Samedi 21 juillet 2012

Christa m’a rejointe dans la salle de bains… « Il dort… » « Faut bien qu’il récupère… Après la nuit qu’on lui a fait passer… » « Surtout toi ! Ce que t’en étais, dis donc ! » « Je suis désolée, mais il me manquait depuis le temps mon petit Barnabé… J’avais trop besoin… J’avais trop envie… » « Oh, mais ça fait rien, hein ! J’en ai bien profité aussi… À ma façon à moi… Je croyais pas que j’en serais capable n’empêche… » « De ? »« Ben tout ça… D’offrir mes seins à reluquer tant et plus à un mec que j’avais jamais vu avant… De m’enfiler, devant lui, le duplicata de sa queue et de jouir dessus… » « Il a bien apprécié en tout cas… » « Et moi aussi… Comment ça me remuait de voir ce que ça lui faisait de me voir… » « Bon, ben tu m’excuses, mais faut que j’y aille, moi ! Le devoir m’appelle… » « Moi aussi, je vais y aller… Je vais retourner dans ma chambre… » « Oh, tu peux rester si tu veux, hein ! » « Oui, mais non… Non… Ça vaut mieux… » « Tes parents ? » « Oh, eux!J’ai pas de comptes à leur rendre… Je fais ce que je veux… Et puis, de toute façon, ils émergent pas avant dix heures… » « Eh ben alors ! Reste ! » « C’est ton copain… » « C’est un copain… Et on n’en est plus là tous les deux… » « Je vois bien, oui… Non, mais peut-être qu’il va vouloir des trucs que moi je voudrai pas… » « Pas Barnabé… Ah, non… Pas lui… Il t’obligera pas à quoi que ce soit… Alors là, de ce côté-là, tu peux être tranquille… »

Il y avait un de ces chantiers à la 404… « Qu’est-ce que vous fabriquez ? » « Je redéfais les bagages… Je me réinstalle… Non, parce que ma première idée, c’était de dégager d’ici… Le plus vite possible… Et puis finalement je me suis dit que… non, mais attends ! c’était quand même pas cette espèce de traînée qui va me mettre en fuite… Manquerait plus que ça ! Elle veut la bagarre… Elle va l’avoir… Et je peux te dire que si je peux lui en faire une, je vais pas la louper… Alors là ! Quant à Rémi… « Il est où lui ? » « Dans la salle de bains… Il y a passé la nuit… Hors de question que je dorme avec… Et pour un moment… Après ce qu’il m’a fait… » « Il reste deux ou trois chambres de libres… Si vous voulez je peux essayer de vous négocier ça… » « Oui, ben alors là sûrement pas ! Pour que l’autre s’empresse d’aller le rejoindre dès que j’aurai le dos tourné… Non… Ça lui ira très bien la salle de bains… Il y est pas malheureux… Il a une couverture… Un oreiller… N’importe comment c’est pas plus mal qu’il en bave un peu… Ça lui apprendra… Ah, il a voulu jouer ? Eh bien on va jouer… »

À la 401, il était enfoui sous les draps le type… Et elle voulait mon avis la nana… « Non, parce que me casser le coup comme ça… De façon aussi délibérée… Faut absolument que je lui en fasse passer l’envie… Au plus vite… Il va en prendre à son aise sinon… Et remettre ça à la première occasion… Vous feriez quoi, vous, à ma place ? » Moi ? Alors ça, j’en savais rien du tout, moi… J’y étais pas à sa place… « J’ai deux solutions en fait… Ou bien je l’envoie me chercher un mec…Il m’en a fait perdre un… Normal qu’il compense et qu’il m’en trouve un autre pour remplacer… Ou bien alors – et ça, il va vraiment pas aimer – je l’emmène passer une semaine dans un camp naturiste… Au choix… » J’ai haussé les épaules… « Au choix ? Pourquoi au choix ? L’un n’empêche pas l’autre… » « Bien dit ! Alors tu vois ce qui t’attend, toi ? »

