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Par francois-fabien le mardi 8 décembre 2009, 07:52 - Histoires du futur - Lien permanent
Samedi 22 Avril 2034
Iliona est malade. Au téléphone sa mère était en larmes… - Venez, s’il vous plaît… Je vous en supplie, venez !… On sait pas ce qu’elle a… Le médecin pense que c’est le virus… Zanella a catégoriquement refusé… - Oui, ben moi, pas question !… Si c’est ça je tiens pas à l’attraper… - Mais ça s’attrape pas comme ça !… - Personne n’en sait rien… Et j’ai pas l’intention de prendre le moindre risque… J’y suis allée toute seule et je suis restée pétrifiée à l’entrée de sa chambre. Elle est méconnaissable. D’une pâleur effrayante. D’une maigreur terrifiante. Je me suis penchée pour l’embrasser. Elle était brûlante de fièvre… - Je suis foutue… - Mais non, faut pas dire ça… Tu vas guérir, tu verras… Elle m’a souri… - C’est gentil d’être venue… Elle a fait des efforts pour me parler, pour m’écouter et s’est tout doucement endormie. Je suis sortie sans bruit. Derrière la porte sa mère m’est tombée dans les bras en sanglotant … - Ma fille !… Ma petite fille !… Je veux pas qu’elle parte !… Je veux pas qu’on me l’enlève… - Vous êtes certaine que c’est le virus ?… - Il faut attendre les résultats de l’hémoculture, mais le docteur Thibaud est très pessimiste… - Pourtant il n’y a jamais eu le moindre cas chez les femmes !… - Jusqu’à maintenant…
On ne parle plus que de ça toutes les quatre. Et plus on en parle plus la situation nous apparaît sous les couleurs les plus sombres. Catastrophique. En deux heures on a vidé trois bombes d’insecticide. On se voit déjà toutes malades. Mortes. Monelle nous a remis à chacune une lettre qui contient ses dernières volontés. Zanella va prendre sa température toutes les dix minutes. Valentine s’efforce de se montrer rassurante, mais on sent bien que c’est pour nous rassurer, nous, et qu’au fond d’elle-même elle est tout aussi inquiète.
- Oh, mais c’est super, les filles !… On va bientôt être réunis alors !… Je vous attends… Dès demain matin je vous inscris… Je vous réserve les plus belles chambres… Ah, ces bons moments qu’on va passer ensemble !… On a coupé. On n’avait pas vraiment le cœur à rire.
Lundi 24 Avril 2034
Ce soir le verdict. Je suis morte de trouille. J’ai passé la journée d’hier terrée dans ma chambre. Dans l’état lamentable où j’étais pas question d’aller quêter du réconfort auprès de Xadine et de sa sœur. Ce n’est pas l’envie qui m’en manquait, ce n’est pas qu’elles me l’auraient refusé, mais si je ne leur rends visite que quand je suis au trente-sixième dessous elles vont finir par se lasser et par me considérer comme le boulet de service qu’on redoute de voir débarquer. La copine de Monelle est venue la voir. Je les ai entendues pleurer. A chaudes larmes. Toutes les deux.
18 heures
ELLE N’A RIEN !… Enfin si !… Des streptocoques. Mais c’est pas LE Virus…
Mardi 25 Avril 2034
On a fait une fête à tout casser. Toute la nuit. Toutes ensemble. Les deux copines aussi. Ce matin j’ai la gueule de bois. L’appartement est dans un désordre indescriptible. Faudra bien deux jours pour nettoyer et tout remettre en ordre. Mais d’abord DORMIR. Je suis soulagée. Tellement soulagée. Heureuse.
Commentaires
Un auteur sardonique qui fait monter le suspense.
Sardonique, moi?!?... Meuh non!... C'est juste une illusion...
Oui, cette histoire est très bien . Il y a du suspens de temps en temps. Mais elle s'était arrêtée trop tôt alors que la réelle transformation de Roxanne était en cours. C'était bien dommage. J'espère que cette fois-ci, cela ira plus loin. Je me suis interdit d'aller la relire sur le blog précédent. Et si je me rappelle très bien les grandes lignes, c'est très agréable de redécouvrir les détails. Et de toute façon, lire des textes de François est un réel plaisir.
Philippe
Bonjour à toi,
Merci à toi d'apprécier cette longue histoire et d'en attendre, cette fois-ci, la conclusion. Qui devrait- normalement - finir par arriver. J'avais besoin de prendre de la distance par rapport à ces personnages: j'avais trop le nez dessus... Il y a, pour moi, un signe qui ne trompe pas: quand j'écris un texte plus vite que je ne fais les mises en ligne tout va bien... Mais quand les mises en ligne rattrapent le texte il y a quelque chose qui ne va pas... Et danger de perdre l'essentiel: le plaisir d'écrire...
A bientôt
Amicalement
François