Jeudi 19 juillet 2012

« Ah, ça y est enfin ! T’as tout ce qu’il faut pour le mouler Rémi… Ouais… Sauf qu’il est pas là… » « Il est où ? » « À la piscine… Il y a passé la soirée d’hier… Et ce matin, à la première heure, il y était à nouveau fourré… Et quand Rémi fréquente assidûment une piscine, c’est qu’il s’y trouve quelque naïade qui le fait saliver… » « Et c’est qui l’heureuse élue ? » « La brune à mèches qu’est arrivée avec son mec il y a deux-trois jours, là… » « Ah, la 401… » « Il arrête pas de la couver des yeux… Et de me bassiner avec elle… » « Ça t’inquiète pas ? » « Oui, oh, ben alors là ! Si je devais monter sur mes grands chevaux chaque fois qu’il a la queue qui se dresse pour une nana, j’aurais pas fini… C’est sans arrêt… Mais ça débouche jamais sur rien… Il saute jamais le pas… Il culpabilise trop… Et, à l’arrivée, qui c’est qu’en profite ? » « Ouais… Et t’as pas peur qu’un jour… » « Il aura pas fait le plus dur ce jour-là… Je peux te dire qu’il aura pas evie de recommencer… »

Christa avait l’œil rivé à la cloison… « Alors ? Il se passe quoi à côté ? Ça vaut le coup ? » « Oui, oh ! C’est toujours un peu pareil à force… On peut pas dire qu’ils aient beaucoup d’imagination… Ils se prennent dans la bouche… Des fois en même temps… Des fois l’un après l’autre… Le reste, c’est hyper rare… » « T’inquiète, ça va changer… » « Comment ça ? » « Tu verras… Mais c’est pour bientôt… Très bientôt… » « Et Rémi alors ? Ça y est ? Tu la lui as moulée ? » « Non… Il était pas là… À la piscine il était… » « Ah, parce qu’il y est retourné ce matin ? Le salaud ! Non, mais quel salaud ! » « Apparemment il aurait des vues sur la femme de la 401… Qu’a pas l’air d’avoir froid aux yeux, soit dit en passant… » « Oui, oh, ben ça, je sais… J’y étais à la piscine hier soir, moi aussi… Juste en face de lui je m’étais installée… Et je lui imaginais dessus… Que j’allais dans l’eau… Qu’il me regardait nager… Un bon moment… Des tas de longueurs de bassin… Et puis qu’il plongeait lui aussi… On se croisait, comme ça, avec l’air de pas se voir… De pas faire attention l’un à l’autre… Il me rattrapait à force… Il me papillonnait autour… Et c’est juste au moment où il allait commencer à me parler qu’elle est arrivée l’autre dinde… Tranquille… Elle a couru s’allonger direct à côté de lui… Et que je t’attaque aussitôt à lui tailler la bavette… En s’appuyant sur un coude et en se penchant juste comme il faut pour que le soutien-gorge il se décolle du nibard… Tu penses bien que l’autre il s’est pas privé d’aller plonger là-dedans… Non, mais franchement qu’est-ce qu’elle est venue nous emmerder ? Il lui suffit pas son bonhomme ? Et maintenant tu me dis qu’elle y est retournée ce matin… En plus ! Oh, mais qu’elle compte pas que ça va se passer comme ça… Je suis loin d’avoir dit mon dernier mot, moi… Quand on me cherche on me trouve… »

Et forcément il était tout seul le type du coup à la 401, les draps tirés jusqu’au menton… Avec manifestement qu’une envie, c’était que je pose mon plateau et que je me tire… Le plus vite possible… « Elle est pas là votre femme ? » Elle était pas là, non… « C’est dommage… Parce que sûrement elle m’aurait montré… Comme hier… » Je me suis assise au bord du lit… « On n’est pas obligés de l’attendre non plus, remarquez ! Surtout maintenant que je sais comment ça se passe si vous faites votre mauvaise tête… Un peu de chatouille sous les pieds… Et hop ! Au grand air le zob… » Je lui ai posé la main sur le mollet à travers le drap… Il s’est contracté, a esquissé un bref mouvement de recul… « Non, mais attendez ! C’est quoi cette comédie que vous nous faites ? C’est une bite que vous avez entre les jambes… Point barre… Une bite comme il en existe des milliers d’autres… Il y en a, bon, c’est vrai qu’elles peuvent valoir le coup d’œil… Elles ont quelque chose… Du chien… Une personnalité… On passerait des heures à les contempler… Mais la vôtre, franchement ! Je vous le dis comme je le pense… Elle casse pas trois pattes à un canard… Et si je me suis attardée dessus hier, c’est pour faire plaisir à votre femme… Qu’avait l’air d’y tenir… Parce que sinon… » Et je l’ai planté là…

