non… Non… Ça vaut mieux… » « Tes parents ? » « Oh, eux!J’ai pas de comptes à leur rendre… Je fais ce que je veux… Et puis, de toute façon, ils émergent pas avant dix heures… » « Eh ben alors ! Reste ! » « C’est ton copain… » « C’est un copain… Et on n’en est plus là tous les deux… » « Je vois bien, oui… Non, mais peut-être qu’il va vouloir des trucs que moi je voudrai pas… » « Pas Barnabé… Ah, non… Pas lui… Il t’obligera pas à quoi que ce soit… Alors là, de ce côté-là, tu peux être tranquille… »

Il y avait un de ces chantiers à la 404… « Qu’est-ce que vous fabriquez ? » « Je redéfais les bagages… Je me réinstalle… Non, parce que ma première idée, c’était de dégager d’ici… Le plus vite possible… Et puis finalement je me suis dit que… non, mais attends ! c’était quand même pas cette espèce de traînée qui va me mettre en fuite… Manquerait plus que ça ! Elle veut la bagarre… Elle va l’avoir… Et je peux te dire que si je peux lui en faire une, je vais pas la louper… Alors là ! Quant à Rémi… « Il est où lui ? » « Dans la salle de bains… Il y a passé la nuit… Hors de question que je dorme avec… Et pour un moment… Après ce qu’il m’a fait… » « Il reste deux ou trois chambres de libres… Si vous voulez je peux essayer de vous négocier ça… » « Oui, ben alors là sûrement pas ! Pour que l’autre s’empresse d’aller le rejoindre dès que j’aurai le dos tourné… Non… Ça lui ira très bien la salle de bains… Il y est pas malheureux… Il a une couverture… Un oreiller… N’importe comment c’est pas plus mal qu’il en bave un peu… Ça lui apprendra… Ah, il a voulu jouer ? Eh bien on va jouer… »

À la 401, il était enfoui sous les draps le type… Et elle voulait mon avis la nana… « Non, parce que me casser le coup comme ça… De façon aussi délibérée… Faut absolument que je lui en fasse passer l’envie… Au plus vite… Il va en prendre à son aise sinon… Et remettre ça à la première occasion… Vous feriez quoi, vous, à ma place ? » Moi ? Alors ça, j’en savais rien du tout, moi… J’y étais pas à sa place… « J’ai deux solutions en fait… Ou bien je l’envoie me chercher un mec…Il m’en a fait perdre un… Normal qu’il compense et qu’il m’en trouve un autre pour remplacer… Ou bien alors – et ça, il va vraiment pas aimer – je l’emmène passer une semaine dans un camp naturiste… Au choix… » J’ai haussé les épaules… « Au choix ? Pourquoi au choix ? L’un n’empêche pas l’autre… » « Bien dit ! Alors tu vois ce qui t’attend, toi ? »

« Non, mais que je vous raconte… Vous allez rire… Parce que j’y suis retournée au magasin là-bas… Je m’étais dit que non… Que j’allais laisser passer un peu de temps… Deux-trois jours… J’ai pas pu résister… J’avais trop envie qu’il m’en remette un petit coup… Il s’est avancé à ma rencontre… Très commercial… Très professionnel… “Madame ? Vous désirez ?” Comme si j’étais une cliente tout ce qu’il y a de plus ordinaire… Comme s’il me reconnaissait pas… Comme si on n’avait pas baisé la veille à tire-larigot… Non, mais il se fichait de moi ou quoi ? “Nous venons de recevoir de tout nouveaux modèles… De petites merveilles… Si vous voulez les voir… Ça ne vous engage à rien…” Et puis tout bas… Très vite… “Joue le jeu… Je t’expliquerai…” Je l’ai joué… Sans trop comprendre… On a navigué au milieu des portants… J’ai fait semblant de regarder… D’hésiter… Il a jeté un coup d’œil derrière lui… “Elle est occupée… Non, mais c’est parce que… C’est pas le patron aujourd’hui… C’est sa femme…” “Et alors ? Ça nous empêche de nous connaître ?” “Oui… Enfin non… Ce qu’il y a… C’est qu’elle est jalouse comme une tigresse…” “Je vois pas ce qui… Ah, oui, d’accord… Tu la tires, hein, c’est ça ?” “Ça m’arrive, oui…” “Mais enfin bon… Je vois pas où est le problème… Elle est bien mariée, elle, de son côté… Alors pourquoi toi tu pourrais pas…” “Oui, ben alors là ! Elle te dira que c’est pas la même chose… Que ça n’a rien à voir… Et pour l’en faire démordre…” J’ai pas insisté… De toute façon… » « De toute façon ? » « Je me tire de là-dedans… C’est un truc à avoir des histoires à n’en plus finir… » « Il y a des chances, oui… Mais en attendant vous êtes restée sur votre faim… » « Pas grave… J’en ai profité pour aller prospecter… » « Et ça a marché ? » « Je veux pas vendre la peau de l’ours, mais plutôt pas mal, oui… Je suis sur un coup… Je vous raconterai… »

« T’es toujours là ! Toute seule ? Qu’est-ce t’as fait de Barnabé ? » « Il vient juste de partir… Chercher son copain… » « Ça a été ? Comment ça s’est passé tous les deux ? » « Oh, super… Sauf qu’il s’est réveillé tard… Presque à midi… » « Ça, c’était couru… » « Mais après comment on a parlé ! » « Que parlé ? » « Oui… Enfin… Presque… Parce qu’il a voulu que je me mette toute nue… » « Et tu l’as fait ? » « Oh, ben oui, attends ! Toute la nuit il m’avait vue… Alors un peu plus un peu moins… Et j’ai pas regretté… Parce que j’aime trop ça la façon qu’il a de me regarder… Et sur la durée, comme ça, c’est encore mieux… » « C’est un esthète Barnabé… Un esthète et un connaisseur… Il a dû apprécier… » « Et moi donc ! Parce que lui aussi il l’était tout nu… » « De quoi vous avez parlé ? » « Oh, un peu de tout… On a fait connaissance en fait… Et j’ai fini par lui dire comment j’étais… Qu’il y a plein de trucs qui se passent dans ma tête… Que je me raconte des tas d’histoires à partir des gens que je rencontre et que je prends mon plaisir dessus… Que c’est ça que je préfère… Et tu sais ce que je me disais en même temps que je lui parlais ? Ben, c’est qu’avec lui j’aurais envie de le vivre vraiment tout ça… » « Ce que t’as déjà commencé à faire… » « Oui… Non… Si on veut… Mais des idées bien pires j’ai… Que personne est au courant que je les ai… » « Barna a l’esprit très ouvert… Alors vas-y ! Fonce ! » « Et toi ? Non, parce que comment il parle de toi ! Il est amoureux, ça, c’est sûr… » « Oui, ben ça, moi aussi ! Même si je me garde bien de lui dire… Et alors ? C’est pas une raison pour se mettre mutuellement en prison, non ? Manquerait plus que ça… »

« Allô… Barna ! Enfin ! Ben, qu’est-ce vous foutez ? T’as vu l’heure ? On commençait à s’inquiéter, nous… Et pas moyen de vous joindre en plus… Hein ? Ah, ben d’accord… Non ? C’est pas vrai ! Eh ben dis donc ! En plus ! Attends ! Attends ! Que je lui raconte à Christa… Ils ont cassé la courroie de distribution… À 250 bornes d’ici… En pleine cambrouse… Ça passait pas les portables… Ils ont attendu des plombes avant de voir arriver la dépanneuse… Et qu’est-ce vous allez faire ? Passer la nuit à Privas ? Oui… C’est préférable… Faites pas d’imprudences… Et puis demain il fera jour n’importe comment… Oui… Nous aussi… On vous embrasse… »

lundi 19 octobre 2015

Manon (42)

