Samedi 28 juillet 2012

Alors ? Elle en avait bien profité Laetitia ? Oui… Non… Enfin si ! Quand même… Ils étaient agréables à regarder… Surtout comme ça… Tout nus… Ça, elle pouvait pas dire le contraire… Mais pour ce qui était de faire des trucs tous les deux, ben elle avait été de la revue… « Parce que deux heures ils ont bouquiné… Chacun de son côté… Et puis après dodo… » « Ce n’est que partie remise… » « Oh, sûrement, oui… Mais… Ton copain, là, le tatoueur, tu devais l’avoir au téléphone, t’avais dit… » « Je l’ai eu, oui… » « Et alors ? » « Ben alors c’est pas que tu lui plaises pas, non… Ce serait même plutôt le contraire, j’ai l’impression… Seulement t’es mariée… » « Il a bien des principes… » « C’est pas qu’il ait des principes… C’est qu’il a été échaudé… Deux fois… » « Parce que ? » « Parce qu’il a eu de gros gros problèmes avec les maris… » « Oui, oh, mais ça, moi, ça n’arrivera pas… D’abord, parce que je suis pas idiote… Je fais attention… Et ensuite, parce que quand bien même Valentin finirait par s’apercevoir de quelque chose, lui, ce serait plutôt le genre à faire semblant de rien… À pas vouloir regarder la réalité en face… » « Ben oui, mais ça, Barnabé, lui, il le sait pas… » « En fait, j’ai aucune chance, quoi ! » « J’ai pas dit ça… Mais d’abord va falloir le mettre en confiance… Et ça risque de prendre pas mal de temps… »

Solange s’est précipitée à ma rencontre… « C’est ce soir que tu reviendras le mouler Rémi ? » « Sauf imprévu, oui… » « Et… elle sera avec toi ta copine ? » « Oh, ben oui… Oui… Elle voudrait rater ça pour rien au monde… » « Vaudrait mieux qu’elle le touche pas alors… Parce qu’elle te me l’excite d’une force ! Et les mêmes causes produisant les mêmes effets… » « Il va nous refaire le coup d’hier soir… » « Il y a toutes les chances, oui… » « Ben, ça fait rien… On recommencera…On n’est pas à trois jours près… » « Mais moi, si ! J’ai envie de toi, Manon… Tellement… » « Ben, t’attendras… Tu sais ce qu’on a dit… » « Oui, mais… » « Il y a pas de mais qui tienne… À toi de te débrouiller pour qu’il soit opérationnel ton Rémi… Au moment où on en a besoin… Tant que ce sera pas le cas… »

Ah, ben ça, ça l’étonnait pas Christa… Pas du tout… « Parce qu’ils passent les trois quarts de leur temps à lire ces deux-là… C’est d’un agaçant… » « Ils font pas que ça non plus… » « Je sais bien, oui… Même que quand ils en sont, ça fait pas semblant… Bon, mais en attendant, là, ils l’ont pas utilisé Valentin alors du coup… » « Apparemment, non… » « Eh ben moi, si ! Et pas qu’un peu ! Comment c’était excitant de me dire que peut-être ils étaient en train de faire la même chose… Et qu’elle, elle regardait… Elle regardait la queue de son mari s’activer dans le cul d’un mec… Sans la reconnaître… Sans savoir que c’était lui… Oh, mais ça va venir… Je sais être patiente quand il faut… » « Oui, ben faudrait pas qu’ils tardent trop non plus… Parce qu’ils vont partir… » « Partir ? Comment ça “partir” ? » « Jusqu’à la fin du mois ils ont retenu… On y est presque… » « Hein ? Mais ils vont pas me faire ça ! Ils ont pas le droit… » « Tout a une fin… Pour eux aussi… » « Mais c’est dégueulasse ! Les salauds ! Non, mais quels salauds ! »

