Vendredi 20 juillet 2012

Il y avait de l’ambiance à la 404… Ça te braillait d’une force là-dedans… « Ah, ben vous tombez bien, vous ! Parce que vous savez ce qu’il m’a fait ? Vous savez ce qu’il vient de me faire ? Il a sauté la connasse du 401… En bas… À la piscine… Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu l’as pas sautée peut-être ? » « C’est pas si simple… » « Ben, voyons ! Comme bonjour c’est simple… T’y as fourré ta queue… Je l’ai vu… De mes yeux vu… Si c’est pas sauter ça, qu’est-ce que c’est alors ? Et moi, pauvre idiote, qui te faisais confiance… Qui te croyais… “Les autres, ma chérie, c’est juste avec les yeux que je touche… Il y a jamais rien eu… Il y aura jamais rien…” Tu parles ! Combien t’en as baisé depuis qu’on est ensemble ? Hein ? Combien ? » « C’est la première fois, j’te jure… » « Mais bien sûr ! Prends-moi bien pour une imbécile… Oh, mais je saurai… J’y mettrai le temps qu’il faudra, mais je saurai… Dégage, tiens ! Fous-moi le camp ! Va faire un tour avant que je m’énerve… » « Mais… » « Il y a pas de mais qui tienne… Fous le camp, j’te dis ! Fous le camp ! » Elle a claqué la porte derrière lui… « Connard, va ! » « Qu’est-ce qui s’est passé ? » « Il s’est passé que le type de la 401 il est venu toquer à ma porte tout-à-l’heure, complètement effondré… Soi-disant que Rémi était en train de tirer sa femme… “Mais non… C’est pas possible… Vous confondez… Vous aurez mal vu” “Si ! Si ! Je vous assure!” Bon, ben le mieux, c’était encore que j’aille voir… Et alors là ! Ah, ça y allait ! Pour y aller ça y allait… Comme ça, au bord de la piscine… Avec n’importe qui qu’aurait pu leur tomber dessus… Je peux vous dire que ça a volé… Et qu’il s’est rapatrié vite fait le Rémi… » « Et vous allez faire quoi avec lui alors du coup maintenant ? » « Si seulement je savais ! »

À la 401 aussi c’était l’embrouille… « C’est toi ! Je suis sûre que c’est toi qu’es allé la prévenir… Jamais elle serait descendue sinon l’autre pétasse… » « Mais non… Je t’assure… » « Tu parles ! Oh, mais alors là tu vas pouvoir te la mettre derrière l’oreille un bon moment, mon petit bonhomme… C’est pas demain la veille que tu vas y avoir droit… Parce qu’on était bien tombés d’accord… Tu me laissais faire ce que je voulais… Avec qui je voulais… C’était pas ce qu’on avait décidé ? » « Si, mais… » « Mais quoi ? Si c’est pour qu’à chaque fois tu me casses le coup en allant lui claironner à la bonne femme que je suis en train de me payer son mec, ça va vraiment pas le faire… Non, mais qu’est-ce qui t’est passé par la tête, tu peux me dire ? » « Rien… Je sais pas… » « Tu sais pas ? Eh ben en attendant tu vas me le payer… Je peux te dire que tu vas me le payer… Et cher… Très cher… »

« Alors ? Ça y est ? Tu nous l’as moulé le Rémi ? » « C’était pas vraiment le jour… Il y a de l’eau dans le gaz… » « Elle se l’est tapé l’autre salope qu’arrêtait pas de lui tourner autour à la piscine… C’est ça, hein ? » « Apparemment, oui… » « J’en étais sûre… À force de faire… Mais quand même ! C’est une belle garce… Venir me le souffler, comme ça, sous le nez… Bon… Et alors, du coup, le moulage on peut s’asseoir définitivement dessus, quoi ! » « J’en sais rien, mais il y a toutes les  chances, oui… Vu le climat qui règne là-bas… » « Charmant ! Et nous qu’on comptait dessus… » « Oh, mais on va avoir mieux… Beaucoup mieux… » « Comment ça ? » « Ben, parce qu’il va venir Barnabé… « Tu crois ? Peut-être qu’il a dit ça en l’air hier… Les mecs… » « Pas lui… Je l’ai eu au téléphone… Il va venir… Et pas tout seul… Avec son copain Valentin… » « Son copain ? » « Il adore les femmes Barnabé… Mais il aime aussi les garçons… » « Ah, oui ? Ben, il cache drôlement bien son jeu, dis donc… Jamais j’aurais pensé… » « Et si on se débrouille bien… » « Quoi ? » « Ben, la mayonnaise va prendre avec tes voisins… » « Ah, oui ! » « Et des moulages on va en avoir à foison… Je les connais mes deux loulous… » « Génial ! Ils arrivent quand ? » « Barnabé sûrement demain… Et Valentin dimanche ou lundi… Le temps qu’il s’arrange avec son patron… »