Vendredi 20 juillet 2012

Il y avait de l’ambiance à la 404… Ça te braillait d’une force là-dedans… « Ah, ben vous tombez bien, vous ! Parce que vous savez ce qu’il m’a fait ? Vous savez ce qu’il vient de me faire ? Il a sauté la connasse du 401… En bas… À la piscine… Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu l’as pas sautée peut-être ? » « C’est pas si simple… » « Ben, voyons ! Comme bonjour c’est simple… T’y as fourré ta queue… Je l’ai vu… De mes yeux vu… Si c’est pas sauter ça, qu’est-ce que c’est alors ? Et moi, pauvre idiote, qui te faisais confiance… Qui te croyais… “Les autres, ma chérie, c’est juste avec les yeux que je touche… Il y a jamais rien eu… Il y aura jamais rien…” Tu parles ! Combien t’en as baisé depuis qu’on est ensemble ? Hein ? Combien ? » « C’est la première fois, j’te jure… » « Mais bien sûr ! Prends-moi bien pour une imbécile… Oh, mais je saurai… J’y mettrai le temps qu’il faudra, mais je saurai… Dégage, tiens ! Fous-moi le camp ! Va faire un tour avant que je m’énerve… » « Mais… » « Il y a pas de mais qui tienne… Fous le camp, j’te dis ! Fous le camp ! » Elle a claqué la porte derrière lui… « Connard, va ! » « Qu’est-ce qui s’est passé ? » « Il s’est passé que le type de la 401 il est venu toquer à ma porte tout-à-l’heure, complètement effondré… Soi-disant que Rémi était en train de tirer sa femme… “Mais non… C’est pas possible… Vous confondez… Vous aurez mal vu” “Si ! Si ! Je vous assure!” Bon, ben le mieux, c’était encore que j’aille voir… Et alors là ! Ah, ça y allait ! Pour y aller ça y allait… Comme ça, au bord de la piscine… Avec n’importe qui qu’aurait pu leur tomber dessus… Je peux vous dire que ça a volé… Et qu’il s’est rapatrié vite fait le Rémi… » « Et vous allez faire quoi avec lui alors du coup maintenant ? » « Si seulement je savais ! »

À la 401 aussi c’était l’embrouille… « C’est toi ! Je suis sûre que c’est toi qu’es allé la prévenir… Jamais elle serait descendue sinon l’autre pétasse… » « Mais non… Je t’assure… » « Tu parles ! Oh, mais alors là tu vas pouvoir te la mettre derrière l’oreille un bon moment, mon petit bonhomme… C’est pas demain la veille que tu vas y avoir droit… Parce qu’on était bien tombés d’accord… Tu me laissais faire ce que je voulais… Avec qui je voulais… C’était pas ce qu’on avait décidé ? » « Si, mais… » « Mais quoi ? Si c’est pour qu’à chaque fois tu me casses le coup en allant lui claironner à la bonne femme que je suis en train de me payer son mec, ça va vraiment pas le faire… Non, mais qu’est-ce qui t’est passé par la tête, tu peux me dire ? » « Rien… Je sais pas… » « Tu sais pas ? Eh ben en attendant tu vas me le payer… Je peux te dire que tu vas me le payer… Et cher… Très cher… »

« Alors ? Ça y est ? Tu nous l’as moulé le Rémi ? » « C’était pas vraiment le jour… Il y a de l’eau dans le gaz… » « Elle se l’est tapé l’autre salope qu’arrêtait pas de lui tourner autour à la piscine… C’est ça, hein ? » « Apparemment, oui… » « J’en étais sûre… À force de faire… Mais quand même ! C’est une belle garce… Venir me le souffler, comme ça, sous le nez… Bon… Et alors, du coup, le moulage on peut s’asseoir définitivement dessus, quoi ! » « J’en sais rien, mais il y a toutes les  chances, oui… Vu le climat qui règne là-bas… » « Charmant ! Et nous qu’on comptait dessus… » « Oh, mais on va avoir mieux… Beaucoup mieux… » « Comment ça ? » « Ben, parce qu’il va venir Barnabé… « Tu crois ? Peut-être qu’il a dit ça en l’air hier… Les mecs… » « Pas lui… Je l’ai eu au téléphone… Il va venir… Et pas tout seul… Avec son copain Valentin… » « Son copain ? » « Il adore les femmes Barnabé… Mais il aime aussi les garçons… » « Ah, oui ? Ben, il cache drôlement bien son jeu, dis donc… Jamais j’aurais pensé… » « Et si on se débrouille bien… » « Quoi ? » « Ben, la mayonnaise va prendre avec tes voisins… » « Ah, oui ! » « Et des moulages on va en avoir à foison… Je les connais mes deux loulous… » « Génial ! Ils arrivent quand ? » « Barnabé sûrement demain… Et Valentin dimanche ou lundi… Le temps qu’il s’arrange avec son patron… »

« Et alors ? Ce jeune homme ? Vous êtes arrivée à vos fins ? » « Ho la la, oui ! Et puis alors ! » « Eh, bien racontez, quoi ! » « Dans l’arrière-boutique ça s’est passé… Au milieu cartons de sapes » « Ah, carrément ! » « Ben oui, parce qu’on s’était lancés à discuter… “Il va rien dire votre patron?” “Oh, non… Non… Il est accommodant… Il peut… Parce que, de mon côté, quand il y a un coup de bourre à donner, je ne ménage ni mon temps ni ma peine…” Et effectivement il était compréhensif… “Allez donc dans la réserve… Vous serez plus tranquilles pour parler…” C’était pas sans arrière-pensées… Parce qu’il avait flairé le coup… Il espérait bien pouvoir jeter un œil… Et tu parles qu’à peine on a été là-dedans… On en crevait autant d’envie l’un que l’autre… Alors tu parles que ça a pas boîté… » « Bien ? » « Correct… » « Sans plus ? » « Pas mal, si ! Mais on était trop pressés… Surtout lui… » « Ouais… C’est rarement le top la première fois… Vous vous reverrez ? » « Probable… Je sais où le retrouver n’importe comment… » « Et le patron ? Il en a profité ? » « Je sais pas… Peut-être… Pas sûr… Parce que ça arrêtait pas de défiler les clients… On les entendait… » « Comment ça devait rajouter du piment ! » « Dans un sens, oui… Mais dans l’autre ça déconcentrait plutôt… »

« Il répond pas ? » « Non… Faut bien qu’il bosse de temps en temps… Ils se font pas tout seuls les tatouages… » « Toute la journée j’y ai pensé à lui… Qu’il allait venir demain… Et des tas de trucs j’ai imaginés du coup… » « Quoi comme trucs ? » « Oh, tu sais, moi, quand ça démarre… Plus c’est fou et plus j’adore… » « Eh, ben, vas-y, dis ! » « Par exemple, que quand il va arriver, je serai toute dépoitraillée dans la chambre… Que c’est ça la première image qu’il aura de moi… Il va s’approcher… Et me les dévorer des yeux… Sans rien dire… Avec un air, mais un air ! Une éternité ça dure… Et moi, je le regarde les regarder… Comment c’est bon ! Il bande… Je suis sûre qu’il bande… Je descends voir… Je tâte… Tu parles qu’il bande ! Je reste dessus… Je me l’approprie…Je prends tout mon temps… De bas en haut… De haut en bas… Et puis je déboutonne… Lentement… Très lentement… Je m’aventure… Je m’introduis… Je la lui sors… J’enveloppe… Je soupèse… “Elle est comme l’autre… Exactement pareille…” Ça le fait sourire… “Ah, ben oui, ça, forcément !” “Sauf que la vraie elle peut cracher… Elle va cracher…” Et je fais ce qu’il faut pour… Il s’abandonne… Il ferme les yeux… Les rouvre sur mes seins… Les referme… Ça tressaute… Ça jaillit… Ça se répand… Ça me coule entre les doigts… Il est éperdu de reconnaissance… “Merci… Oh, merci…” Il est tout recroquevillé… Tout rabougri… Je le garde… Je joue avec ses boules…  Les fais rouler au creux de ma paume… Il se penche sur un sein… Y dépose un baiser… L’autre… Encore le premier… L’un… L’autre… À tour de rôle… Vite… De plus en plus vite… Zut ! Ton téléphone ! Ben, réponds ! » « C’est lui… Allô… Oui, Barna… Tu viens toujours ? Non ? C’est pas vrai ! Déjà ! Chouette ! Mais t’es où ? Ah, ben d’accord ! J’arrive ! À tout de suite… Devant la porte de l’hôtel il est… Je vais le chercher… Dans cinq minutes on est remontés… Juste le temps pour toi de te mettre les nénés à l’air… » « Hein ? Mais je vais jamais oser… » « Oui, ben alors là t’as plutôt intérêt… »

lundi 12 octobre 2015

Manon (41)

