Cher ami,


Je l’ai fait. Je n’avais pas d’autre solution. J’ai appelé mon père. On a déjeuné ensemble tous les deux. Je lui ai dépeint ma situation et je lui ai demandé de m’aider. Le temps que je me remette à flot. Que je me rétablisse. Il a refusé sous prétexte que ce serait me rendre le pire des services. Et j’en ai pris plein la tête. J’y allais fort quand même ! Je manquais pas de culot ! Après ce que j’avais fait ! Oser venir lui demander de l’argent - Non, mais est-ce que tu te rends seulement compte du mal que tu fais à ta mère ? Seulement ça, ça t’est bien égal Il n’y a que ta petite personne qui compte. Ton petit confort. Tes petits plaisirs. Tu ne seras jamais adulte. Il y a longtemps qu’on s’est fait une raison. Si on n’est pas derrière toi. La preuve : il n’y a que quatre mois que tu es partie et tu as déjà trouvé le moyen de te mettre dans une situation impossible. Il serait peut-être temps que tu commences à te poser des questions, non ? Que tu tires les conclusions qui s’imposent. Tu veux t’en sortir ? Eh bien tu as une solution toute trouvée. Tu as toujours ton appartement là-bas dans l’état - pitoyable - où tu l’as laissé. Tu peux le réintégrer quand tu veux. Mais tu présenteras d’abord tes excuses à ta mère qui te posera ses conditions. Il est hors de question qu’on te laisse faire - une fois de plus - n’importe quoi. Je ne retournerai pas là-bas. Plutôt crever.


Je vous embrasse…


E L O D I E