Alexandra m’attendait… « Ah, enfin ! Qu’est-ce vous fabriquiez ? J’ai cru que vous m’aviez oubliée… » « Ça se passe pas toujours comme je voudrais les petits déjeuners… » « Oui, ben ça, j’me doute… Non, parce qu’il faut que je vous raconte… Vous auriez vu ça hier… Je me suis pointée là-bas, tranquille, sur le coup de onze heures… La patronne classait des papiers derrière son comptoir… Pas un bonjour… Rien… Elle n’a même pas relevé la tête… “Eymeric !” Il a surgi du fin fond du magasin… “C’est cette cliente dont je t’ai parlé…” “Ah ! Si Madame veut bien me suivre…” Et on s’est engouffrés tous les deux dans la réserve… Où on a d’abord éclaté d’un grand fou rire silencieux… Il a chuchoté… “Je peux te dire qu’elle le prend sacrément mal…” “C’était bien un peu le but…” “Tu es démoniaque… Mais j’aime…” Et j’ai été dans ses bras… Où j’ai pris un pied pas possible… L’idée qu’elle était là, à côté… Qu’elle écoutait… Qu’elle pouvait pas s’empêcher d’écouter… Qu’elle s’était même sûrement approchée… Avait collé son oreille à la porte… Plus d’une heure on est restés là-dedans… À remettre ça encore et encore… Je suis sortie la première… “C’est un bon coup, dites donc, ce garçon… Et charmant en plus… Difficile de pas craquer… Je reviendrai vous l’emprunter… Si, si ! Bientôt… Très bientôt… Mais cette fois on ira à l’hôtel… On sera quand même plus tranquilles…” Et je l’ai gratifiée, en sortant, de mon plus beau sourire… »

Qu’est-ce qu’elle aurait fait, Anne, elle, à ma place ? « À propos de quoi ? » « Ben, d’un côté, j’ai Laëtitia qui me tarabuste pour que je lui prépare le terrain avec Barnabé… Sans savoir qu’il couche avec son mari… Et, de l’autre, j’ai Christa qu’est amoureuse folle de ce même mari… Et qui, du coup, déteste cordialement Laëtitia… Faut que je navigue à vue, moi, au milieu de tout ça… » « Et c’est le genre de situation où tout finit forcément par te retomber dessus… » « Je te le fais pas dire… » « D’autant que des problèmes il risque de t’en tomber d’autres sur le coin de la figure par ailleurs… » « Comment ça ? » « J’ai discuté avec Armand hier soir… » « Oh, la la, lui ! Je l’ai complètement laissé tomber le pauvre vieux… Il doit m’en vouloir… » « Il est pas comme ça… Un peu déçu… Un peu triste… Mais il t’en veut pas, non… Par contre, il y a quelque chose qu’il tient absolument à ce que tu saches… Seulement comme il te voit plus… Ou alors, très vite, entre deux portes, pendant le service… » « C’est quoi ? Vas-y ! Dis ! » « C’est que le patron t’a dans le collimateur… Il parle de pas te reprendre l’année prochaine… » « Hein ? Mais pourquoi ? Je fais correctement mon boulot, non ? » « C’est pas ça qu’il te reproche… C’est de t’éterniser le matin dans les chambres… » « Ben oui, mais… » « De ralentir le service, à midi, en t’attardant à discuter avec les uns et les autres… » « Oh, pas tant que ça quand même… Et puis, quand tu les connais les gens, que tu les vois tous les jours, forcément… » « Ça va être le mois d’août… Le coup de feu… Et si tu changes pas ton fusil d’épaule… » « Oui… Bon… Ça va, okay, j’ai compris… Le boulot… Et rien que le boulot… » « C’est pas ce qu’on te demande non plus… Faut juste que “le reste” n’interfère pas – ou pas trop – avec ton travail… »

« Tu vas tenir le choc aujourd’hui, hein, mon petit Rémi… » « Il va essayer… » « Et sur la durée… Parce que deux il nous en faut… Chacune la sienne… » Solange a suggéré… « Vous pourriez peut-être ? » « Quoi donc ? Se servir de la première qu’on aura faite pour en mouler une deuxième ? Ah, non ! Non ! Quelque chose de personnalisé on veut… Qu’elles soient pas exactement pareilles… Qu’il y ait une différence… Aussi minime soit-elle… T’imagines, toi ? Deux petites nanas en train de s’amuser, côte à côte, avec ton matériel ? Tiens, regarde s’il imagine… Parfait ! Parfait ! Bouge pas surtout ! Reste comme ça… »