Jeudi 19 juillet 2012

« Ah, ça y est enfin ! T’as tout ce qu’il faut pour le mouler Rémi… Ouais… Sauf qu’il est pas là… » « Il est où ? » « À la piscine… Il y a passé la soirée d’hier… Et ce matin, à la première heure, il y était à nouveau fourré… Et quand Rémi fréquente assidûment une piscine, c’est qu’il s’y trouve quelque naïade qui le fait saliver… » « Et c’est qui l’heureuse élue ? » « La brune à mèches qu’est arrivée avec son mec il y a deux-trois jours, là… » « Ah, la 401… » « Il arrête pas de la couver des yeux… Et de me bassiner avec elle… » « Ça t’inquiète pas ? » « Oui, oh, ben alors là ! Si je devais monter sur mes grands chevaux chaque fois qu’il a la queue qui se dresse pour une nana, j’aurais pas fini… C’est sans arrêt… Mais ça débouche jamais sur rien… Il saute jamais le pas… Il culpabilise trop… Et, à l’arrivée, qui c’est qu’en profite ? » « Ouais… Et t’as pas peur qu’un jour… » « Il aura pas fait le plus dur ce jour-là… Je peux te dire qu’il aura pas evie de recommencer… »

Christa avait l’œil rivé à la cloison… « Alors ? Il se passe quoi à côté ? Ça vaut le coup ? » « Oui, oh ! C’est toujours un peu pareil à force… On peut pas dire qu’ils aient beaucoup d’imagination… Ils se prennent dans la bouche… Des fois en même temps… Des fois l’un après l’autre… Le reste, c’est hyper rare… » « T’inquiète, ça va changer… » « Comment ça ? » « Tu verras… Mais c’est pour bientôt… Très bientôt… » « Et Rémi alors ? Ça y est ? Tu la lui as moulée ? » « Non… Il était pas là… À la piscine il était… » « Ah, parce qu’il y est retourné ce matin ? Le salaud ! Non, mais quel salaud ! » « Apparemment il aurait des vues sur la femme de la 401… Qu’a pas l’air d’avoir froid aux yeux, soit dit en passant… » « Oui, oh, ben ça, je sais… J’y étais à la piscine hier soir, moi aussi… Juste en face de lui je m’étais installée… Et je lui imaginais dessus… Que j’allais dans l’eau… Qu’il me regardait nager… Un bon moment… Des tas de longueurs de bassin… Et puis qu’il plongeait lui aussi… On se croisait, comme ça, avec l’air de pas se voir… De pas faire attention l’un à l’autre… Il me rattrapait à force… Il me papillonnait autour… Et c’est juste au moment où il allait commencer à me parler qu’elle est arrivée l’autre dinde… Tranquille… Elle a couru s’allonger direct à côté de lui… Et que je t’attaque aussitôt à lui tailler la bavette… En s’appuyant sur un coude et en se penchant juste comme il faut pour que le soutien-gorge il se décolle du nibard… Tu penses bien que l’autre il s’est pas privé d’aller plonger là-dedans… Non, mais franchement qu’est-ce qu’elle est venue nous emmerder ? Il lui suffit pas son bonhomme ? Et maintenant tu me dis qu’elle y est retournée ce matin… En plus ! Oh, mais qu’elle compte pas que ça va se passer comme ça… Je suis loin d’avoir dit mon dernier mot, moi… Quand on me cherche on me trouve… »

Et forcément il était tout seul le type du coup à la 401, les draps tirés jusqu’au menton… Avec manifestement qu’une envie, c’était que je pose mon plateau et que je me tire… Le plus vite possible… « Elle est pas là votre femme ? » Elle était pas là, non… « C’est dommage… Parce que sûrement elle m’aurait montré… Comme hier… » Je me suis assise au bord du lit… « On n’est pas obligés de l’attendre non plus, remarquez ! Surtout maintenant que je sais comment ça se passe si vous faites votre mauvaise tête… Un peu de chatouille sous les pieds… Et hop ! Au grand air le zob… » Je lui ai posé la main sur le mollet à travers le drap… Il s’est contracté, a esquissé un bref mouvement de recul… « Non, mais attendez ! C’est quoi cette comédie que vous nous faites ? C’est une bite que vous avez entre les jambes… Point barre… Une bite comme il en existe des milliers d’autres… Il y en a, bon, c’est vrai qu’elles peuvent valoir le coup d’œil… Elles ont quelque chose… Du chien… Une personnalité… On passerait des heures à les contempler… Mais la vôtre, franchement ! Je vous le dis comme je le pense… Elle casse pas trois pattes à un canard… Et si je me suis attardée dessus hier, c’est pour faire plaisir à votre femme… Qu’avait l’air d’y tenir… Parce que sinon… » Et je l’ai planté là…

Alexandra était levée… Habillée… Coiffée… Maquillée… « Hola ! Vous sortez le grand jeu… Il y a un poisson à ferrer ? » « Peut-être… Un charmant jeune homme que j’ai débusqué derrière un comptoir, hier, en faisant mes courses… À qui j’ai clairement fait comprendre qu’il ne me déplaisait pas… Qui m’a laissé entendre que c’était réciproque… Du coup il y a plus qu’à… Et normalement… » « Vous vous spécialisez carrément dans les jeunes pousses, à ce qu’on dirait… » « Majeures… Toujours majeures… Je fais attention… Cela étant, faut reconnaître que c’est beaucoup plus agréable… Et de loin… C’est frais… C’est spontané… C’est plein de sève… Ça se prend pas la tête… Ça demande qu’à jouir et qu’à faire jouir… Non… Et puis il y a autre chose… C’est que… C’est qu’à vingt ans, moi, je plaisais pas… Godiche, empotée, d’une maigreur à faire peur, d’une timidité maladive, j’étais transparente… Les autres filles, elles, elles sortaient… Elles séduisaient… Elles avaient des petits copains… Des chagrins d’amour… Moi, rien… Jamais… Les garçons ne me regardaient pas… Ne me voyaient pas… Je n’existais pas à leurs yeux… Et j’en crevais… J’en sanglotais toute seule, le soir, dans mon lit… Sentir des bras se refermer sur moi… Des lèvres se poser sur les miennes… Un désir se dresser contre mon ventre… J’aurais tout donné pour ça… Tout ! Ça n’arrivait pas… Ça n’arrivait jamais… Et, d’une certaine façon, je suis restée là-bas… Les types que j’ai pas eus, à l’époque, c’est maintenant que je vais les avoir… Et je vais m’en gaver… Tu comprends ? »

Il était enthousiaste Barna… « J’adore… T’es une vraie petite merveille, toi, dis donc… J’adore vraiment… Tout… L’ovale du visage… Tes lèvres… En ligne de fuite douce… À la fois sensuelles et mutines… Avec ce petit quelque chose de gourmand qui prend aux tripes… Et ton regard… Alors là ton regard ! Mais c’est des heures qu’on pourrait rester immergé dedans… » Elle a souri, ravie… Je l’ai interrogée à voix basse… « J’envoie le reste ? » « Un peu que tu l’envoies… » D’abord les seins… « Tu dis rien, Barna ? » « Non… Si… Que j’arrive… Que je vais venir… Que des seins comme ça je veux les voir en vrai… Les toucher pour de bon… Elle me rend fou ta copine, Manon… » « Et encore ! Tu vois pas ce qu’elle est en train de faire ! » « Ben, quoi ? Dis ! » « Elle te fait faire une petite promenade de santé tout au long de son minou… Tu veux le voir ? Je te le montre ? Alors le v’là ! Ça y est ? Tu l’as reçu ? Et alors ? Qu’est-ce t’en dis ? Rien… T’en dis rien… Apparemment il te laisse sans voix… Oh, mais je comprends ça… Et puis j’imagine que tu dois déjà être en train d’en faire bon usage… Te connaissant… Elle aussi, de son côté, elle est en pleine action… Elle te fait monter… Descendre… Remonter… Faire joujou, au passage, avec son petit bouton… Et je peux te dire qu’elle apprécie… Tiens, écoute ! T’entends comment elle respire fort ? Et vite… Toi aussi, d’ailleurs, on dirait… Tu vas pas jouir ? Pas déjà ? Attends qu’elle t’ait rentré au moins… Ce qu’elle est en train de faire d’ailleurs… Là… Ça y est ! Bon, ben allez ! Je dis plus rien… On s’écoute… On se lâche… Complètement… Tous les trois… »

