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Par francois-fabien le vendredi 8 janvier 2010, 06:34 - Histoires du futur - Lien permanent
Vendredi 26 Mai 2034
Valentine a fait la moue…
- Il n’en sait rien du tout ton Christopher en fait… Dans le contexte actuel on
entend tout et le contraire de tout… N’importe qui affirme n’importe quoi… Et
on peut trouver de quoi justifier scientifiquement les a priori les plus
contradictoires… Qu’il faille prendre la situation au sérieux c’est évident,
mais de là à en dresser un tableau apocalyptique… Tu auras toujours des
optimistes béats et des pessimistes radicaux… Ce sont rarement eux qui trouvent
des solutions. Parce qu’ils n’ont pas du tout envie qu’il y en ait…
- Ce que je voudrais pas, surtout, dans l’immédiat, c’est qu’il fasse une
grosse connerie Christopher… Qu’il se tire du centre et qu’il aille se ramasser
cette saloperie de virus…
- Il ne le fera pas… Il y pense… Il en rêve… Ce qu’on peut comprendre : ça
fait des mois qu’ils sont enfermés là-dedans… Sa fuite il passe son temps à la
construire… A l’argumenter… A s’en donner quotidiennement la représentation… Tu
lui as servi de public hier soir… Tu as donné à son départ un semblant de
réalité… C’est suffisant… Il ne partira pas : il sait trop bien ce qu’il
risque… Il restera bien sagement là où il est. A l’abri. Loin d’un monde
extérieur qu’il est de moins en moins en état d’affronter au fur et à mesure
que le temps passe… Il ne court aucun danger…
- Tu crois ?…
- Je crois pas… Je suis sûre…
Samedi 27 Mai 2034
On a pris la route à cinq heures…
- Et si ça tombe elle va pas venir…
- Bien sûr que si !… Elle t’a dit quoi au téléphone ?…
- Ben ça… Qu’elle me rejoindrait sur la plage… Et qu’après on aviserait…
- C’est tout ?…
- Oui… Elle avait l’air surprise… Comme si je lui étais sortie de l’idée… C’est
pour ça… Si ça tombe elle avait prévu autre chose… Elle viendra pas… Elle en a
rien à foutre de moi…
- Oui… Alors ça !… Il y a pas de risque… Quand on voit comment elle te
dévorait des yeux… Non… Elle s’attendait pas à ton coup de fil… Surtout aussi
tôt… Elle est tombée des nues… Elle doit se maudire maintenant de n’avoir pas
mieux réagi… Et être sur son petit nuage…
- Eh !… Tu vas où ?… C’est là
l’hôtel…
- J’ai réservé ailleurs…
C’était un truc grand luxe en front de mer…
- T’es complètement folle… Ca doit coûter une fortune un machin pareil…
- T’occupe !… C’est mes oignons…
- Et ce balcon !… On est pratiquement sur la plage…
- Comme ça je pourrai surveiller ce qui s’y passe… A condition bien sûr que
vous ne vous éloigniez pas trop toutes les deux… Bon, mais viens !… Je
vais te montrer ta chambre…
- Ma chambre ?… Comment ça ma chambre ?…
- Tu auras très certainement envie de la ramener… Vous aurez besoin d’un peu
d’intimité toutes les deux… Et moi je suis supposé ne pas exister… Mais j’aurai
le balcon pour être un peu avec vous…
- Tu es machiavélique… Epouvantablement machiavélique…
- Ca te choque tout ça ?…
- Non… Je t’adore…
Et on a roulé toutes les deux fougueusement sur le lit…
A peine le temps de m’installer – juste sous les
fenêtres de l’hôtel – et elle a surgi de nulle part…
- Salut !… T’es arrivée drôlement de bonne heure, dis donc !… Mais
t’as raison… C’est le matin qu’on en profite le mieux… Quand il y a pas trop de
monde… Elle est toujours pas avec toi ta copine ?… Non ?… C’est tous
les week-end qu’elle travaille alors ?!… Et tu t’ennuies pas trop toute
seule ?… Oh mais ici, t’auras pas le temps, tu verras… Je t’emménerai dans
tout un tas d’endroits… Je te ferai rencontrer des filles… Et des pas tristes…
Si tu veux, bien sûr…
- C’est gentil, mais du monde, tu sais, j’en vois en pagaille toute la semaine…
Alors je préfèrerais rester au calme, là, sur la plage… Toute seule… Ou à
discuter tranquillement avec toi…
- Oui, ben franchement, moi aussi…
Et on a parlé. De tout. De rien. D’elle. De moi.
Elle travaillait dans un cabinet d’architecte. Ca lui plaisait. Sans plus. Elle
en avait une, elle aussi, de copine, oui, mais bon... Ca durerait ce que ça
durerait. Et moi ?… C’était sérieux avec la mienne ?… J’ai éludé…
Elle n’a pas insisté…
- Oui… Tu veux pas en parler… C’est pas facile… Pour personne…
- Ca commence à cogner sérieux…
- Pas mal, oui…
- J’ai de la crème… Tu veux que je t’en passe ?… Elle n’a pas attendu la
réponse. Elle s’est agenouillée et a doucement massé les épaules, les
omoplates, le dos, à petites touches fermes et légères à la fois…
- Tu sais y faire…
- C’est surtout que j’aime bien … Les reins… Le creux des reins… Sous
l’élastique du maillot le haut des fesses… Les fesses… Je me suis abandonnée…
Voluptueux bien-être… Elle est descendue entre elles, s’est aventurée plus bas,
plus loin…
- Non… S’il te plaît… Non… Il y a
du monde autour…
- On va quelque part alors…
- C’est là-haut que je suis à l’hôtel… Juste au-dessus…
Elle s’est redressée, appuyée sur un coude…
- J’étais sûre que je t’aurais… Sûre… Dès que je t’ai vue je me le suis
dit : « Celle-là, elle est pour moi… Il me la faut… Sous ses
airs de Sainte-Nitouche… »… Ca n’a pas été bien difficile finalement… Beaucoup
moins que je croyais… Elle te contente pas ta copine ?…
- Oh si, si !… Bien même… Pourquoi tu demandes ça ?…
- Non… Je sais pas… Comme ça… Vu comment t’as joui… On dirait que t’es sevrée
depuis des semaines… J’ai souri…
- Tu t’y prends si bien… Je pouvais quand même pas lui dire que savoir
Valentine là, tout près, à côté, à nous épier ça me mettait dans tous mes
états…