2034 ( 49 )
Par francois-fabien le mardi 6 avril 2010, 05:15 - Histoires du futur - Lien permanent
Mercredi 23 Août 2034
Quelqu’un a frappé à la porte de ma chambre, est entré. C’était Zaza. Zaza avec
un plateau de petit déjeuner qu’elle a posé à côté de moi sur le lit…
- Mais qu’est-ce que tu fais là, toi ?… D’où tu sors ?…
- Je serai toujours là quand vous aurez besoin de moi… Elle m’a émue. Pour la
première fois elle m’a vraiment émue. Profondément. C’est la seule qui me soit
vraiment attachée. Dévouée. Elle ne vit que par moi. Pour moi. Prête à tout
m’offrir. Tout me donner. Sans jamais rien exiger en échange. Sans jamais rien
implorer. J’ai repoussé le plateau. Je l’ai attirée entre mes cuisses, ai posé
mes mains sur sa nuque. J’en avais trop besoin. Trop envie. Pour évacuer la
tension des jours précédents. Pour n’être plus que plaisir. Seulement plaisir.
Uniquement plaisir. La tête vide. Sans que plus rien d’autre n’ait
d’importance…
23 heures
Je suis repue. Elle s’est occupée de moi toute la journée. Avec une ferveur qui
a décuplé mes ardeurs. Et un savoir-faire !…
- Mais où t’as appris tout ça ?…
- Nulle part… C’est parce que je vous aime…
Elle est attendrissante. Aimer, c’est un mot qu’elle ne prononce jamais que du
bout des lèvres. En me regardant avec inquiétude du coin de l’œil. Peur de me
fâcher. De m’indisposer. De m’encombrer avec ses sentiments. Elle a sans doute
raison. Rien de plus exaspérant que les sentiments amoureux, d’où qu’ils
viennent, quand on n’éprouve rien en retour…
J’ai fini par vouloir lui rendre la pareille…
- Tu as envie ?…
- Si vous voulez… Comme vous voulez…
- Non ?… On dirait pas…
J’ai brusquement compris…
- Ah oui !… C’est pas ça que tu veux… C’est une râclée…
Elle a levé sur moi des yeux humides de bonheur…
Vendredi 25 Août 2034
J’ai voulu savoir. Ca lui venait d’où ce goût pour les volées ?…
Hein ?… Mais de nulle part. Elle savait pas. Elle aimait pas ça en
fait !… Elle aimait pas ça ?!… Non. Enfin si. Elle aimait quand
c’était moi. Parce que c’était moi. Seulement moi. Jamais les autres. Parce
qu’elle croyait que j’aimais ça le faire. Parce qu’elle le voyait. Parce
qu’elle le sentait quand je lui faisais. Et qu’il y avait rien qui lui faisait
plus plaisir que mon plaisir à moi. Je l’ai prise dans mes bras. Je n’ai pas pu
m’en empêcher…
22 heures 30
Tout à l’heure miracle : Internet est revenu. Et Iliona s’est mise à
klaxonner comme une furieuse…
- Ben alors !… Qu’est-ce tu foutais ?… Ca fait trois jours que
j’essaie de t’avoir… Bon, ben ça y est !… Ca y est !…
- Ca y est quoi ?…
- Ben l’appart… Pour Christopher… J’ai trouvé… Un truc génial… Il sera comme un
coq en pâte là-dedans… Et puis les voisines ça a l’air d’aller… Il y en a pas
trop… Ce qu’il faudra par contre c’est que nous on se montre un maximum…
Surtout au début… Que, pour tout le monde, nous soyons les seules locataires…
Mais, en même temps, il faudra surtout pas sympathiser avec… Pour éviter d’être
obligées de les inviter… De les faire rentrer… Il y a bien un coin où, dans ce
cas-là, on pourrait le planquer en cas de danger… Mais c’est forcément risqué…
Il peut se passer n’importe quoi qui flanque tout par terre… D’autant plus que
lui il m’inquiète… Je l’ai eu tout à l’heure… Je sais pas ce qu’il s’imagine…
Ce qu’il se figure… Qu’il va pouvoir aller se promener comme ça, le nez au
vent, quand bon lui chante ?… Il rêve… Et c’est hors de question… Hors de
question qu’on fasse tout ça pour lui et qu’il aille se jeter dans la gueule du
loup… Ou pour qu’il nous file entre les doigts et que ce soit une autre qu’en
profite… Ah non alors !…
Je l’ai eu après…
- Prends profil bas !… Rassure-la !… Qu’est-ce que ça te
coûte ?…
- Ca me coûte que je préfère – et de loin – que les choses soient claires. Je
n’ai pas du tout l’intention de rester bouclé vingt-quatre heures sur
vingt-quatre au fin fond d’un appartement-prison dont vous seriez les
geôlières…
- Je sais… Mais l’essentiel, dans un premier temps, c’est que tu sortes,
non ?… Après… elle ne sera pas toujours là… Elle ne peut pas disparaître
du jour au lendemain de la vie qu’elle avait avant… Ca aussi ce serait une
façon d’éveiller les soupçons… Nous nous relaierons – c’est prévu – elle et moi
auprès de toi… Et elle ne sera pas obligée de savoir ce qui se passe quand elle
n’y sera pas… Alors, à condition de prendre le maximum de précautions, je ne
vois pas pourquoi tu devrais te priver d’aller et venir comme bon te semble
quand tu en auras envie…