« Hou la la ! » « Comme tu dis, oui… T’es toujours là, Barna ? » « Ben oui, je suis là… Oui… Comment c’était bon, les filles… » « Oui, ben ça on a vu… Entendu plutôt… » « Vous pouvez parler, vous ! Vous étiez pas mal non plus dans votre genre… » « Faut reconnaître… On avait sacrément du répondant toutes les deux… Bon, mais, en attendant, tu te rappelles ce que t’as dit tout-à-l’heure ? » « Que j’allais venir les voir de plus près les seins de Christa… Bien sûr que je me rappelle… » « Et ? » « Et c’est une promesse que je suis bien décidé à tenir… Dans les plus brefs délais… »

lundi 5 octobre 2015

Manon (40)

Mercredi 18 juillet 2012

« Alors ? Vous l’avez le matériel ? » « Pas encore, non ! Je sais pas ce qu’ils foutent… » « Non… Parce qu’il piaffe d’impatience le Rémi… Maintenant que je lui en ai parlé, il arrête pas de me demander… “C’est quand que ça arrive ? Elle t’a pas dit ? Tu vas voir qu’on sera repartis que ce sera pas encore arrivé…” Et en même temps ça lui fout une de ces trouilles… “T’imagines que j’arrive pas à bander… Comme par hasard justement ce jour-là… Ça se peut, hein ! Surtout si c’est froid le gel qu’il faut  mettre… Alors ça, c’est un truc, si c’est froid, je vais forcément retomber…” Et je peux te dire que ça le travaille… » « T’inquiète… Il bandera… » « T’as l’air bien sûre de toi… » « On est deux… Si à deux on arrive pas à le faire bander… Non… Et puis il serait bien le premier… Tous ils réagissent comme ça au début, mais au final… » « T’en as moulé souvent ? » « Jamais… » « Mais alors ? » « J’ai une copine, c’est sa grande passion de les dupliquer les mecs… Plus de soixante elle en a fait… Elle me prévient des fois… Pour que je vienne assister… Alors je peux te dire que je suis opérationnelle depuis le temps… À force de la voir faire… » « Et elle les trouve où tous ces types ? » « Dès qu’on a l’air de s’intéresser d’un peu près à sa queue, on en fait tout ce qu’on veut un mec… »

Elle s’est adossée à la porte la femme… « Je la veux… Tant que je l’aurai pas, vous sortirez pas d’ici… » « Tant que vous aurez pas quoi ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? » « Son adresse à Hervé… Il me la faut… » « Non, mais vous croyez quoi ? Que je me balade avec ? » « Alors allez me la chercher ! S’il vous plaît ! C’est important… » « Mais on l’a pas… On flique pas les gens, nous, ici… » « Il a bien fait un chèque… Quelque chose… Je sais pas, moi ! » « Si c’est le cas, il est déjà encaissé… Et puis, de toute façon, on vous la donnerait pas… » Elle s’est écroulée sur le lit… « Qu’est-ce que je vais devenir, moi ? Non, mais qu’est-ce que je vais devenir ? » « Vous êtes pas la première à vous faire plaquer… Vous vous en remettrez… » « Non, je m’en remettrai pas…Non… Vous vous rendez pas compte, vous… C’était l’homme de ma vie… Je l’avais enfin rencontré… Et deux jours après faut qu’il foute le camp… Oh, mais je le retrouverai… J’y mettrai le temps qu’il faudra, mais je vais le retrouver… Sa voiture ! » « Quoi ? Sa voiture ? » « Je l’ai en photo… De face… Donc j’ai le numéro… Et avec le numéro… Je sais comment faire… Faites-moi préparer la note… Dans un quart d’heure je suis partie… » Eh ben ! Il a pas fini de s’en voir le pauvre…

« Je peux te demander, Manon ? Parce qu’il y a un truc qui me trotte, là… Barnabé, c’est ton copain ou c’est seulement un copain ? » « Bonne question… Disons que c’est un compromis entre les deux… Pourquoi ? » « Parce que… depuis qu’on fait des trucs avec sa queue, j’arrête pas de me le convoquer et d’imaginer dessus… Des choses… Enfin des choses… Ça va vraiment loin… Et ça me gêne par rapport à toi… Parce que si c’est vraiment ton copain… » « Qu’est-ce ça peut foutre ? Ce qui se passe dans ta tête ça regarde que toi… » « Oui, mais quand même… » « Non, mais alors là, vas-y ! Fais-toi plaisir… Tant que tu veux… C’est sûrement pas moi qui vais y trouver quoi que ce soit à redire… » « Je me reconnais plus en ce moment… Avant je m’en choisissais un de type…Un seul… Avec qui je restais… Trois jours… Un mois… Quelquefois plus… Ça dépendait… C’est seulement quand j’en avais fini avec lui que je passais à un autre… Tandis que là, maintenant, ça part dans tous les sens… Ça fait ce que ça veut… Il y a les deux autres, là, à côté… Il y a Rémi… Il y a Barnabé… Et tout ça, ça se mélange à qui mieux mieux… » « C’est-à-dire ? » « Ben, je les mets ensemble… Je leur fais faire des trucs entre mecs, quoi ! Pourquoi tu te marres ? » « Parce que… Je t’expliquerai… Quand on aura un peu plus de temps devant nous… Ça risque d’être long… Et faut que je continue à porter mes petits déjeuners si je veux pas me faire engueuler… »

Alexandra était toute seule… « Ah, ben oui… Oui… Ils sont repartis… Ils ont de la route encore…S’ils veulent être à Munich la semaine prochaine… Ça fait un bout à pied… Mais ils garderont un excellent souvenir de leur étape ici, je crois… Et moi aussi… Parce que, en douce, comment elle m’a débridée votre copine Angèle… J’ose maintenant… Vous m’auriez vue lundi en rando tous les trois ! Franco j’y suis allée… Dès qu’il a eu proposé de faire une pause Théo… On s’est allongés dans l’herbe… Je me suis servie de sa cuisse comme oreiller… Du ventre de Clément comme repose-pieds… J’ai bougé en haut… J’ai bougé en bas… Effleuré… Comme sans y prendre garde… Ça a réagi… J’y suis revenue… J’ai insisté… Ils ont carrément bandé… Tous les deux… Je me suis délibérément appuyée… Installée… Enhardie… Je me suis insinuée dans le short de Théo… J’ai longuement palpé… Malaxé… Sorti… J’ai refermé mes lèvres dessus… Il a presque aussitôt giclé… Et puis, juste après, Clément… Qui me l’a tendue, implorant… Qui me l’a offerte… Elle a eu ce qu’elle voulait… On a fait une autre pause un peu plus loin… Au cours de laquelle je les ai laissés se montrer beaucoup plus intrusifs… Une troisième… Et puis la nuit… Toute la nuit… Jusqu’au petit matin… Ils sont partis… Mais pas besoin de vous en faire que je vais pas m’arrêter en si bon chemin… Maintenant que la mécanique est lancée… Et que j’ose oser… Ils ont qu’à bien se tenir les mecs… Parce qu’il y en a un paquet qui va passer à la casserole… »