« Et alors ? Ce jeune homme ? Vous êtes arrivée à vos fins ? » « Ho la la, oui ! Et puis alors ! » « Eh, bien racontez, quoi ! » « Dans l’arrière-boutique ça s’est passé… Au milieu cartons de sapes » « Ah, carrément ! » « Ben oui, parce qu’on s’était lancés à discuter… “Il va rien dire votre patron?” “Oh, non… Non… Il est accommodant… Il peut… Parce que, de mon côté, quand il y a un coup de bourre à donner, je ne ménage ni mon temps ni ma peine…” Et effectivement il était compréhensif… “Allez donc dans la réserve… Vous serez plus tranquilles pour parler…” C’était pas sans arrière-pensées… Parce qu’il avait flairé le coup… Il espérait bien pouvoir jeter un œil… Et tu parles qu’à peine on a été là-dedans… On en crevait autant d’envie l’un que l’autre… Alors tu parles que ça a pas boîté… » « Bien ? » « Correct… » « Sans plus ? » « Pas mal, si ! Mais on était trop pressés… Surtout lui… » « Ouais… C’est rarement le top la première fois… Vous vous reverrez ? » « Probable… Je sais où le retrouver n’importe comment… » « Et le patron ? Il en a profité ? » « Je sais pas… Peut-être… Pas sûr… Parce que ça arrêtait pas de défiler les clients… On les entendait… » « Comment ça devait rajouter du piment ! » « Dans un sens, oui… Mais dans l’autre ça déconcentrait plutôt… »

« Il répond pas ? » « Non… Faut bien qu’il bosse de temps en temps… Ils se font pas tout seuls les tatouages… » « Toute la journée j’y ai pensé à lui… Qu’il allait venir demain… Et des tas de trucs j’ai imaginés du coup… » « Quoi comme trucs ? » « Oh, tu sais, moi, quand ça démarre… Plus c’est fou et plus j’adore… » « Eh, ben, vas-y, dis ! » « Par exemple, que quand il va arriver, je serai toute dépoitraillée dans la chambre… Que c’est ça la première image qu’il aura de moi… Il va s’approcher… Et me les dévorer des yeux… Sans rien dire… Avec un air, mais un air ! Une éternité ça dure… Et moi, je le regarde les regarder… Comment c’est bon ! Il bande… Je suis sûre qu’il bande… Je descends voir… Je tâte… Tu parles qu’il bande ! Je reste dessus… Je me l’approprie…Je prends tout mon temps… De bas en haut… De haut en bas… Et puis je déboutonne… Lentement… Très lentement… Je m’aventure… Je m’introduis… Je la lui sors… J’enveloppe… Je soupèse… “Elle est comme l’autre… Exactement pareille…” Ça le fait sourire… “Ah, ben oui, ça, forcément !” “Sauf que la vraie elle peut cracher… Elle va cracher…” Et je fais ce qu’il faut pour… Il s’abandonne… Il ferme les yeux… Les rouvre sur mes seins… Les referme… Ça tressaute… Ça jaillit… Ça se répand… Ça me coule entre les doigts… Il est éperdu de reconnaissance… “Merci… Oh, merci…” Il est tout recroquevillé… Tout rabougri… Je le garde… Je joue avec ses boules…  Les fais rouler au creux de ma paume… Il se penche sur un sein… Y dépose un baiser… L’autre… Encore le premier… L’un… L’autre… À tour de rôle… Vite… De plus en plus vite… Zut ! Ton téléphone ! Ben, réponds ! » « C’est lui… Allô… Oui, Barna… Tu viens toujours ? Non ? C’est pas vrai ! Déjà ! Chouette ! Mais t’es où ? Ah, ben d’accord ! J’arrive ! À tout de suite… Devant la porte de l’hôtel il est… Je vais le chercher… Dans cinq minutes on est remontés… Juste le temps pour toi de te mettre les nénés à l’air… » « Hein ? Mais je vais jamais oser… » « Oui, ben alors là t’as plutôt intérêt… »