Alexandra était levée… Habillée… Coiffée… Maquillée… « Hola ! Vous sortez le grand jeu… Il y a un poisson à ferrer ? » « Peut-être… Un charmant jeune homme que j’ai débusqué derrière un comptoir, hier, en faisant mes courses… À qui j’ai clairement fait comprendre qu’il ne me déplaisait pas… Qui m’a laissé entendre que c’était réciproque… Du coup il y a plus qu’à… Et normalement… » « Vous vous spécialisez carrément dans les jeunes pousses, à ce qu’on dirait… » « Majeures… Toujours majeures… Je fais attention… Cela étant, faut reconnaître que c’est beaucoup plus agréable… Et de loin… C’est frais… C’est spontané… C’est plein de sève… Ça se prend pas la tête… Ça demande qu’à jouir et qu’à faire jouir… Non… Et puis il y a autre chose… C’est que… C’est qu’à vingt ans, moi, je plaisais pas… Godiche, empotée, d’une maigreur à faire peur, d’une timidité maladive, j’étais transparente… Les autres filles, elles, elles sortaient… Elles séduisaient… Elles avaient des petits copains… Des chagrins d’amour… Moi, rien… Jamais… Les garçons ne me regardaient pas… Ne me voyaient pas… Je n’existais pas à leurs yeux… Et j’en crevais… J’en sanglotais toute seule, le soir, dans mon lit… Sentir des bras se refermer sur moi… Des lèvres se poser sur les miennes… Un désir se dresser contre mon ventre… J’aurais tout donné pour ça… Tout ! Ça n’arrivait pas… Ça n’arrivait jamais… Et, d’une certaine façon, je suis restée là-bas… Les types que j’ai pas eus, à l’époque, c’est maintenant que je vais les avoir… Et je vais m’en gaver… Tu comprends ? »

Il était enthousiaste Barna… « J’adore… T’es une vraie petite merveille, toi, dis donc… J’adore vraiment… Tout… L’ovale du visage… Tes lèvres… En ligne de fuite douce… À la fois sensuelles et mutines… Avec ce petit quelque chose de gourmand qui prend aux tripes… Et ton regard… Alors là ton regard ! Mais c’est des heures qu’on pourrait rester immergé dedans… » Elle a souri, ravie… Je l’ai interrogée à voix basse… « J’envoie le reste ? » « Un peu que tu l’envoies… » D’abord les seins… « Tu dis rien, Barna ? » « Non… Si… Que j’arrive… Que je vais venir… Que des seins comme ça je veux les voir en vrai… Les toucher pour de bon… Elle me rend fou ta copine, Manon… » « Et encore ! Tu vois pas ce qu’elle est en train de faire ! » « Ben, quoi ? Dis ! » « Elle te fait faire une petite promenade de santé tout au long de son minou… Tu veux le voir ? Je te le montre ? Alors le v’là ! Ça y est ? Tu l’as reçu ? Et alors ? Qu’est-ce t’en dis ? Rien… T’en dis rien… Apparemment il te laisse sans voix… Oh, mais je comprends ça… Et puis j’imagine que tu dois déjà être en train d’en faire bon usage… Te connaissant… Elle aussi, de son côté, elle est en pleine action… Elle te fait monter… Descendre… Remonter… Faire joujou, au passage, avec son petit bouton… Et je peux te dire qu’elle apprécie… Tiens, écoute ! T’entends comment elle respire fort ? Et vite… Toi aussi, d’ailleurs, on dirait… Tu vas pas jouir ? Pas déjà ? Attends qu’elle t’ait rentré au moins… Ce qu’elle est en train de faire d’ailleurs… Là… Ça y est ! Bon, ben allez ! Je dis plus rien… On s’écoute… On se lâche… Complètement… Tous les trois… »

« Hou la la ! » « Comme tu dis, oui… T’es toujours là, Barna ? » « Ben oui, je suis là… Oui… Comment c’était bon, les filles… » « Oui, ben ça on a vu… Entendu plutôt… » « Vous pouvez parler, vous ! Vous étiez pas mal non plus dans votre genre… » « Faut reconnaître… On avait sacrément du répondant toutes les deux… Bon, mais, en attendant, tu te rappelles ce que t’as dit tout-à-l’heure ? » « Que j’allais venir les voir de plus près les seins de Christa… Bien sûr que je me rappelle… » « Et ? » « Et c’est une promesse que je suis bien décidé à tenir… Dans les plus brefs délais… »