« La v’là » Et la fille, à la 401, a voulu rabattre le drap… Auquel le type s’est accroché comme un désespéré… « Allez ! Montre-lui, quoi ! Elle a pas bien pu en profiter hier… Tu veux pas ? Eh, bien c’est ce qu’on va voir… » « Ah, non, hein ! Pas les chatouilles ! Pas les chatouilles ! » « Eh, si ! » Elle s’est jetée sur lui… Qui s’est débattu comme un beau diable… « Non ! Arrête ! Arrête ! Je supporte pas… » « Raison de plus ! » Et elle s’est ruée à l’assaut… Les côtes… Il a lâché… Le dessous des bras… « Non… Non… Je ferai ce que tu voudras… » Elle a repoussé le drap au pied du lit… Il s’est précipitamment mis sur le ventre… « Tourne-toi ! De l’autre côté… Tourne-toi ou je te fais la plante des pieds… » « Ah, non ! Pas ça ! » Elle a escaladé un mollet… Du bout des doigts… S’en est approchée… Il a obtempéré… S’est remis sur le dos… « Ah, ben voilà ! Tu vois quand tu veux… » Elle m’a fait signe… « Venez ! Venez la lui reluquer de près… Faut absolument qu’il s’habitue… Qu’il me flanque pas la honte comme ça chaque fois qu’on aura l’occasion d’être à poil quelque part… »

« Tu vas dire que je suis complètement tordue, mais tu sais ce que je pensais qui serait bien ? Ce serait qu’on se branche en vidéo avec ton copain Barnabé… Et qu’on le regarde faire pendant qu’il nous regarde faire… Ce serait pas mal, non ? » « Oh, si, oui… Ben le mieux… Tu sais pas ? On va l’appeler… » « Tu vas pas lui dire que c’est moi qu’ai eu l’idée ? » « Bien sûr que si ! Il va adorer… Attends ! Écoute ! Je mets le haut-parleur… Barna ? Oui… C’est nous… Tu sais de quoi elle a envie Christa ? Qu’on se regarde par Internet… C’est pas une bonne idée, ça ? » « Oui… Oui… » « T’as pas l’air vraiment enthousiaste… » « Si ! Mais pas tout de suite… Mais pas déjà…Un autre jour… Une autre fois… Ce que je préfèrerais, moi, aujourd’hui, c’est une photo de sa petite frimousse à Christa… » « Seulement de sa frimousse ? » « Si elle insiste pour m’envoyer autre chose, moi, je demande pas mieux, hein… » « Tu fais allusion à quoi ? » « Devine… » « Elle rit… Elle en était sûre que t’allais le vouloir ça… Elle a rien contre… Alors le temps de le lui photographier et je te l’envoie… Sûr qu’il va te plaire… Il est tout lisse… Tout à découvert… Avec juste un joli petit toupet de poils au-dessus… » « Dépêche-toi ! J’ai hâte… » « Attends… Elle me dit un truc… Quoi ? Ah, oui… Oui… Elle veut quelque chose en échange… Oh là ! Mais il y en a toute une liste… D’abord ta trombine… Bon, mais ça j’ai déjà en stock… Je lui passerai… Ensuite ton attirail… Apparemment que le duplicata lui suffit pas… Elle veut l’original… Et puis tes fesses… Elle y tient… Énormément… Les fesses des mecs, c’est un truc, ça, pour elle… Allez, envoie ! Toi d’abord… Preum… Ben alors ! Qu’est-ce tu fabriques ? Ah, ça y est ! Hola !Doucement, toi ! Oh, l’autre ! Elle se jette là-dessus comme la misère sur le monde… Ben oui, je te l’avais dit qu’elles étaient à croquer ses petites fesses… Oui… Je te l’avais pas dit ? » « Bon, les filles, vous êtes gentilles, mais moi j’attends là… » « Elle est occupée… Elle contemple… Et, à mon avis, elle en a pour un moment… Alors tu sais pas le mieux ? On t’enverra demain, nous… Au calme… » « Hein ? Mais c’est dégueulasse… » « Au contraire… Tu vas avoir tout le temps d’en avoir envie… Ce n’en sera que meilleur… » « Vous êtes deux belles garces, oui… » « C’est ce qui fait tout notre charme… »

lundi 28 septembre 2015

Manon (39)

Mardi 17 juillet 2012

« Qu’est-ce vous regardez ? Qu’est-ce vous cherchez ? Rémi ? Il est pas là… Je l’ai envoyé faire un tour… Il m’agaçait trop… Depuis cinq heures du matin qu’il me tarabuste pour que je le laisse coucher avec vous… “Juste une fois ! Mais pourquoi tu veux pas ? Qu’est-ce ça peut faire ? Tu seras là n’importe comment… Tu superviseras… Mais pourquoi ? Tu m’as laissé faire plein de trucs avec elle… Alors pourquoi ? Qu’est-ce ça changerait ?” Tout, ça changerait… Tout… Seulement ça il veut pas comprendre… Qu’il s’excite avec une autre… Tant qu’il veut… Au contraire… J’applaudis des deux mains… Je pousse même à la roue… À condition qu’à l’arrivée ce soit moi qu’en profite… Sinon… J’ai pourtant toujours été très claire… Dès le début… Pas question qu’il couche avec une autre… Ça, c’est non, non, et non… Et je reviendrai pas là-dessus… » « Et si vous lui mouliez la queue ? » « Lui mouler la queue ? Mais pour quoi faire ? » « Ben, comme ça il coucherait et il coucherait pas… En même temps… La fille… » « Toi en l’occurrence… » « Il la regarderait coucher avec lui… On peut dire ça comme ça… Mais il serait hors jeu… » « Tu es machiavélique… » « Si ça l’excite pas à fond, ça ! Et si vous y trouvez pas votre compte… Et plus que votre compte… » « Techniquement… » « Je m’en occupe techniquement… Je m’occupe de tout… »

« Tiens, vous vous êtes rapatrié, vous ! » « Oui… J’ai prétendu que j’arrivais pas à dormir… Qu’elle bougeait trop… » « Et c’est pas vrai… » « C’est qu’elle parle trop surtout… » « Eh, ben dis donc ! Ça dure pas longtemps les lunes de miel avec vous… » « Non, mais attendez ! V’là une nana, manifestement elle est demandeuse… Vous couchez avec… Comme vous coucheriez avec n’importe qui… Et aussi sec, le lendemain, la v’là qu’attaque à faire des projets d’avenir dont vous êtes le pivot central… La maison… Les enfants… Et tout ce qui va bien… » « Ben, faut lui dire… Que vous êtes pas partie prenante… Faut lui dire… » « Mais c’est ce que je me tue à faire… Elle entend pas… Elle veut pas entendre… Elle suit son idée… Dans sa tête on est faits de toute éternité l’un pour l’autre… Il y a pas à sortir de là… » « Qu’est-ce vous allez faire ? » « Me sauver… En courant… Il y a pas d’autre solution… Je vais faire mes bagages discret… Et la route… Sans un au revoir… Et sans laisser d’adresse… Non… La seule chose avant… Vous deviez me montrer… Vous m’avez promis… » « Oui, mais petit à petit ça devait se faire… Progressivement… C’est pas drôle sinon… Et comme vous partez… » « J’y aurai pas droit, quoi ! » « Pas cette fois-ci en tout cas… Revenez l’année prochaine… Il y a toutes les chances que je sois là… »

« Mission accomplie ! On va l’avoir la queue de Rémi… » « Génial ! Quand ? » « Demain… Après-demain au plus tard… » « Je pourrais pas assister à la fabrication des fois ? » « Ben… » « Non… C’est idiot… Ça compliquerait tout… Je les connais pas, moi, ces gens… Et puis ce sera mille fois mieux de l’avoir sans qu’il le sache… Sans qu’il se doute que la petite étudiante qui mange bien sagement avec ses parents, là, à la table juste en face de la sienne, elle sait très exactement comment il est fait… Elle peut profiter de lui quand elle veut… Comme elle veut… En attendant, faut que je me remette à rêver sérieusement à son sujet, moi… À imaginer plein de trucs… Ce qu’il faudrait… Tu m’as bien dit qu’il allait à la piscine le matin ? » « Pas systématiquement, mais souvent, oui… » « Pour penser dessus, c’est quand même mieux quand tu l’as sous la main le type… Que tu peux le regarder tant que tu veux… Pendant des heures s’il faut… Il est pas pareil le résultat… Seulement le problème, c’est que les deux autres, à côté, c’est surtout le matin qu’ils en sont… » « Ah, ben ça, les mecs, en général, au réveil… » « Et que si je vais à la piscine… » « Tu peux pas tout avoir en même temps, c’est pas possible… » « Je sais bien, oui… Mais j’aime trop ça quand ils se sucent tous les deux… C’est d’un sensuel ! Et puis rien que de se dire que c’est deux mecs ensemble… T’as réfléchi à comment tu pourrais arriver à les mouler ? » « Ça se fera… Le moment venu… » « Faudrait pas qu’ils soient partis avant… » « Oh, non ! Il y a pas de risque… Pour un bon moment ils l’ont retenue la chambre… J’ai vérifié… »

