Mardi 24 juillet 2012

« Mais qu’est-ce que je fous là ? » Dans la chambre de Christa… Dans son lit… « Tu te rappelles pas ? C’est vrai ? » Si ! Bien sûr que si que je me rappelais… Fallait juste le temps que j’émerge…  Je me rappelais très bien… Que ça l’avait fait les quatre autres en bas… Qu’on aurait dit des vieux copains qui se retrouvaient après des années… Ça allait se finir au lit… Forcément… Et nous, on allait être aux premières loges… « Sauf que tu t’es endormie… Comme une masse t’es tombée… » « Je suis crevée… Le boulot… Plus le reste… Et alors ? Il s’est passé quoi ? » « On avait vu juste…Ils sont montés… » « Fallait me réveiller ! » « C’est bien ce que j’ai essayé de faire… » « T’as insisté ? » « Et comment je me suis fait recevoir ! » « Ce qui t’a bien arrangée… T’as eu le trou dans le mur pour toi toute seule… Bon, ben allez ! Raconte ! » « Oh, ben à tout j’ai eu droit… La totale… Valentin dans Philibert… Barnabé dans Manuel… Et puis après ils ont inversé… Manuel dans Valentin et Philibert dans Barnabé… » « Et comme ça ? D’entrée de jeu ? » « Ah, ben non… Non… Tout leur temps ils ont pris… D’abord pour se mettre tout nus… Et puis après… Avec des baisers… Des caresses… Tout ça… » « T’as dû te régaler… » « Tu parles que oui… Quatre d’un coup comme ça… Je savais plus trop où regarder il y avait des moments… J’avais peur de louper le plus intéressant… N’empêche… Ce que je me demande, c’est qu’est-ce qu’ils ressentent les mecs quand ils en ont un dedans comme ça… » « La même chose que nous, tiens ! Le reste, on peut pas savoir… Mais de ce côté-là, au moins, c’est sûr… On est exactement dans la même situation… » « Ben oui, mais… » « Mais t’as encore jamais sauté le pas… Oui, ben c’est l’occasion ou jamais… T’as tout ce qu’il faut sous la main… »

À la 404, elle avait quelque chose à me demander Solange… « Oui… Non… Je me gêne pas avec vous… Je sais que je peux… Que vous avez l’esprit ouvert… » Oui, bon, allez ! C’était quoi tous ces préliminaires ? « Je voudrais lui faire une surprise à Étienne… Quand il va remonter, là, d’un instant à l’autre… Qu’il vous trouve toute nue sur le fauteuil… Ouverte… Comme l’autre fois avec Remi, vous savez ? » Je savais, oui… Et s’il y avait que ça pour lui faire plaisir à Étienne, c’était pas bien compliqué… Et j’ai tout enlevé… Allez, hop ! Le fauteuil… Une jambe passée, de chaque côté, par-dessus les accoudoirs… Et v’là l’affaire ! Bon, mais il allait pas trop tarder au moins son Étienne ? Parce que j’avais le service des petits déjeuners à assurer, moi ! Oh, non… Non… Il allait arriver… Cinq minutes… Grand maximum… Elle s’est approchée… « Qu’est-ce t’es bien fichue n’empêche ! » Son regard a chaviré… Plus près… Encore plus près… Agenouillée entre mes cuisses… « Que tu es belle ! Laisse-moi te regarder… S’il te plaît ! Oh, s’il te plaît ! » Je l’ai laissée… Longtemps… Et puis doucement repoussée… « Faut que j’y aille ! » Elle s’est relevée… « Oui… Oui… Bien sûr… Excuse-moi ! » « C’était un prétexte, hein, Étienne ? Il va pas remonter… » En me rhabillant… « Non… Enfin si ! Oui… Je me reconnais plus depuis trois jours… Si j’avais imaginé… Mais on recommencera, hein ? Demain… » « Peut-être… On verra… »

Il risquait pas d’être à la 404 Étienne… Vu qu’il était à la 401 avec les deux autres… « Oui… Elle m’a viré… “Va faire un tour… Et prends ton temps… J’ai besoin d’être seule…” Et je suis venu là du coup… » Ça l’inquiétait ça Remi… « Quand vous lui avez porté le plateau, elle l’était vraiment toute seule ? » « Tout ce qu’il y a de plus seule… » « Peut-être qu’il a attendu que vous soyez passée ? Que maintenant il va s’y précipiter le type… » « Quel type ? » « Je sais pas… Quelqu’un de l’hôtel… » « Je suis bien tranquille que non… Mais allez voir… Ça vous tranquillisera… » Damia a soupiré, excédée… « Mais qu’est-ce que tu te prends le chou ? Quand bien même elle serait en train de baiser avec Pierre, Paul, Jacques ou André… Et alors ? La belle affaire… C’est pas ce qu’on a fait toute la nuit, nous ? Et ce qu’elle a fait, elle, avec Étienne… Alors il est où le problème ? » « C’est pas ça… Tu comprends pas… C’est pas qu’elle baise… J’en ai rien à foutre de ça… C’est qu’elle est plus la même… C’est qu’il y a quelque chose… Ou quelqu’un… Et tant que je saurai pas quoi… »

