11 Juillet

Ma chère Alicia,

C’est la voix implorante de Madame Ducray qui avait attiré mon attention… - Ca va faire jaser, Aurore… On est à la campagne… - Mais c’est pas vrai !… Ce qu’ils peuvent être arriérés ici… Un coup d’œil par la fenêtre de la chambre de ma résidence de vacances qui surplombe leur terrasse et j’y découvre, avec ravissement, une délicieuse jeune fille d’une vingtaine d’années qui se livre, en sous-vêtements blancs, à une voluptueuse séance de bronzette… - C’est pas prudent… On peut te voir… - Et alors ?… Ceux que ça dérange ils ont qu’à pas regarder… Personne les oblige… Et elle s’est retournée sur le ventre… J’ai passé une après-midi de rêve…

Le lendemain il faisait un temps magnifique et, dès la fin de la matinée, elle avait repris possession de la terrasse… Soutien-gorge et culotte lie-de-vin cette fois… Qui épousaient au plus près ses formes… Recto verso… Verso recto… De longues heures durant… Le surlendemain ils étaient vert amande… Progressivement approchés, consciencieusement explorés, systématiquement fouillés, à jumelles amoureusement avides…

Mes rapports de voisinage avec les Ducray avaient toujours été excellents… J’avais maintenant une raison supplémentaire de passer leur faire au plus tôt une petite visite… - Vous connaissez pas notre nièce… C’est notre voisin, Aurore… Juste à côté… Elle m’a souri, tendu la main… - Elle est en Vacances… Elle vient de Paris… Ils voient pas toujours les choses comme nous là-haut… C’est le moins qu’on puisse dire… Mais vous savez ce que c’est… Vous aussi, vous venez de là-bas… - Vous êtes de Paris même ?… - Oh, mais vous pouvez la tutoyer, hein !… - Non… Du Val de Marne… Mais je fais mes études à la Sorbonne… - On a peut-être eu l’occasion de se croiser alors… J’habite rue Saint-Jacques… - Peut-être… Je suis rentré la tête en feu…

La chance me souriait… Les journées se succédaient radieuses et, chaque matin, elle était au rendez-vous… Je l’attendais, le cœur battant, je la regardais s’installer et je me gorgeais d’elle… Je n’étais jamais rassasié… A midi elle disparaissait une petite heure… Je ne quittais pas ma fenêtre de peur de manquer son retour… Chaque minute, chaque seconde comptait… On avait toute l’après-midi à nous… Et puis l’ombre envahissait la terrasse… Elle se levait, renfilait sa robe, tirait la chaise longue à l’abri de l’auvent… C’était fini… Jusqu’au lendemain c’était fini…

Le 14 Juillet l’orage a éclaté au petit matin… J’enrageais… Je ne la verrais pas… Je l’ai vue : elle est venue sonner sur le coup de midi… Je n’aurais pas un dictionnaire à lui prêter ?… Un dictionnaire ?… Si, si… Bien sûr… J’avais… - Et ça se passe bien ces Vacances ?… - Oh, ça pourrait être pire… Je ne fais rien… Strictement rien… Je bouquine… Je rêvasse… Je somnole… - Et tu bronzes… - Et je bronze, oui… Qu’est-ce que j’ai pu entendre là-dessus au début!… Ils avaient peur que ça vous choque… - Ca me choque pas, non !… Ce qui me choque c’est que tu vas avoir des marques en rentrant… Et c’est pas vraiment esthétique… Elle s’est enfuie, le dictionnaire sous le bras, avec un petit signe de la main…

Elle ne l’a pas fait tout de suite… Elle a laissé passer quelques jours et puis, un matin, elle a retiré son soutien-gorge, les seins triomphants dans le soleil… J’étais chaviré de bonheur… Le lendemain aussi… Et tous les jours suivants…

Ca a eu lieu la veille de son départ… Elle venait de déposer son soutien-gorge, avec sa robe, sur l’appui de la petite fenêtre du cellier et… et elle a aussi retiré sa culotte… Tranquillement… Posément… Elle est restée debout, nue, quelques précieux instants avant de s’allonger et de s’abandonner à moi pour toute une improbable journée… La dernière…