Alexandra dormait… Entre les deux randonneurs… Qui dormaient, eux aussi… J’ai déposé mon plateau sans bruit… Et je me suis éclipsée…

À la 401, elle était toute seule la fille… Hilare… « Il s’est enfui comme un voleur mon Étienne… Soi-disant pour aller chercher un journal… Et il est pas près de remonter… Parce qu’il a qu’une trouille, c’est que je lui refasse le coup d’hier… Il est trop, lui, dans son genre… Pudique comme pas deux… Une vraie petite pucelle… Ça craint pour un mec… Franchement ! C’en est même carrément ridicule, oui… Et j’ai beau m’y prendre comme je veux… Faire tout ce que je peux pour le sortir de là… Ça sert strictement à rien… Vous avez vu ça hier… S’il avait pu rentrer dans un trou de souris… Surtout que vous, vous avez joué le jeu… Vous vous êtes pas défilée… Dans ce genre de situation, les filles, en général, elles posent leur plateau et elles se sauvent à toutes jambes… Il y en a même qui l’abandonnent sur le pas de la porte… Pas vous… » « C’est que… ça surprend… Ça scotche… Quand on s’y attend pas… » « Oui… Et puis faut dire ce qui y est… Un couple qui baise, c’est pas si souvent qu’on a l’occasion… Autant en profiter… À votre place j’aurais fait exactement la même chose… Alors je me vois mal vous jeter la pierre… Ah, non… Non… De ce côté-là vous n’avez rien à craindre… »

« J’abuse, non ? Comme ça… Tous les jours… T’as peut-être quelque chose de mieux à faire… » « De mieux ? Je vois vraiment pas ce qu’il pourrait y avoir de mieux que de se faire du bien… » « Surtout en l’ayant en double comme ça ton copain… » Et on est montées… On s’est installées… Face à face… Mises en train… En caresses douces avec… Sur le pourtour… Sur les lèvres… Sur le clito… Une brève incursion… Elle… Moi… Une autre… Plus approfondie… Plus soutenue… Encore une autre… Elle a renversé la tête en arrière… Doucement gémi… J’ai pris mon téléphone… « Qu’est-ce tu fais ? » Je l’appelle… J’appelle Barnabé… » « Oh, non ! Je vais mourir… » J’ai mis le haut-parleur… « Allo… Barna ? C’est moi, Manon… Je suis avec ma copine Christa, là… Et tu devineras jamais ce qu’on est en train de faire toutes les deux… » « Oh, que si ! Vous vous amusez… À mes dépens… » « On peut dire ça comme ça, oui… Et tu t’occupes très bien de nous… C’est très très agréable… » « J’en suis ravi… Bonjour, Christa… Enchanté de faire votre connaissance… Qui plus est dans des circonstances comme celles-là… » « Excuse-la, Barna… Elle me fait signe qu’elle est complètement hors d’état de te répondre… Elle est au bord de l’implosion, là… » Et elle a déferlé, les yeux clos, la bouche entrouverte, la tête renversée en arrière… « T’entends ? T’as entendu ? » « Oui… Elle a une très belle voix… Et elle la pousse très bien la petite mélodie du plaisir… » « Barna… Moi aussi… Ça vient… Ça va venir… Je jouis, Barna… Je jouis… Que c’est bon ! Non, mais que c’est bon… » « Moi aussi, les filles, ça y est… Depuis un petit moment déjà… » « Et t’as rien dit… Tu nous en as pas fait profiter… Mais t’es un vrai salaud… »

Armand tenait absolument à m’emmener au restaurant… « Qu’on soit un peu ensemble… Tous les deux… » « Mais on l’est tous les soirs ensemble… » « C’est pas pareil… » Ah, bon… Si c’était pas pareil alors… Et on est allés au restaurant… Un grand restaurant… Le chic du chic… « Vous êtes fou… » « Si vous saviez quel bonheur c’est, pour moi, d’être avec vous… » « Vous êtes quelqu’un de très attachant, Armand, et, en même temps, de très déconcertant… » « C’est-à-dire ? » « Vous êtes aux petits soins pour moi… Vous êtes attentif au moindre de mes désirs… Vous me donnez du plaisir… De toutes sortes de façons… Mais vous n’avez pas envie de moi… Pas vraiment… Pas complètement… Et c’est très perturbant, pour une femme, un homme qui ne la désire pas… Dans un sens, c’est gratifiant… On compte vraiment… On n’est pas qu’un objet de convoitise… Mais dans un autre, c’est terriblement frustrant… » « Je ne vous désire pas, moi ? Si vous saviez… » « Vous ne le dites pas… Vous ne le montrez pas… » « Vous êtes jeune et belle… Je suis un vieux bonhomme… Je ne vais pas aller vous encombrer d’un désir dont vous n’avez que faire… » « Qu’en savez-vous ?

lundi 21 septembre 2015

Manon (38)

Lundi 16 juillet 2012

« On fait comme ça ? » « Allez ! » Je me suis déshabillée… Le bas… Uniquement le bas… Mais tout le bas… Je me suis installée dans le fauteuil, près de la fenêtre, une jambe passée, de chaque côté, par-dessus les accoudoirs… Et on a attendu… Pas bien longtemps… La porte de la salle de bains a glissé… Il s’est figé, stupéfait, les yeux écarquillés… « Ben, reste pas planté là ! Va la voir de près sa petite chatte… Depuis le temps que t’en rêves… » Il ne se l’est pas fait répéter deux fois… Il s’est précipité… Agenouillé… « Merci ! Oh, merci… Merci… » Elle a aussitôt précisé… « Mais pas touche, hein ! Sinon ça s’arrête tout de suite… » Il n’a pas touché… Il a regardé… Contemplé… De tout son être… Il s’est gorgé de moi… Longuement… « Tu mouilles… Elle mouille… » Et il a levé vers sa femme un regard suppliant… « Ah, non ! Non ! Ça, il en est pas question… C’est avec moi ça… Et rien qu’avec moi… » Ça a été avec elle… Mais sans me quitter des yeux… Quatre ou cinq coups de boutoir… Très vite… Il a rugi… C’était fini…

La chambre de l’ex-226 était vide… Le lit pas défait… Il a brusquement surgi derrière moi… «J’ai dormi à côté… » « Oui, ben ça, j’me doute… Et alors ? C’est un bon coup cette voisine ? » « Plutôt, oui… Avec moi, au moins, elle jouit… » « Vous êtes bien un mec… » « Pourquoi vous dites ça ? » « Non… Comme ça… Pour rien… » « Et vous savez quoi ? C’est depuis le début qu’elle me lorgnait, comme ça, du coin de l’œil… Qu’elle crevait d’envie qu’il y ait quelque chose tous les deux… C’est pour ça qu’elle l’a laissé repartir tout seul au boulot le mari… Qu’elle a voulu rester quelques jours de plus… En se disant que peut-être… « Et du coup, c’est à vous qu’elle pensait, si ça tombe, la nuit, en se branlant… « Ça, c’est pas impossible du tout… En attendant, vous savez ce que je me dis ? C’est que si elle, elle a flashé comme ça sur moi sans que je m’en rende compte, il y en a peut-être d’autres… Que j’aurais tout intérêt à regarder plus attentivement autour de moi… » « Et à qui vous pensez ? » « Vous vous doutez bien un peu, non ? » « Oui, ben alors ça… Même pas en rêve… »