Elle m’attendait Alexandra… « J’aime trop ça vous raconter… » « Et moi, vous écouter… Alors ? » « Ben alors, par celui du magasin de vêtements j’ai commencé… C’est le patron qui m’a accueillie… Avec un grand sourire… “Vous venez pour Eymeric, hein ? Ben, il est pas là… Mais je peux avantageusement le remplacer… Si le cœur vous en dit, bien entendu…” Désolée, mais ça me disait pas, non… Mais alors là vraiment pas… Il a pas insisté… “Je m’y attendais… Mais qui n’essaie rien n’a rien, non, vous croyez pas ?” Oui, bon, mais Eymeric ? Il était parti aux approvisionnements avec la patronne Eymeric… Et ils en avaient pour un petit moment… De toute façon inutile que je perde mon temps à les attendre… Parce qu’autant, en ce qui le concernait, il ne voyait absolument aucun inconvénient à ce que je m’isole avec Eymeric dans la réserve… » « Tu parles qu’il a rien contre ! Il peut se rincer l’œil… » « Autant avec sa femme j’avais pas intérêt à venir m’y frotter… C’était le genre de choses avec lesquelles elle plaisantait pas… Pas question de mélanger boulot et bagatelle… Je savais, oui ! Eymeric m’avait dit… » « Vous croyez qu’il se doute qu’il est cocu ? » « Je donnerais ma main à couper que non… » « Qu’est-ce que vous allez faire ? Lui dire ? » « Oh, ben non… Non… Ce serait dégueulasse… Non… J’ai une bien meilleure idée que ça… » « C’est quoi ? » « Je vous dirai… Au fur à mesure… Je vous raconterai… »

« Ben alors, les garçons ! Ils sont pas avec vous vos amoureux ? Qu’est-ce vous en avez fait ? » « Ils ont pas voulu venir… Il y a rien eu à faire… Apparemment ils ont une dent contre vous… » « Pas spécialement contre nous, non… C’est contre toutes les filles qu’il en a une de dent Manuel… Parce que sa grande terreur, c’est qu’il y en ait une qui le lui pique son Philibert… Et, du coup, il établit un cordon sanitaire autour… Ce qui va pas lui servir à grand’chose… Parce que les filles l’attirent autant que les garçons Philibert… Ça se voit, ça… Ça se sent… Alors forcément, un jour ou l’autre… Un jour qu’il aura le dos tourné Manuel ça arrivera… Sauf que c’est pas nous qu’on en profitera… Ce qui est frustrant… Parce qu’on en ferait bien un tour… Mimi comme il est… Alors vous savez ce qu’on a pensé ? C’est que peut-être vous pourriez nous la lui mouler… On aurait toujours ça à défaut d’autre chose… Et celle de Manu aussi tant qu’à faire… Il coucherait avec des filles sans le savoir comme ça… Ça lui apprendrait à faire son emmerdeur… » « Ce serait pas de refus… Seulement… » « Seulement quoi ? » Ben, ils allaient pas pouvoir s’éterniser… Il avait son salon de tatouage Barnabé… Il pouvait pas se permettre de fermer trop longtemps… Surtout au début comme ça… Quant à Valentin, sa femme risquait de se poser des questions à force… Et le temps de trouver le matériel… En plus ! Oh, mais si c’était que ça, j’avais ce qu’il fallait, moi ! « Parce qu’on n’est jamais trop prévoyant… » « Dans ces conditions… » « Vous croyez que vous arriverez à les convaincre ? » « Ça devrait pas être trop compliqué… Je vois bien sur quelle corde appuyer… » « Eh ben voilà ! Super ! » C’était super, oui, mais elle faisait la gueule quand même Christa… Qu’est-ce qu’elle avait ? « Rien… » « Mais si ! Dis ! » « Non, mais c’est qu’ils sont à peine arrivés et ils repartent déjà… » « Oh, mais on les reverra… Et si c’est pas ici, ce sera là-haut… » « Sûr ? » C’est Barnabé qui lui a répondu… « Une fille comme toi, on ferait des pieds et des mains pour la revoir… » Elle s’est jetée à son cou… « C’est trop gentil, ça ! »