Découverte ( 12 )
Par francois-fabien le vendredi 6 janvier 2012, 07:05 - Histoires de regards - Lien permanent
14 Mars
Je ne vais pas me chercher d’excuses. Je n’en ai ni besoin ni envie. Je l’ai
fait. Tout à l’heure. Dans la salle de bains. Assise dans la baignoire. En
sachant parfaitement ce que je faisais. À cause d’hier. De la musique. De la
journée qu’on a passée ensemble. Et aussi parce que je savais qu’il allait me
voir – me regarder – toute nue. Que, sans doute, il allait attendre ce
moment-là toute la journée avec impatience. Y penser constamment. Se
précipiter, aussitôt rentré, dans son bureau pour se gorger de moi tout son
saoul. Ça avait quelque chose d’infiniment troublant cette idée. De
profondément excitant. Et je l’ai fait. Même si j’avais voulu, je n’aurais pas
pu, je crois, me retenir… J’en avais bien trop envie…
17 heures
J’ai trouvé. J’ai enfin trouvé par où transitent les vidéos, quand elles
sortent, toutes fraîches, des caméras. Il est retors. Mais je suis maligne. Et
du coup je me suis regardée. Avant lui. On voit rien du tout en fait. Enfin
si ! On me voit jusqu’à la moitié des seins. Qui ballottent tant qu’ils
peuvent. Forcément. Ils suivent le mouvement. Une chose est sûre en tout
cas : c’est qu’on ne peut avoir aucun doute sur l’occupation à laquelle je
suis en train de me livrer. Même si on ne fait que la deviner. Il sera
peut-être déçu ? Il aurait peut-être préféré voir vraiment… Non, mais
attends, il va pas se plaindre en plus ! Manquerait plus que ça !
C’est déjà un sacré beau cadeau que je lui fais là… Il ira pas prétendre le
contraire… Oh, et puis qu’est-ce qui lui dit que je recommencerai pas… Et que
cette fois… En attendant je peux être fière de moi : parce que pas une
seule fois – ce qui aurait pu éveiller sérieusement ses soupçons – je ne me
tourne vers la caméra… Ce n’est pourtant pas l’envie qui m’en manquait par
moments…
21 heures
Il avait à peine refermé la porte de son bureau que ma mère a explosé…
- Et voilà ! Voilà ! Le v’là encore enfermé là-dedans… Non, mais tu
peux me dire ce qu’il y fabrique comme ça à longueur de temps ? Ah, c’est
agréable pour moi ! Je le vois pas de la journée et quand il rentre il a
rien de plus pressé que de disparaître. Le week end, pareil… Oh, mais j’ai pas
dit mon dernier mot ! Parce que Solange elle a le même à la maison.
Exactement le même. Et tu sais ce qu’on se disait toutes les deux ? Eh
bien qu’on allait sûrement pas continuer à supporter ça comme ça pendant des
mois et des mois…
- J’ai déjà entendu ça des dizaines de fois…
- Oui, mais bouge pas que si ce coup-ci il change pas ! Parce que j’en
peux plus, Manon… J’en peux vraiment plus… Et Solange non plus… On en a soupé
des bonshommes… Alors tu sais ce qu’on envisage ? De se prendre un petit
quelque chose toutes les deux… Pas trop grand… Pas trop cher… Ah, ils
tomberaient de haut…
- Eh ben faites-le ! Qu’est-ce que vous attendez ?
- Si on ne s’éloigne pas de Paris c’est hors de prix. Et tu as tes études, toi,
ici ! Et tu as ton petit caractère… Alors je ne suis pas certaine que
Solange et toi ça se passerait bien tous les jours…
- Et bien sûr, comme d’habitude, c’est de ma faute…
- C’est pas ce que je veux dire…
- Mais c’est quand même ce que tu dis… Ce que t’es en train de me dire, c’est
que je t’empêche de faire ce que tu veux… Que je t’empêche de vivre… Ah, c’est
agréable à entendre !
- On peut pas parler avec toi… Jamais… Faut tout de suite que tu prennes la
mouche…
- Mais pars ! Pars ! Vis ta vie ! Et t’inquiète pas pour moi… Je
me débrouillerai… Je trouverai une solution…
- Laquelle ?
- T’inquiète, j’te
dis !