C’était il y a… trois ans… Et c’est toujours là… Présent… Vivant… Fabuleux… Vous êtes notre supplice à nous, les vieux, vous, les jeunes femmes… Notre délicieux supplice… Plus les années passent et plus vous nous apparaissez belles, fraîches, désirables, émouvantes… Mais… mais le seul bonheur que nous puissions désormais espérer - il faut bien finir par se rendre à l’évidence - , c’est celui de vous contempler encore et encore, de nous délecter de vos charmes, de vos formes, de vos corps… Nous y consacrons tout notre temps et toute notre énergie… Nous saisissons toutes les occasions qui se présentent pour vous butiner, vous grappiller et vous enfouir amoureusement au plus profond de nos cachettes secrètes…

Rares sont celles qui, comme vous et comme Aurore, nous consentent un peu d’attention… En général on ne nous voit pas… On ne nous voit plus… Nous n’existons pas… Ce que nous ressentons, ce que nous éprouvons, ne présente pas, pour celles que nous admirons avec tant de ferveur, le moindre intérêt… Il leur en coûterait si peu pourtant de nous en laisser voir plus… mieux… davantage… Tout… Nous leur en aurions tellement de gratitude… Nous leur en avons tellement de gratitude quand cela, d’aventure, se produit…

Je vais attendre et espérer votre photo avec une immense impatience…

Je vous embrasse, Alicia…

A très bientôt…

ALAIN



17 Juillet

Cher vieux pépé,

A travers vous, grâce à vos mots, je peux approcher de très près ce qu’éprouvent mes pépés à moi, ce que JE leur fais ressentir… Ca me les rend un peu plus attendrissants encore… Et ça me donne envie de leur en donner toujours davantage… D’être pour eux ce qu’Aurore a été pour vous… Avec plus d’intensité encore… Si c’est possible…

C’est Patrick qui en a profité le premier… Hier… Il raffole de mes seins : j’ai choisi celui de mes tee shirt qui les moule au plus près… Blanc… Léger… Et… je n’ai rien mis dessous… Oh, son regard quand j’ai franchi sa porte !… On a échangé des bonjours - sa glotte tressautait comme un cabri - quelques banalités sur le beau temps qui avait l’air de vouloir durer et je me suis penchée sur ma mallette, face à lui, pour préparer mes affaires, sans lui prêter - du moins en apparence - la moindre attention… Comment il les a dévorés mes seins !… engloutis !… Un vrai meurt-de-faim…

J’ai fait durer aussi longtemps que j’ai pu et je me suis approchée… - Comme d’habitude ?… Il a acquiescé d’un signe de tête… Je la lui ai fait pencher… J’ai tourné autour de lui, tondu, coupé et, sans même avoir l’air de m’en rendre compte, je l’ai légèrement effleuré de la pointe du sein… Il a fermé les yeux… Dégluti… Passé la main sur son front…

Encore… Délibérément appuyée contre lui cette fois… Naturellement… Mine de rien… Dans le mouvement… - Ca va pas ?… - Si, si !… - On dirait pas… Vous êtes tout blanc… Faudrait pas que ce soit le cœur… Avec cette chaleur… D’autorité je me suis emparée de son poignet… - Comment il bat vite… C’est de la folie !… Tenez, regardez par rapport au mien… J’ai posé sa main sur ma poitrine… L’y ai laissée… Maintenue… - Vous sentez ?… C’est autre chose, hein !?… Il transpirait à grosses gouttes… - Vous voulez pas que je vous appelle un médecin ?… Non… Non… Pas la peine… Ca allait passer…

Et vous ?… Je ne vous oublie pas, vous savez !… Qu’est-ce que je vais faire pour vous aujourd’hui ?… Encore une photo ?… Vous voulez ?… Oui… Bien sûr vous voulez… Allez, une photo… Que vous attendrez encore quelque jours… Une photo toute nue cette fois… Ben, faites pas cette tête-là… Mais de dos… Seulement de dos… Et qui s’arrête juste là où les fesses vont commencer… Amusez-vous bien…

Je vous embrasse…

ALICIA