« Jamais t’aurais dû me la montrer la queue de ton copain, là, hier… Parce que j’en ai pas dormi de la nuit, moi ! » « Tu t’en fous… T’es en vacances… » « D’autant que les deux autres à côté, ils en étaient de la comédie… Et pas qu’un peu… Alors moi, j’imaginais des tas de trucs… Que t’avais réussi à les leur mouler leurs bites… Je les prenais avec… Je les leur faisais sucer… Tout ça… Ils aimaient… Ils adoraient même… T’es sûre que tu pourrais pas ? » « Je vois pas comment… » « Tu devrais y arriver pour Rémi, t’as dit… Alors pourquoi pas eux ? » « Parce que eux il y a qu’un mec qui pourrait les convaincre de faire un truc pareil… Ça me donne une idée, tiens, d’ailleurs… » « Laquelle ? » « Je te dirai… Mais d’abord faut que je creuse… Que je réfléchisse… »

Comment elle était fière d’elle l’Alexandra de la 109… « Vous avez vu ça hier ? Les deux randonneurs qu’ont débarqué… Franco j’y suis allée… Il y a seulement huit jours jamais j’aurais osé… Mais là je me suis dit… “Faut que t’y ailles, ma fille ! Faut que tu y ailles… Toute seule… Comme une grande… C’est maintenant ou jamais…” J’en menais pas large, mais bon… Je l’ai fait… Résultat : près de deux heures on a discuté tous les trois… Et je pars en rando tout-à-l’heure avec eux… Et ça va le faire… C’est obligé de le faire… Remontée comme je suis…

La 401… « Oui… Entrez ! » Une nana… Une nana qui chevauchait son mec… À découvert… Et de bon cœur… « Il y a quelqu’un, Vanessa… » « Je le sais bien qu’il y a quelqu’un… Et alors ? C’est sûrement pas la première fois qu’elle voit des culs… Ni un couple en train de niquer… » Et elle s’est acharnée de plus belle… « Elle est toujours là… » « Ben, faut croire que ça lui plaît… » Une dizaine de coups de rein emportés… Elle a gémi… Elle a joui d’une voix sourde… Haletante… S’est retournée… Est retombée… « Putain ! Mais tu peux pas la boucler quand on baise ? C’est à chaque fois pareil… Une fois pour une chose… Une fois pour une autre… C’est d’un pénible, ça ! » « Ben, oui, mais… » « Mais quoi ? Elle en a pas perdu la vue… Faut toujours que tu fasses un plat de tout… » Elle m’a souri… « Qu’est-ce vous nous apportez de bon à manger ? J’ai une de ces dalles, moi, maintenant ! »

Christa a voulu la revoir… « Ça te gêne pas ? » « Bien sûr que non… » Elle l’a soupesée…  Cajolée… A fait mine de la porter à la bouche… « Si en plus elle crachait, ce serait vraiment le top du top… Mais bon… Faut pas trop en demander… » « Tu sais que je l’ai eu au téléphone ? » « Qui ça ? Ton copain ? Ah, oui ? Tu lui as dit ? Et alors ? » « Et alors c’est la première chose qu’il m’ait demandée… “Elle s’en est servie ?” Mais ça, j’étais sûre qu’il me la poserait la question… » « Et t’as répondu quoi ? » « Que non… Mais que t’en crevais d’envie… » « T’es chiée quand même ! » « C’est pas vrai peut-être ? » « Ben si ! Oui… Mais t’étais pas obligée de lui dire… » « Ça l’a fait délirer comme un fou… Il s’est mis à imaginer des tas de trucs… Qu’on le faisait toutes les deux… Côte à côte… En même temps… Avec chacune un moulage de sa queue… » « Ben, oui… Mais c’est pas possible, ça… Il en faudrait deux… » « Mais j’en ai deux ! » « De lui ? De la sienne ? Qu’est-ce tu fais avec deux ? » « Faut pas que je te fasse un dessin quand même ? » « Ah, ben d’accord ! T’es pire que moi dans un sens… » « Tu vois qu’on pourrait si on voulait… » « Oh, c’est pas moi que ça dérangerait… Je le ferais pas avec n’importe qui, mais avec toi, non, ça me dérangerait pas… Et même… » « Et même ? » « J’aimerais bien, je crois… Beaucoup… »

« Hou la la ! Eh, ben dis donc ! » « Oui, hein ! » « En même temps on a joui en plus… » « La première fois… Parce qu’après dans tous les sens c’est parti… Et puis alors ! J’ai rarement pris un pied comme ça, moi… » « J’ai vu… » « Oui… Oh, ben t’étais pas mal non plus dans ton genre… » « Tu pensais à quelque chose ? Tu pensais à quoi ? » « À rien… Je me laissais porter… Emporter…C’était la queue de ton copain… C’était lui… Ça t’excitait que je couche avec… Je le voyais bien… Ça m’excitait que ça t’excite… Et toi, du coup encore plus… Comme ça à l’infini… Tu vas lui raconter ? » « Un peu que je vais lui raconter ! » « Tu me diras ? » « Évidemment ! » « Ce qui va nous redonner envie… On recommencera, hein ! C’était trop bien… » « On recommencera… » « Mais alors… Si ça t’ennuie pas… C’était bien côte à côte, oui… Mais ce serait encore mieux face à face… Non ? Tu crois pas ? »

Si je voulais qu’il s’occupe de moi… Il demandait pas mieux Armand… Oui, mais non… Non… Une autre fois… Parce qu’après une journée comme celle que je venais de passer… Fallait quand  même souffler un peu de temps en temps… Mais s’il voulait dormir avec moi par contre… Il ne se l’est pas fait dire deux fois… Il est venu se blottir contre moi…

Je me suis réveillée en sursaut… Quelque chose de chaud me coulait dans le cou… Des larmes… Ses larmes… « Vous pleurez ? » « Non… Non… C’est rien… » « Mais si ! Vous pleurez… Qu’est-ce qu’il y a ? C’est quoi ce gros chagrin ? » « Non… C’est que… À la mi-juillet on est déjà… Et je me disais… Vous allez repartir… » « Hein ? Oh, mais fin août… C’est loin… Vous allez pas vous prendre la tête comme ça un mois et demi à l’avance… » « Je vous verrai plus… Plus jamais… Ce sera fini… » « Ça, vous en savez rien du tout… Personne sait de quoi c’est fait l’avenir… Peut-être que l’année prochaine je reviendrai travailler ici… » « C’est vrai ? » « Si c’est possible, oui, il y a toutes les chances… » « Je ferai tout pour que ça le soit… Ça le sera… » « Et puis même… Je passerai dans l’intervalle de temps en temps… Je viendrai vous faire un petit coucou… » « Promis ? » « Promis… » « Je suis heureux… Très… » Et il s’est rendormi contre moi…

lundi 14 septembre 2015

Manon (37)

Dimanche 15 juillet 2012

« Vous êtes redoutable, vous ! À vous distiller à petites doses comme ça depuis trois jours… Un petit bout de cuisse le matin… Le bas des fesses le soir… La toison le lendemain… Vous me le rendez fou mon Rémi… Il ne pense plus qu’à ça… Il ne vit plus que pour ça… Il ne parle plus que de ça… Vous l’auriez entendu hier soir ! Surexcité il m’est revenu… “Ça y est ! Ça y est ! Enfin ! Je l’ai vu son fendu… Tout-à-l’heure… Entraperçu plutôt… Parce qu’à toute vitesse elle a fait ça… Sans me laisser le temps… Elle recommencera, tu crois ? Elle t’a pas dit ? Oh, si ! Elle va recommencer, hein ! Tu me promets !” Comme si ça dépendait de moi ! » « Un peu quand même ! » « Oh, mais allez-y ! Tant que vous voudrez… Allez-y ! C’est pas moi qui vais vous reprocher quoi que ce soit… J’y trouve largement mon compte… Vu l’état dans lequel ça me le met… » « On va encore faire monter la pression alors ! Toute la journée… Jusqu’à ce soir… Et puis demain matin on lui fera un cadeau royal… Tout il verra… Et tout le temps qu’il voudra… Mais lui dites pas ! Qu’il ait la surprise… »