« Non, mais que je vous raconte… Vous allez rire… Parce que j’y suis retournée au magasin là-bas… Je m’étais dit que non… Que j’allais laisser passer un peu de temps… Deux-trois jours… J’ai pas pu résister… J’avais trop envie qu’il m’en remette un petit coup… Il s’est avancé à ma rencontre… Très commercial… Très professionnel… “Madame ? Vous désirez ?” Comme si j’étais une cliente tout ce qu’il y a de plus ordinaire… Comme s’il me reconnaissait pas… Comme si on n’avait pas baisé la veille à tire-larigot… Non, mais il se fichait de moi ou quoi ? “Nous venons de recevoir de tout nouveaux modèles… De petites merveilles… Si vous voulez les voir… Ça ne vous engage à rien…” Et puis tout bas… Très vite… “Joue le jeu… Je t’expliquerai…” Je l’ai joué… Sans trop comprendre… On a navigué au milieu des portants… J’ai fait semblant de regarder… D’hésiter… Il a jeté un coup d’œil derrière lui… “Elle est occupée… Non, mais c’est parce que… C’est pas le patron aujourd’hui… C’est sa femme…” “Et alors ? Ça nous empêche de nous connaître ?” “Oui… Enfin non… Ce qu’il y a… C’est qu’elle est jalouse comme une tigresse…” “Je vois pas ce qui… Ah, oui, d’accord… Tu la tires, hein, c’est ça ?” “Ça m’arrive, oui…” “Mais enfin bon… Je vois pas où est le problème… Elle est bien mariée, elle, de son côté… Alors pourquoi toi tu pourrais pas…” “Oui, ben alors là ! Elle te dira que c’est pas la même chose… Que ça n’a rien à voir… Et pour l’en faire démordre…” J’ai pas insisté… De toute façon… » « De toute façon ? » « Je me tire de là-dedans… C’est un truc à avoir des histoires à n’en plus finir… » « Il y a des chances, oui… Mais en attendant vous êtes restée sur votre faim… » « Pas grave… J’en ai profité pour aller prospecter… » « Et ça a marché ? » « Je veux pas vendre la peau de l’ours, mais plutôt pas mal, oui… Je suis sur un coup… Je vous raconterai… »

« T’es toujours là ! Toute seule ? Qu’est-ce t’as fait de Barnabé ? » « Il vient juste de partir… Chercher son copain… » « Ça a été ? Comment ça s’est passé tous les deux ? » « Oh, super… Sauf qu’il s’est réveillé tard… Presque à midi… » « Ça, c’était couru… » « Mais après comment on a parlé ! » « Que parlé ? » « Oui… Enfin… Presque… Parce qu’il a voulu que je me mette toute nue… » « Et tu l’as fait ? » « Oh, ben oui, attends ! Toute la nuit il m’avait vue… Alors un peu plus un peu moins… Et j’ai pas regretté… Parce que j’aime trop ça la façon qu’il a de me regarder… Et sur la durée, comme ça, c’est encore mieux… » « C’est un esthète Barnabé… Un esthète et un connaisseur… Il a dû apprécier… » « Et moi donc ! Parce que lui aussi il l’était tout nu… » « De quoi vous avez parlé ? » « Oh, un peu de tout… On a fait connaissance en fait… Et j’ai fini par lui dire comment j’étais… Qu’il y a plein de trucs qui se passent dans ma tête… Que je me raconte des tas d’histoires à partir des gens que je rencontre et que je prends mon plaisir dessus… Que c’est ça que je préfère… Et tu sais ce que je me disais en même temps que je lui parlais ? Ben, c’est qu’avec lui j’aurais envie de le vivre vraiment tout ça… » « Ce que t’as déjà commencé à faire… » « Oui… Non… Si on veut… Mais des idées bien pires j’ai… Que personne est au courant que je les ai… » « Barna a l’esprit très ouvert… Alors vas-y ! Fonce ! » « Et toi ? Non, parce que comment il parle de toi ! Il est amoureux, ça, c’est sûr… » « Oui, ben ça, moi aussi ! Même si je me garde bien de lui dire… Et alors ? C’est pas une raison pour se mettre mutuellement en prison, non ? Manquerait plus que ça… »

« Allô… Barna ! Enfin ! Ben, qu’est-ce vous foutez ? T’as vu l’heure ? On commençait à s’inquiéter, nous… Et pas moyen de vous joindre en plus… Hein ? Ah, ben d’accord… Non ? C’est pas vrai ! Eh ben dis donc ! En plus ! Attends ! Attends ! Que je lui raconte à Christa… Ils ont cassé la courroie de distribution… À 250 bornes d’ici… En pleine cambrouse… Ça passait pas les portables… Ils ont attendu des plombes avant de voir arriver la dépanneuse… Et qu’est-ce vous allez faire ? Passer la nuit à Privas ? Oui… C’est préférable… Faites pas d’imprudences… Et puis demain il fera jour n’importe comment… Oui… Nous aussi… On vous embrasse… »