Jeudi 26 juillet 2012

Ça la démangeait Laëtitia parce que tout de suite – j’avais seulement pas fini de poser mon plateau – elle a embrayé sur Barnabé… Je le connaissais bien ce tatoueur, hein ? « Plutôt, oui… C’est un vieux copain à moi… » « C’est bien ce qu’il me semblait… Vu comment vous discutiez tous les deux le jour où il m’a piquée… Et… vous l’avez revu depuis ? » « Deux ou trois fois, comme ça, en coup de vent… Pourquoi ? » « Non… Je sais pas… On est entre filles… Il m’avait semblé… Enfin je me disais que, peut-être, il m’avait trouvée à son goût… Bon, mais si ça tombe je me fais  complètement des idées… » « En fait, ce que vous voudriez, c’est que je voie ce qu’il a dans le ventre, quoi ! » « Oh, mais à l’occasion, hein ! Si ça se présente… Il y a rien qui presse… » « Je l’appellerai… Ce soir ou demain… Et je lancerai des ballons d’essai… Mine de rien… » « Oui, mais alors… » « Je la jouerai fine… Vous inquiétez pas… » « Et… » « Et ça restera entre nous… Ça va sans dire… » « Merci… »

Christa était comblée… Comblée et épuisée… « Non, parce que je te dis pas la nuit que j’ai passée… Comment ils en étaient les deux autres là, à côté… De la folie ! Jamais je les avais vus dans un état pareil, moi ! » « L’effet Valentin-Barnabé… Ça les a remis en appétit… » « Peut-être, oui… Sûrement même… N’empêche… Tu peux pas savoir comment tu prends ton pied à faire la même chose qu’eux en même temps qu’eux… Sans qu’ils le sachent en plus… Sans qu’ils s’en doutent… C’était Léonce qu’était dedans ? Je l’avais dedans aussi… C’était Manuel ? Allez, hop, Manuel ! Il y en avait un qui se servait du moulage de Barnabé ? Je m’en servais aussi… De celui de Valentin ? Au tour de Valentin… » « T’arrivais à faire la différence de si loin ? » « Oh, ben quand même ! Elles se ressemblent pas du tout toutes les deux… Et puis celle de Valentin je la reconnaîtrais entre mille… Tu crois que… » « Que quoi ? » « Que Valentin… Parce que c’est sans arrêt que je pense à lui… Surtout maintenant que j’ai vu sa bonne femme en plus… Non, mais qu’est-ce qu’un type comme lui fabrique avec ça ? Tu peux me dire ? Et tu sais ce que je me demande du coup ? C’est si j’aurais pas intérêt à profiter de ce qu’elle est ici pour monter le retrouver là-haut Valentin… Et avancer mes pions… » « Tu fais ce que tu veux, mais je ne suis pas certaine que ce soit une très bonne idée… » « Ben, pourquoi ? » « Tu le connais depuis trois jours à peine… Ça fait celle qui se jette à sa tête… Et ils ont horreur de ça les mecs… » « Peut-être pas lui ? » « T’as qu’à y croire ! »

Angèle avait mal dormi… « J’ai cauchemardé toute la nuit… T’avais changé d’avis… Tu voulais plus… C’était horrible… » « Eh, ben non, tu vois… Non… J’ai pas changé d’avis… » Et je me suis déhabillée… Elle m’a regardée faire… Jusqu’au bout… Avec ravissement… M’installer, jambes ouvertes, sur « mon » fauteuil… « Bon, ben voilà… Il est où Rémi ? » « À côté, dans la salle de bains… Je vais l’appeler… Seulement tu te laisseras faire alors après, hein, tu me promets… » « Dès que j’aurai eu son moulage… » « Ça dépend que de toi, ça, c’est quand tu veux… » Et Rémi a surgi, tout dressé, tout raide… « Toi, Manon ! Toi ! Enfin ! Comme je l’ai attendu ce moment ! Comme je l’ai espéré… Si tu savais ! » Et il m’a déshabillée… Il m’a arraché tous mes vêtements… Un à un… Avec une fougue ! Une impatience ! Et il s’est serré contre moi… Sa queue contre mes reins… Son souffle dans mon cou… Il m’a mordillé la nuque… Sur toute sa longueur… Sur toute sa hauteur… Ses mains sur mes seins… Sur mon ventre… Ses doigts sur ma chatte… Dedans… « Tu mouilles ! Non, mais comment tu mouilles ! » Il m’a fait pencher en avant… Prendre appui avec les avant-bras sur le lit… Et il s’est enfoncé… D’un coup… S’est aussitôt éperdument élancé à la conquête de son plaisir… Une douzaine de va-et-vient et il a éclaté… Je l’ai retenu… De toutes mes forces… J’ai doucement gémi…

« Oh, vous ! Vous avez la tête de quelqu’un qui vient de s’envoyer joyeusement en l’air… » Elle croyait pas si bien dire Alexandra… « C’était bien au moins ? » « Rapide, mais efficace… Très rapide et très efficace… » « Oui… Le truc à la mode, aujourd’hui, c’est de prendre son temps… On les bassine avec ça les mecs… S’ils font pas durer tant et plus les préliminaires, ils passent pour de gros nuls… C’est vrai que, dans la plupart des cas, ça vaut mieux : faut se mettre en train… Mais c’est vrai aussi qu’un mec qu’a tellement envie de toi qu’il peut pas se retenir, qu’il faut que ce soit tout de suite, c’est pas mal non plus… Des fois, moi, ça m’excite mille fois plus que celui qui va mettre une demi-heure à me chauffer… Mais enfin ça, ça dépend de plein de trucs : du type… Du moment… Des circonstances… De mon état d’esprit… On est compliquées souvent, nous les femmes… Et on arrive à avoir de ces idées ! Non, parce que là avec sa patronne à Eymeric par exemple… » « Eh bien ? » « Eh bien, hier elle était toute seule au magasin… J’en ai profité, du coup, pour aller lui faire un peu la causette… J’ai attaqué direct… Le mieux, c’était de jouer franc jeu toutes les deux, non, elle croyait pas ? Franc jeu ? Mais par rapport à quoi ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire ?  “Vous avez un employé charmant…” “Oui… Et alors?” “Et alors vous n’êtes pas insensible à son charme…” “Si vous êtes venue ici pour colporter des ragots… » Des ragots ? Ah, non… Non… C’était pas des ragots… J’avais vu… De mes propres yeux… Il était charmant ce petit hôtel, hein? Mais pas très bien insonorisé… “Vous avez sacrément du vocabulaire, vous, quand vous baisez, ça, on peut pas dire…” “Alors comme ça vous m’espionnez…” “Tout de suite les grands mots! Non… Disons que je suis d’un naturel curieux…” “Vous jouez à quoi au juste?” “À rien de particulier… Mais quand même… Vous imaginez si votre mari apprenait une chose pareille? Vous seriez mal… Très très mal…” “Qu’est-ce que vous voulez ? De l’argent ? Combien ?” De l’argent ? Non, mais elle était pas bien ? Pour qui elle me prenait ? Non… Il était vraiment très séduisant cet Eymeric… Et il devait savoir y faire… Parce que vu comment elle meuglait quand il la prenait… “Et quand il y en a pour une, il y en a pour deux… Non ? Vous croyez pas ?” “Oui, ben alors ça sûrement pas ! Il en est pas question…” “La nuit porte conseil… Je repasserai… Demain… Vous serez dans de bien meilleures dispositions, vous verrez… Beaucoup plus partageuse…” Et je suis repartie comme j’étais venue… »