Ils ont précipitamment ramené le drap sur eux… Avec un petit air coupable… « Bonjour, Messieurs… » Il y en a un qui a vaguement bredouillé quelque chose… L’autre n’a même pas attendu que j’aie refermé complètement la porte… « Et tu remets ça ! » « Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? » « Tu crois que j’ai pas vu comment tu lui matais le cul à celle-là ? » « Non, mais ça va pas ! T’es pas bien… » « C’est ça, prends-moi bien pour un imbécile… T’arrêtes pas… Dès qu’il y a une meuf qui passe, faut que tu la reluques comme un meurt-de-faim… Déjà l’autre petite dinde avec ses airs de Sainte-Nitouche… Et maintenant celle-là… »

À côté, Christa riait tout ce qu’elle savait… « C’est moi la dinde… Oh, mais il va me payer ça… Je vais le lui soulever son mec… Ça, il y a pas photo… Bon, mais tu sais ce qui va se passer maintenant ? Dommage que t’aies pas le temps, toi… Il faut que tu continues avec tes petits déjeuners… Oh, mais je te raconterai… Non, parce qu’un bon moment ça va s’engueuler… Au moins un quart d’heure… Des fois c’est plus… Et puis après ça va se réconcilier sur l’oreiller… Et là chaud de chez chaud ça va être… »

L’ex-226 avait, une fois de plus, l’œil rivé au trou qu’il avait ménagé dans le mur… « Elle doit s’en donner à cœur joie, elle, maintenant que son mari est parti, non ? » « Ben non, justement… Non… Elle se balade toujours à poil, ça, oui… Mais pour le reste, c’est le calme plat… » « Parce qu’il y a plus le mari… C’est ça qui l’excitait… » « Ah, ça, c’est sûr… » « Ben, vous avez plus qu’à attendre qu’il revienne… » « Sauf qu’il reviendra pas… » « Comment vous savez ça, vous ? » « Parce que j’ai passé l’après-midi d’hier à la piscine avec elle… » « Je vois… Monsieur place ses billes… » « Vous croyez pas si bien dire… Je veux pas vendre la peau de l’ourse avant de l’avoir tuée, mais à mon avis ça devrait le faire… Aujourd’hui… Demain au plus tard… Elle sera dans mon lit… Ou moi dans le sien… » « Et elle se caressera pendant que vous dormirez… » « J’y ai pensé… C’est pas impossible… » « C’est même plus que probable… » « Oh, mais je serai aux aguets… Elle m’aura pas comme ça… »

La 109 avait un message pour moi… « Elle m’a dit de vous dire que vous l’attendiez pas votre copine Angèle… Elle repassera pas ici… Elle vous téléphonera dans les tout prochains jours… » « Elle est partie avec un mec, j’parie… » « Non… Deux… En Autriche ils sont… En tout cas elle a un de ces culots… » « Ah, ça ! À qui le dites-vous ! » « C’est carrément qu’elle leur propose aux mecs… Et dans des termes… J’oserais jamais, moi ! Ce qui ne manquait pas de la surprendre… “Ben, pourquoi ? Qu’est-ce tu risques ? Au pire de te prendre un rateau… Parce que tu lui plais pas au mec… Ou parce qu’il est encore au Moyen-Âge… Qu’une femme qu’a envie de sexe et qui l’assume, ça le perturbe… C’est son problème… C’est pas le tien…” Elle a raison… Évidemment qu’elle a raison… Mais moi, je peux pas… C’est plus fort que moi… Leur laisser voir passivement aux types qu’ils me plaisent… Que je suis dispo… Ça, oui… Il y a pas de problème… Ça marche ou ça marche pas… Ça marche rarement d’ailleurs… Mais au-delà… Foncer, bille en tête, j’en suis complètement incapable… Et ça me pénalise… Parce que là, je peux vous dire que je l’ai vue la différence… Ah, on en a eu du matériau… Pour reprendre son expression à Angèle… Ils demandaient pas mieux que de nous rendre service tous ces petits troufions… D’autant qu’avec le 14 juillet ils les avaient un peu lâchés dans la nature… Alors, pour donner, ça a donné… On a pas débandé de trois jours, oui… Trois, quatre, à la file je m’en suis payé des fois… Et même… En même temps… J’ai essayé de compter, là, en revenant, combien j’en ai eu au juste… Ben, j’ai pas réussi… C’est entre dix et quinze, ça, je suis sûre… Mais exactement… J’en sais rien… Surtout qu’il y en a avec qui j’ai remis le couvert le lendemain… Ou le surlendemain… En tout cas comment ça m’a fait du bien ! Juste s’éclater, comme ça, sans penser à rien d’autre… Avec des types jeunes et vigoureux qui pensent à rien d’autre non plus… Qu’à jouir et à faire jouir… Non… La difficulté maintenant, ça va être d’atterrir… De réhabiter le quotidien… À moins que… » « Vous y repartiez… » « Voilà, oui… J’y pense… Mais ça me fait peur… J’ai peur de m’apercevoir que toute seule, sans Angèle… »

« Bingo ! » Exactement comme elle l’avait prévu Christa ça s’était passé… « Ils se sont pris un bon moment la tête… Ils se sont fait la gueule… Et puis finalement… Ça s’est bécoté… Ça s’est caressé… Ça s’est câliné… Ils ont été l’un dans l’autre… À tour de rôle… » « T’as dû apprécier… » « Tu parles si j’ai apprécié ! J’avais mis en gode en batterie… Celui qui fait plusieurs trucs à la fois… Et hardi petit… En me disant que c’était moi à la place de celui aux yeux bleus… Et justement à ce propos… Je voulais te demander… C’est vraiment vrai ce que tu m’as dit hier ? Pour les moulages… C’est pas des conneries ? » « Techniquement, c’est hyper simple… Je l’ai assez vue faire ma copine Cynthia… Non… La difficulté… Tu te vois aller leur dire à ces deux types… “Excusez-nous, mais on voudrait vous mouler la queue…” Je pense qu’on se ferait recevoir quelque chose de bien… » « Ça, c’est sûr… Surtout par l’autre, là… Celui qu’est jaloux comme une teigne… Non, mais ça je sais bien… Eux, c’est même pas envisageable… C’est au Rémi de la 404 que je pensais… Parce que lui, hier, t’avais l’air de dire que peut-être… » « Je fais ce qu’il faut pour… Et je crois que c’est en bonne voie, oui… » « Génial ! Je vais me le prendre dans le collimateur alors lui en attendant… Vivre plein de trucs avec… En y pensant… Mais ça sera ressemblant au moins le résultat ? » « Copie conforme… Dans les moindres détails… Mais le mieux… Tu veux voir ce que ça donne ? Viens, je vais te montrer… »

« Je savais pas que t’avais une chambre ici, moi… Dans l’hôtel… » « J’y dors jamais… Tout au plus si j’y monte un peu, quelquefois, dans la journée… M’y reposer cinq minutes… » « T’y reposer ou bien autre chose ? Parce que comment ça doit être tentant d’avoir ça sous la main… Elles sont où ? Là ? Wouah ! On en dirait une vraie… Exactement pareil… Elle est à qui ? » « Barnabé… Un copain… » Elle a avancé la main… « Je peux ? » « Ben, évidemment  ! » Elle l’a lissée… Enrobée… Caressée tout en haut du bout du pouce… « Même au toucher ça ressemble… Tout doux… Et en même temps… C’est trop, ça ! » Elle l’a reposée… « Il le saura ton copain que tu me l’as montrée ? » « J’ai aucune espèce de raison de lui cacher… » « Qu’est-ce qu’il va dire ? » « Il va me demander si je te l’ai prêtée… Si tu t’es amusée avec… » « Oh, tu crois ? » « Je suis prête à parier tout ce que tu veux… »

Il y avait quelque chose qui lui ferait plaisir à Armand ? Mais alors là vraiment plaisir ? « Parce que c’est toujours vous qui pensez à moi… Qui me faites des cadeaux… Un peu à mon tour… » Il y avait, oui… « Si je pouvais dormir avec vous… Tout contre vous… Au moins une fois… » « Venez ! »

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